Le chemin de l’artiste

Voici une série de trois vidéos, en anglais britannique, sur le travail de longue haleine que mène un artiste avant de produire une œuvre d’art accomplie.

L’auteur nous rappelle la nécessité de travailler, de lutter ce qui est d’autant plus difficile de nos jours où la facilité nous est promise à toutes les intersections du chemin.

Celle-ci dispose de sous-titres en français

Les préraphaélites : qui sont ils ?

Ci-dessous un article résumant assez bien le mouvement de peinture anglaise

Les préraphaélites, enfants terribles de l’art anglais

John Everett Millais, Ophélie, vers 1851. Wikipédia

Laure Nermel, I-site Université Lille Nord Europe (ULNE)

Lorsque je suis allée à Londres seule pour la première fois, je suis tombée en admiration devant une toile de la Tate Britain. Le tableau représentait une jeune fille aux cheveux roux, sa robe flottant dans l’eau de la rivière, emportée par le courant. Il m’a fallu quelques secondes pour reconnaître Ophélie, la bien-aimée d’Hamlet conduite au suicide. Là où le peintre a innové, c’est en mettant un personnage shakespearien secondaire au premier plan. Son impact sur la scène artistique est considérable : à la fin du XIXe siècle, le public britannique se plaint de voir trop d’Ophélies aux expositions de la Royal Academy.

En France, l’art de la période victorienne a longtemps pâti d’une mauvaise réputation. De par son insularité et son histoire, le mouvement préraphaélite a été perçu comme rétrograde, notamment à cause de ses inspirations littéraires. On ne peut plus éloigné des considérations sociales qui animent les partisans du réalisme, comme Gustave Courbet. Et pourtant, les fondateurs du préraphaélisme s’employèrent à créer une nouvelle peinture, en réaction au conformisme académique.

Le goût du scandale

1848 : toute l’Europe est en effervescence sous l’effet de soulèvements révolutionnaires. Alors première puissance mondiale, le Royaume-Uni connaît une relative stabilité économique. L’urbanisation et l’industrialisation massives s’étendent comme une traînée de poudre, provoquant la destruction de l’environnement naturel. La condition du prolétariat se dégrade, fustigée par Marx et Engels dans le Manifeste du Parti communiste.

La même année, trois étudiants de la Royal Academy, William Holman Hunt, John Everett Millais et Dante Gabriel Rossetti remettent en cause l’enseignement qu’ils reçoivent pour revenir à un art plus proche de la nature. L’école anglaise se trouve dans une impasse. La mode est à la peinture de genre, inspirée par l’apogée de la Renaissance italienne, dont les riches marchands bourgeois sont très friands.

Raphaël, La Transfiguration, 1518–1520 Huile sur de bois, 405 x 278 cm Musées du Vatican.

Art vulgaire, élitiste et moralisateur, selon Hunt, qui relate dans ses mémoires son dédain pour la Transfiguration de Raphaël : « nous la condamnions pour son mépris grandiose de la simplicité et de la vérité, la pose pompeuse des apôtres et l’attitude du Sauveur ». Hunt, Millais et Rossetti, rejoints par quatre amis, prennent pour modèle la peinture des Primitifs italiens et flamands, antérieurs à la Renaissance classique. La Confrérie préraphaélite est née.

Il y a dans cette société secrète un fort esprit de camaraderie. Les préraphaélites organisent des séances de dessin et posent entre eux pour ensuite s’offrir leurs esquisses en gage d’affection. C’est bien pratique : les modèles coûtent cher, ils ont des allures trop conventionnelles. Hyperréalisme, teintes contrastées, absence de perspective et profusion de détails : les premiers tableaux exposés font l’effet d’un pavé dans la mare. Comme si cela ne suffisait pas, les peintres signent avec les initiales P.R.B (Pre-Raphaelite Brotherhood), pour se moquer des académiciens, qui apposent le R.A (Royal Academy) au coin de leurs toiles.

Le scandale éclate au printemps 1850, lorsque l’Illustrated London News révèle la signification de l’acronyme. La critique, relayée par l’écrivain Charles Dickens, est sans appel : « un hideux garçonnet roux et pleurnichard au cou tordu, vêtu d’une chemise de nuit […] une femme agenouillée, si hideuse dans toute l’étendue de sa laideur qu’elle se démarque de la toile tel un monstre du plus vil des cabarets français ou de la plus sordide des caves à gin d’Angleterre ». C’est tout un vocabulaire de la difformité qui se déploie pour décrire la peinture préraphaélite. Millais avait effectivement commis l’impensable : désacraliser le religieux, le dépeindre de manière prosaïque.

