Intuition

L’intuition est difficilement définissable, de par son originalité intrinsèque et son fonctionnement. Elle est aux antipodes de la pensée dominante valorisant la fonction intellectuelle, logique, analytique et causale.

Une fonction n’est pas meilleure qu’une autre, elles se complètent. Toutefois, la pensée dominante, trop mise en avant, conduit à une quête frénétique de la maîtrise des lois causales, pensant de ce fait retarder sa désintégration. Comme toute chose, elle est vivante, et comme toute chose elle devra mourir.

De cette dynamique émane une angoisse, cachée par la cupidité et l’impérialisme. L’intellect est exacerbé dans sa fonction de réduction et de discrimination, séparant les parties du tout et passant à côté de sa créativité.  

Pour retrouver cette créativité, il est donc indispensable de se connecter à son intuition.

L’intuition, selon D. Rudhyar (l’astrologie de la personnalité), est cette capacité à s’identifier au pouvoir créateur du temps. De voir toute situation nouvelle dans sa globalité, et y réagir instantanément.

Pour Jung : « c’est une sorte d’appréhension de n’importe quel contenu, subitement et de forme définitive ».  

L’intuition est la perception holistique, la conscience de l’être : la faculté de prendre conscience de l’identité (intégrité) d’un tout.

 Rachel Rose, Autoscopic Egg, 2017, installation unique, œuf en résine et vidéo.

L’intuition est impalpable, ce qui la rend difficilement appréhendable, comme le sont également les sensations. Toutefois, ces dernières sont toujours fragmentaires, et recourent à une logique causale pour assurer leur coordination, ce qui est dans une certaine mesure un fonctionnement parallèle à la fonction intellectuelle.

L’intuition ne repose pas sur la logique causale.

Elle est une assimilation qui passe de l’inconscient au conscient et est donc indissociable de l’image mentale de l’objet concerné, prenant tout son sens par rapport à elle.

Faire preuve d’intuition, c’est donc faire preuve d’un esprit de synthèse pour qui le tout prévaut sur les parts : le psychologique sur l’intellectuel : de mécaniste, l’esprit devient holistique.

Une fois que l’esprit cesse de discriminer les objets, il s’intériorise. De ce fait, il « sent » la force vivante de l’instant à travers les symboles. Ainsi les rêves, visions mystiques, astres, cartes, chiromancies, recouvrent un sens. Il devient dès lors possible de devenir interprète et prophète car le monde devient un ensemble signifiant. L’intuition devient certitude comme l’instinct à l’animal, et se pénètre de l’énergie créatrice de tout.

L’intellect ne connaît une telle certitude qu’en la logique et les mathématiques pures.

L’animal interprète son instinct parce qu’il s’est identifié dans l’instant à ses besoins, mais en toute ignorance.

Nul système symbolique est nécessaire avec une telle intuition.

La question se pose lorsqu’il s’agit de communiquer à propos de ce qu’elle a à dire ; de ce point de vue, il devient une nécessité de faire appel à un système interprétatif composé de symboles, qui deviennent, pour nous ici présent, le langage des astres, de la chiromancie ou des cartes du tarot, basé sur la logique intuitive et sur la cohérence fonctionnelle, faisant appel à une logique intuitive authentique, aussi logique que la logique intellectuelle. Elle reste créatrice, sans être pour autant rigide et irréductible, et ainsi devient une fonction de la vie dans son évolution.

A l’image de la logique de l’instinct, elle s’adapte à des situations et des plans d’existences nouveaux. Ses formes sont multiples, mais son essence reste inchangée.

Lecture hypnotique de la sirène : méditation guidée pour se relaxer.

Cette semaine, je vous propose de continuer avec les sirènes, je vous raconte une histoire pour vous relaxer.

Il y a quelques années, j’ai vu passer sur le Net des femmes qui exerçaient littéralement le métier de sirène. L’idée m’a plu, et quand est venu le moment d’écrire un scénario, naturellement m’est venue à l’esprit la phrase « mais dites-moi, que penseriez vous d’introduire un personnage « sirène »? » L’idée plut autour, et la sirène s’incarna.

Elle n’avait pas pour autant dit son dernier mot, j’ai déménagé en bordure de l’océan et les mythes qu’elles nourrissent sont devenu chaque jour un peu plus vivant.

Exerçant sur moi leur fascination, j’ai recherché leur profonde symbolique et leurs représentations diverses qui sont entres-autres : l’amour, la beauté, le mystère, l’intimité, la sensualité, les émotions, la féminité, la persuasion et la perception. Elles sont souvent associées aux divinités tel qu’Amphitrite, Téthys, Calypso et Ranh et évidemment Aphrodite, ainsi qu’aux Ondines.

La sirène incarne la dualité entre la vie organique et la vie spirituelle, en soulignant les aspiration spirituelles (partie poisson) : élevées mais qui sont souvent empêchées par des pulsions de la matière (partie femme – vie organique). Ainsi que le pouvoir et l’indépendance des femmes.