John Everett Millais, Le Christ dans la maison de ses parents (l’atelier du charpentier), 1849-1850, huile sur toile.

Désirs de reconnaissance

Dans une lettre au Times de mai 1851, le théoricien et mécène John Ruskin prend la défense des préraphaélites pour avoir « posé en Angleterre les jalons de l’école d’art la plus noble que l’on ait connue depuis trois cents ans ». Ruskin l’a bien compris : les préraphaélites partagent sa vision d’un art authentique. Il s’agit de représenter la nature avec exactitude en sondant ses moindres détails, « en toute vérité de cœur, sans rien mépriser et sans rien choisir ». Contrairement aux idées reçues, la technique du plein air n’est pas née avec les impressionnistes. Bien avant les années 1870, Millais et Hunt se rendent sur les bords de la rivière Ewell pour peindre sur le motif. Ils cherchent à capturer les effets capricieux du climat britannique. La différence, c’est qu’ils adoptent une attitude quasi mystique face à une nature révélatrice de vérités supérieures.

William Holman Hunt, Nos côtes anglaises (les brebis égarées), 1852, huile sur toile.

Le dessin n’est plus une étape intermédiaire du processus créatif, mais un moyen en soi. Pour les tableaux de chevalet, les préraphaélites utilisent une préparation de vernis et de plâtre blancs. Ils appliquent l’huile avec des pinceaux très fins sur le support encore mouillé, ce qui rend les couleurs plus brillantes. Celles-ci sont rarement mélangées entre elles. À tel point qu’on se plaindra de ne voir plus que ces toiles quand elles seront exposées aux côtés d’autres œuvres.

La composition aussi est différente. Les préraphaélites adoptent un sens de la narration bien particulier, où chaque élément doit se lire comme un indice à décrypter. Par exemple, Nos Côtes anglaises fait écho aux craintes de se voir envahir par les troupes de Napoléon III, qui établit un régime autoritaire après son coup d’État. Hunt a choisi pour cadre Hastings, le lieu de la défaite du roi saxon Harold face aux Normands (1066).

Les préraphaélites sont témoins des mutations ambiantes. Avec Travail, Ford Madox Brown, ancien professeur de Rossetti, a pour ambition l’exécution d’une monumentale fresque satirique, qui dépeint toutes les couches de la société. Les riches, placés en haut de la composition, doivent s’arrêter parce que la route est en travaux. Au premier plan, on aperçoit des ouvriers, ainsi qu’une adolescente dont les maigres omoplates jaillissent d’une robe trop grande pour elle. Elle tente de discipliner son jeune frère. Dans ses bras, un nourrisson qui porte un ruban noir : les parents sont visiblement décédés, laissant leur progéniture dans la misère.

Ford Madox Brown, Travail, 1852-1863, huile sur toile, Musée des Beaux-Arts de Birmingham.

« La Table Ronde est dissoute »

À partir de 1854, les frères préraphaélites se séparent : leurs divergences professionnelles et personnelles sont trop importantes. Millais devient membre associé de l’Académie, Hunt part pour un long voyage spirituel en Terre sainte. Quant à Rossetti, qui n’expose plus en public et ne pratique plus l’huile depuis 1851, il cultive son attitude de marginal. Il n’admet dans son atelier qu’un petit groupe d’élus, comme sa compagne Elizabeth Siddal, avec qui il pose, dessine et peint de concert.

Elizabeth Siddal, Dame attachant un fanion à la lance d’un chevalier, vers 1856, aquarelle sur papier.

Les œuvres du couple ressemblent à des enluminures : les aires de nuances colorées sont bien délimitées, mais se répondent comme dans un vitrail. Siddal et Rossetti font un usage atypique de l’aquarelle : au lieu de l’employer comme un lavis, ils l’étalent presque à sec sur le papier, d’où son rendu mat. Chevaliers, gentes damoiselles et créatures fantomatiques peuplent un univers pictural à l’atmosphère mélancolique.

C’est bien par ce fantasme d’un Moyen-âge idéalisé qu’est assurée la relève du préraphaélisme. Pour le projet de décoration de la bibliothèque de l’Oxford Union en 1857, Rossetti fait appel à de nouvelles recrues comme Edward Burne-Jones et William Morris. La peinture n’étant pas vraiment son fort, Morris se tourne vers l’engagement politique – le socialisme – et les arts décoratifs.

Morris & Co, motif treillis, 1862-1864, papier peint. Victoria and Albert Museum

Fermement opposé à la Révolution industrielle, Morris réunit architectes, brodeurs, céramistes et ébénistes pour privilégier un mode de travail artisanal. Les motifs de végétaux stylisés des textiles Morris & Co continuent d’inspirer plusieurs générations de couturiers.

La même quête du Beau anime d’ailleurs les derniers souffles du préraphaélisme, qui glisse peu à peu vers un esthétisme raffiné. Selon les partisans de « l’art pour l’art », tel Oscar Wilde, toute notion de signification est à proscrire : une œuvre doit s’admirer pour l’harmonie de ses couleurs et de ses formes. Aussi Rossetti amorce-t-il une autre étape de sa carrière. Bien des toiles des années 1870 sont dépourvues de narration, centrées sur le plaisir des sens, notamment le lien entre la vue, le toucher et l’ouïe. Veronica Veronese, qui montre une femme perdue dans ses pensées, tapotant sur les cordes d’un violon, représente « l’âme de l’artiste en train de créer ».

Dante Gabriel Rossetti, Veronica Veronese, 1872&, huile sur toile. Delaware Art Museum

Le préraphaélisme est le premier courant de peinture britannique à prétention contestataire, qui s’est constitué en tant que tel. Il étendra son emprise jusqu’à la fin du XIXe siècle. C’est un art démocratique, au service de la justice, qui ne cherche pas à établir de hiérarchies entre les techniques et les sujets représentés.

Tombés dans l’oubli après la Grande Guerre, les préraphaélites ont été réhabilités par la contre-culture des années 60. Plusieurs musées et galeries se sont appliqués à rendre leurs œuvres plus savoureuses auprès du public. À travers de grandes expositions itinérantes, ou des produits de la culture populaire (films, séries, fictions), le préraphaélisme reprend ses lettres de noblesse pour apparaître révolutionnaire, bohème, voire fantasque.


Pour aller plus loin :
– Laurence Des Cars, « Les Préraphaélites : un modernisme à l’anglaise », Gallimard, 1999.
– William Holman Hunt, « Pre-Raphaelitism and the Pre-Raphaelite Brotherhood », Macmillan, 1905.
– Aurélie Petiot, « Le Préraphaélisme« , Citadelles et Mazenod, 2019.
– William Michael Rossetti, « Pre-Raphaelite Diaries and Letters », Hurst and Blackett, 1900.
– Alison Smith, « The Pre-Raphaelites : Victorian avant-garde », catalogue de l’exposition, Tate Publishing, 2012.

Laure Nermel, Doctorante en histoire de l’art, I-site Université Lille Nord Europe (ULNE)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Travailler son imagination dans le processus créatif

Je vous présente ici une série de vidéos réaliser par un peintre sur le thème de l’imagination dans le processus de création. J’ai trouvé cette série très pertinente et pouvant s’adapter aux différents médiums artistiques.

L’imagination ne s’exerce indépendamment de toute mémoire que lorsqu’elle s’efforce de nous représenter quelque chose que nous n’avons jamais vu…

L’imagination créative produit des images contenantes et transformatrices de l’expérience. Elle favorise un mouvement de séparation et aide aussi à maîtriser les pertes quand elle est associée au champ du langage.

L’activité imaginaire n’est pas sans destinataire. Elle s’adresse à l’Autre. Elle est donc aussi une demande sur les origines, sur ses origines, sur sa provenance, sur le « quoi en son comment » : elle porte sur les désirs de l’autre, les images manquantes, les formes incomplètes, la fonction d’origine. L’imagination est à penser dans ce jeu avec l’absence, dans son rapport à l’inconnu. Elle vise l’autre de la représentation. L’énigme excite l’imagination qui devient en ce sens une réponse du sujet au réel. L’imagination est ici nécessaire à l’invention du roman privé, intime, pour « reconstruire ainsi la vie et les pensées des siens, leurs amours, leurs entreprises, leurs bonheurs réels ou rêvés, leurs déceptions, leurs projets inavoués ou inassouvis, leurs échecs, leurs jugements sur moi, sur eux (…) La vie autre de moi-même, la vie autre des autres » (Anzieu).