Autrefois, elles incarnaient différentes croyances ; celle de la guérison, (par prière au divinités féminines à proximité d’une source d’eau) ; des pouvoirs surnaturels (par l’usage d’un peigne en arête de poisson (qui contrôle les tempêtes)) ; invisible, car connaissant à la perfection le cœur des hommes, elles se laissent voir seulement en présence d’un véritable cœur pur, à l’aube ou au crépuscule, heures traditionnelles entre le jour et la nuit où toutes les visions sont possibles. Ces deux moments de transition de la journée marquent le début et l’arrêt des actions en court, cet instant fugace ou l’esprit prend conscience de ses propres limites.

Il y a deux représentations de sirène. Dotée d’une queue, elle représente « l’ombre » : les voluptés du monde et le mal en général, avec comme arme létale son chant.

Avec deux queues : elle représente la fécondité (l’eau est source de vie) : lorsque elle les relève, elle met en lien gestation et naissance.

Le conte est issu de la tradition orale, il est riche d’une multitude de significations, à mon tour je vous le transmet de manière orale à ma façon.

La sirène est pour moi une enseignante de l’amour, au cœur des profondeurs de l’océan (symbolique de l’inconscient). Elle permet par ses mouvements hypnotiques de faire comprendre de manière corporelle un enseignement parfois trop abstrait par les mots ; j’ai voulu retrouver ces mouvements d’ondulation par la réalisation d’un texte qui se base sur la relaxation, où son propre souffle devient l’ondulation marine. L’intégralité du conte se concentre sur la relaxation pour rejoindre dans la douceur son « moi profond », je l’ai adapté pour qu’il puisse transmettre une notion d’amour. Je vous laisse le découvrir, en prenant soin en premier lieu de vous allongez ou de bien vous caler dans votre fauteuil.  

Les écrits des Saintes : Partie 1 : Hadewijch d’Anvers

Une ressource spirituelle

Dans les périodes particulièrement difficiles, les ressources les plus importantes sont avant tout mentales, pour tenir le cap sans sombrer dans la déprime. Avec le temps et l’exploration des différentes écoles du sacré, j’ai constitué mes propres supports, sur lesquelles je m’appuie.

Avec le recul d’une adulte, je redécouvre la Bible et certains écrits théologiques lié, pour mieux cerner ce texte sacré, à la fois vestige et fondateur. Je relis également les écrits des Saints, ces êtres de chair ayant réellement existé me fascinent. Leurs écrits étant difficiles à comprendre et manquant de romanesque, la redécouverte se fait ponctuelle, par morceau choisi, selon les besoins du moment. Je laisse les pages se tourner et me guider vers ce que je dois méditer. Ils renvoient à une autre époque de nos origines judéo-chrétienne, pour trouver ceux avec qui je parle un langage commun.

Une béguine pas comme les autres

Parmi mes lectures, il y a Hadewijch d’Anvers, une femme ardente (texte choisis et présentés par Charles Juliet).

Cette mystérieuse femme du Moyen-Age, qui aurait vécu au XIIIème siècle dans une région regroupant la Belgique, les Pays-Bas, le Sud de l’Allemagne. Béguine affranchie, elle s’est élevée seule, sans guide spirituel, explorant par ses propres moyens les sentiers menant à l’extase.

Cette expérience corporelle qui se dissocie de la pensée (au sens raison) est une sensation démultipliée de bien-être ressenti dans toutes les parties les plus infimes de son corps, d’amour absolu. Un amour tel qu’il mène sur les sentiers inexplicables du divin en union total par le corps et l’esprit affranchi de l’égo (Quelques exemples concret qui décriraient cet état : La sensation corporelle d’un plaisir intense et permanent. La cessation totale de toute peur, de toute angoisse. Une confiance absolue dans la vie, dans la création).

Femme qui avait la connaissance du vrai et qui était dans l’exigence du vrai, elle dédia sa vie à ses moments qu’elle appelle l’Amour, elle écrit des poèmes et des lettres ou elle raconte son attente. L’Eglise ne l’a jamais béatifiée, elle n’est officiellement pas une Sainte, ce qui n’empêche pas ses écrits d’être portés par une vérité spirituelle qui entre encore en résonance des siècles plus tard.

En espérant qu’elle vous inspire.

Lettre 12 :

L’homme qui ne prend nul repos et n’accepte nulle consolation étrangère, et s’efforce à tout heure de satisfaire à l’Amour, commence sur terre la vie éternelle.

[…]

L’Amour est à lui-même satisfaction plénière et parfaite récompense. Mais souvent aujourd’hui on fait obstacle à l’Amour et c’est par maintes injustices que ces droits sont blessés. Nul ne veut renoncer à ses penchants pour l’honneur de l’Amour : on veut aimer et haïr à son gré, s’indigner et pardonner selon ses goûts, non point comme l’exige la charité fraternelle.

[…]

C’est grande pitié pour nous de voir les hommes s’égarer mutuellement, et de nous charger avec cela des conséquences de leurs erreurs, au lieu de nous aimer à aimer notre Amour.

[…]

Il nous est ordonné de vaquer jour et nuit à l’Amour, lui vouant sans réserve de notre cœur et notre âme, nos sens, nos facultés, nos pensées.

[…]

L’incendie éclatera chez les autres dès que vous-même serez en flamme. C’est ce qui convient à votre charge : incendiez les éteules arides par votre exemple, votre façon d’être.

[…]

Hâtez-vous d’aimer.