L’imagination qui comprend en elle les expériences du rêve et de la création, transforme ainsi ce à quoi elle est confrontée : elle traite, lie, socialise les excitations et sensations originaires ; elle donne sens aux expériences et rend possible la création de symboles.

Coco Chanel, l’élégance en toute simplicité

« Les costumiers travaillent avec un crayon : c’est de l’art ; les couturiers avec des ciseaux et des épingles : c’est un fait divers. » Coco Chanel, Vogue français 1947.

Coco Chanel a connu les plus grands artistes de son temps, cependant ce n’était pas une collectionneuse d’art.

Coco Chanel avait aimé les artistes au-delà de leur œuvre. Elle les avait aimés sans autre désir que de de se laisser éblouir, sans autre fierté que de les avoir connus intimement et mieux découvert qu’un collectionneur avide de tout emporter. La différence entre certaine race d’amateurs, disons pour prendre un exemple, les collectionneurs types Gertrude Stein, et Gabrielle Chanel était plus qu’une autre sensible aux mystères du style. Elle en subissait l’envoûtement. Comportement donc l’explication réside dans l’immense respect que lui inspirait ce qui était fait main. La encore, il faut démonter le mécanisme de sa pensée en cherchant les ressorts. Sans doute trouverait-on, en guise d’explications certains moments d’elle-même oubliés […].

Toujours est-il qu’elle demeurait aussi étonnée qu’une enfant par ce qu’il y a d’enchanteur dans le geste de la main qui crée. L’évènement en soi lui suffisait, le moment bouleversant où… Eternelle orpheline devant le miracle. Avec, en sous-entendu, cette réserve que lui imposait son éducation, à savoir qu’un miracle vous éclaire, qu’on ne saurait le considérer comme un objet de fabrication banale, telle une robe, qu’il révèle pour une part de Dieu, et que jusqu’à nouvelle ordre, une enfant ayant grandi chez les sœurs, reste dans l’idée que Dieu ne s’achète pas. L’intrusion de tout ceci de l’orphelinat d’Aubazine et du couvent de Moulin est une évidence.

Ajoutons que le mépris de Gabrielle envers les gens qui s’obstinaient à vouloir posséder tout ce qu’ils admiraient avait de quoi surprendre. Et ce n’était pas faute d’argent qu’elle en était arrivée là. C’était une conception de l’Art, quelque chose qu’elle s’était prouvé à elle-même voilà tout […] conception qu’elle partagea avec Misia Sert […] telle était au départ leur vraie ressemblance : Elles éprouvaient un égal mépris à l’égard de ceux pour qui un tableau était seulement un tableau. D’être deux les confirmaient dans l’idée qu’elles ne se trompaient pas.

Extrait de l’irrégulière – l’itinéraire de Coco Chanel par Edmonde Charles-Roux

Au seuil du XXe siècle, la silhouette de la femme change radicalement. L’effet de cette transformation apparaît non seulement dans les modèles, mais aussi dans les pratiques : celle de l’amincissement en particulier, les corps étant moins dissimulés. Le couturier Poiret ose abolir le corset vers 1905 : il dessine des robes qui révèlent les formes. C’est sur cette évolution que s’inaugure la beauté du XXe siècle, « métamorphose » amorcée entre les années 1910 et 1920 : lignes étirées, plus grande liberté de mouvements. Plus de poitrine projetée en avant, ni de croupe rejetée en arrière. Les corsages cintrés, affinant la taille et soulignant les hanches, passent de mode, et les femmes portent désormais des robes en tissu léger censées rappeler les tenues Empire, qui aplatissent les lignes sans plus marquer la taille. Une silhouette androgyne s’impose avec les premières robes-foulards ou chemisiers. Les jambes se déploient, les coiffures se relèvent, la verticalité domine. Cette évolution est clairement perceptible à travers les quatre œuvres choisies. la suite : https://histoire-image.org/de/etudes/evolution-mode-feminine-1880-1920

Ce que j’aime avec Chanel, c’est la nouvelle forme qu’elle donna au corps féminin et sans user de couleurs tapageuse mais de texture diverse, comme le tweed inventa quelque chose de son siècle. La forme plus rectangulaire me fait penser à la verticalité de l’être qui trouve son équilibre entre ciel et terre.

Bien sur il s’agit de l’évolution d’une époque, la photo de gauche date de 1954 et la photo de droite de 1900, je souligne ici l’évolution à travers le vêtement d’un autre rapport corporel au quotidien, plus aisé dans ces mouvements tout en gardant sa dignité et son intimité protégé (un mouvement brusque ou les éléments tels que le vent ou la pluie qui font apparaitre les sous-vêtements est très gênant pour celle qui les portent, à bon entendeur).

Ozgür Baba

Habituellement je suis une piètre mélomane, j’ai une grande culture littéraire, un grand amour de la peinture, et bien qu’écoutez l’autre et retenir soit une de mes qualités, je ne suis pas mélomane… sauf ces derniers temps, est-ce pour illustrer le ciel du Moment avec Vénus en opposition avec la Lune, Vénus planète de l’Art et la Lune planète de l’intériorité, la sensibilité au monde.

Pour la traduction des paroles en français à partir d’un texte en anglais, ce n’est pas vraiment du mot à mot mais plutôt une idée générale du poème de Muzaffer Özak Aşki :

ALLAHU ALLAH

Suis-je un vestige ? Epuisé de ma vie

Suis-je fou, ai-je perdu ma raison ?

Qu’il y a t-il en moi qui édifie ma douleur ?

Dis moi géni, suis-je hors de propos ?

Il me pousse des ailes en me retournant

Suis-je un papillon de nuit ? Brulé jusqu’à roussir

Confus dans des milliers de couleurs

Suis-je une coupe de vin, ne cessant d’être remplie et vidée ?

Mes yeux sont des larmes et faibles sont mes genoux

Je suis ivre en suivant ta voie

Mon piège est autours du monde

Suis-je un son qui les amuse ?

Pris pour un désespéré, connu comme un fou

Toujours décevant, suis-je à nu ?

Laissez-les parler, dire « amoureux »

Je me sais fou, suis-je unique ?

Sacrifier sa vie pour l’amour

A quoi bon ?

Une flèche d’amour tendant l’arc

Alors suis-je un violon ?

La carte du ciel illustrée par de la musique

Chanson sur la Lune

La lune, la mère

En astrologie, la lune est reliée à la mère, à l’enfance, à notre part sensible, j’ai trouvé que cette chanson aidait à en comprendre la symbolique. Autant dans la réalisation de son souhait, que dans le prix à payer.

Pour comprendre et interroger cette partie en nous, nous pouvons nous poser les questions suivantes:

Qu’est ce qui me touche intimement ?

A quoi suis-je sensible ?

De quoi ai-je un besoin vital ?

Comment m’a t-on materné, protégé, nourri ?

Qu’est ce qui me sécurise ?

Faire un vœu

Faire un vœu, comme dans les contes de fée est une affaire sérieuse. Les héros des contes de fées affrontent diverses péripéties pour la réalisation de son vœu, c’est à dire un changement miraculeux, par rapport à un obstacle donné, l’accès à des ressources inattendues qui opèrent radicalement un changement. L’image du conte de fée, est la mise en action sous forme symbolique des aspects en nous mêmes. Ils nous invitent à mieux nous connaître afin de découvrir dans notre cœur les ressources cachées qui y sommeillent.

Le savoir des contes de fées avance masqué, un voile est posé dessus, celui d’un monde irréel et fantastique, peuplé de grenouilles et de renards qui parlent, de vieilles sorcières, de montagnes de cristal et de châteaux enchantés. Il s’agit de profond symboles qui s’expriment sous l’apparence de l’anecdote. Mais il faut savoir décoder pour comprendre leurs messages. Non pas en les « expliquant », en les interprétant, ou en leur donnant une signification toute faite qui nous arrange, car cette approche purement intellectuelle a pour effet de tuer le mystère. Mais en les écoutant avec le cœur. Ce n’est à ce moment là qu’ils nous livrent leurs trésors cachés.

C’est à cette intelligence du cœur appliqué aux contes de fées que je vous convie. Les contes nous apprennent à renouer avec l’inépuisable Fécondité qui est en nous et à appeler son merveilleux pouvoir de transformation. Il nous ouvrent à un monde de grandeur et de beauté qui n’est autre que nous-même.

La luna : un récit initiatique

La lune est un luminaire en astrologie. Symboliquement elle nous éclaire avec plus ou moins d’intensité la nuit. Sa signification dans un thème est riche de sens, un en particulier me touche plus qu’un autre. La lune représente notre façon de nous connecter à l’âme du monde, anima mundi.

L’Ame du Monde est une idée platonicienne apparu dans le Timée.

Pour les doctrines de Platon, tous les corps vivants sont constitués par un corps matériel animé par une âme, c’est-à-dire – c’est la définition qui est apparu dans le Phèdre – par un « mouvement qui se meut lui-même ».

Platon explique dans ses textes que l’âme de l’homme, en tant que mouvement, donne « vie » aux corps ; en plus, en tant que principe d’unité, l’âme gère également les trois parties du corps vivant dans un dessein unitaire. Cela vaut pour les corps individuels, qui sont munis d’âmes individuelles – comme ceux des végétaux, des animaux et des hommes –, ainsi que pour l’organisme vivant plus complexe et qui les contient tous : le monde.

Celui-ci est animé par une âme du monde : c’est lui qui donne vie à les corps vivants à travers les âmes individuelles et qui les gère selon une dimension unitaire, en préservant leur mouvement vital. Nombre de savants ont reconnu cette âme, et que certains l’ont appelée « esprit », d’autres « nature » ou « fatalité ».

L’âme du monde seraient présentes, d’une manière individuelle et multiple, les exemplaires des formes qui existent dans les choses existantes. Ces exemplaires ne sont pas les Idées séparées regardées par le Démiurge, qui sont seulement dans l’esprit divin, mais elles sont les causes formelles de la production des diverses choses existantes : l’âme du monde est donc aussi « causa formalis » de la production du monde.

Les platoniciens affirment que les formes sont dans l’esprit divin avec une priorité ontologique (ou « selon la nature ») par rapport à de la façon dont elles sont dans l’âme du monde et ensuite dans les choses existantes. Il s’agit, en fait, de la même « forme », qui est dans l’esprit divin à la manière d’une forme-exemplaire, dans l’âme du monde à la manière d’une forme séparée, et dans les choses existantes à la manière d’une forme unie à une matière. Il faut donc établir une distinction entre la priorité de nature et la priorité temporelle.

Cette digression pour retrouver ici la profondeur de la symbolique lunaire et agrandir son espace mental.

Les préraphaélites

La dynamique essentielle de la confrérie est faites de deux forces, apparemment contradictoire, en faite complémentaires, dont on peut résumer la nouveauté en deux mots : ceux de « réalisme symbolique ». On en trouve les principaux éléments dans l’évangile ruskinien exprimé dans Modern Painters. Il visent à ressusciter un art religieux didactique et du même coup la fonction quasi sacerdotale de l’artiste, tout en invitant ce dernier à puiser dans l’observation directe et minutieuse du réel (ou en termes religieux de la Création) les symboles nécessaires à l’expression de l’immanence du divin : une stratégie qui s’articule en conséquence sur le concept « moderne » de vérité, historique et scientifique. D’où l’émergence curieuse d’un premier type de production, essentiellement biblique.

D’où également le choc produit par la nouveauté de la fusion d’approches jusque là distinctes, de faits incompatibles pour les contemporains. C’est ainsi que les Préraphaélites atteignent un premier objectif : forcer le public à regarder des thèmes traditionnels avec des yeux neufs, en les « défamiliarisant » – procédé caractéristique de toute avant-garde.

Annuciation 1855 ; Dante Gabriel Rossetti

La cause préraphaélite : « servir l’humanité en lui élevant l’âme ». La première toile de Rossetti a beau ne pas faire scandale, elle est la plus séminale puisqu’elle semble avoir fourni une sorte de patron à tous ceux qui après lui, souhaitent rénover l’art sacré. Ce qu’elle contient d’authentiquement fort, de puissamment individuel, éclate toutefois avec plus d’audace Ecce Ancilla Domini, l’Annonciation que Rossetti entreprend presque exactement un an après The Girlhood (of Mary Virgin). Une fois encore, il peut prétendre innové.

Ecce Ancilla Domini
The Girlhood of Mary Virgin 1848-9 Dante Gabriel Rossetti 1828-1882 Bequeathed by Lady Jekyll 1937 http://www.tate.org.uk/art/work/N04872

Extrait « Les préraphaélites 1848 – 1884 » Danielle Bruckmuller-Genlot.

Morceaux de Sirène

Il était une fois un vieux pécheur qui vivait avec sa vielle femme, dans une vieille demeure au bord de la mer. Le vieux partait à la pêche tout les jours, pendant que la vieille faisait l’intendance de la maison, tenant tant bien que mal parmi les vieilleries.

Un jour, le pécheur lança ses filets loin à travers la mer, et il n’y trouva que de la vase. Ne se laissant pas décourager, il recommença une deuxième fois, et le filet revint chargé d’algues marines. Il recommença une troisième fois, et le filet fut cette fois bien lourd. Il avait attrapé une sirène.

Elle supplia le pêcheur : « Bon vieux pécheur, laisse-moi partir et j’exaucerai un vœu, n’importe lequel, tu pourras obtenir tout ce que tu désir ! « 

Le vieux pécheur, pourtant aguerri par la mer, n’avait jamais de ses yeux vu, vu une sirène et encore moins taillé le bout de gras avec. Se rappelant vaguement les légendes, il lui dit « Soit, je te libère, va nager librement ».


Le vieux pécheur rentra chez lui, et raconta à sa vieille femme ce qui venait de lui arriver.  » J’ai pris aujourd’hui, dit-il, une merveilleuse sirène, qui parlait bien tout comme nous, demandant que je la laisse retourner dans la mer bleue ; et m’offrant bonne rançon : pour rachat elle exhaussait un vœux. Et je n’ai pas osé lui demander rançon. Je l’ai tout simplement rejeté dans la mer. »
Alors la vieille se mit à hurler « Vieux cornichon ! Comment as tu pu être aussi naïf, ne vois-tu pas que nous sommes des miséreux ! Retourne la bas et va lui demander de réparer nos vieilleries, je veux pouvoir recevoir nos voisines dans de la belle vaisselle ! »

Voici le vieux qui s’en vient tout au bord de la mer, mer qui n’est plus aussi calme que le matin, une houle s’est levée, légère. Il appelle la sirène, qui arrive et lui demande :
« Que veux tu de moi, bon vieux ? »
Avec un profond salut, le vieux lui répondit alors :
 » Ayez pitié de moi, Madame la Sirène. C’est que ma vieille femme m’asticote le chou pour de la vaisselle neuve… »
 » Ne te chagrine pas, lui répond la sirène. Retourne chez toi et tu auras de la vaisselle neuve »

Arrivé chez lui, il vit sa vieille femme occupée à contempler la vaisselle neuve, dont les yeux d’ordinaire bleus comme la mer semblaient maintenant noirs de colère. Elle entendit les pas du vieux pécheur, et avant même qu’il n’ait franchi la porte de la maison, elle dit. « Vieux radis ! Tu crois que nous pouvons recevoir sous ces murs croulant ! Va donc demander une maison neuve avec de beaux murs en parpaing frais ! »

Morceau de Sirène, Huile sur Coquille Saint Jacques 2021

Voici le vieux qui s’en va tout au bord de la mer bleue. Il voit que sur la mer bleue le trouble des eaux grandit. À haute voix, il appelle la sirène, qui arrive vers lui et demande :
 » Que veux tu de moi, bon vieux ? »
Avec un profond salut, le vieux alors lui répondit :  » Ayez pitié de moi, Madame la Sirène, cette fois ma vieille femme veut une maison neuve… »
« Ne te chagrine pas, lui répond la sirène, va et qu’il en soit donc ainsi »

A peine arrivé au portail il entend une voix aigrie qui lui dit « Vieille citrouille, croit tu que je vais recevoir les mendiantes que nous avons pour voisines, je veux rentrer dans le grand monde ! »

Le vieux s’en retourne à la mer, qui s’agite de plus en plus. À haute voix il appelle la sirène qui arrive et demande :
« Que veux tu de moi, bon vieux ? »
Avec un profond salut, le vieux alors lui répondit :
« Ayez pitié de moi, Madame la Sirène, c’est que voyez vous maintenant qu’on a toutes ces belles choses, on peut plus tenir le crachoir aux clodo du coin…. »

« Ne te chagrine pas, lui répondit la sirène. Va ! »


Le vieux rentre chez lui, mais la maison est devenu si grande, qu’il n’y trouve personne, des serviteurs rodent dans la maison, en apercevant le maître il s’agitent. Le Vieux se glissent de pièce en pièce, il trouve la vieille méconnaissable sous son fard, mangeant un cochon de lait. Le Vieux attiré par l’odeur y trempe la langue.

Puis une idée lui arrive. Il repart au bord de la mer, qui gronde, et appelle la sirène. Elle arrive et lui demande :

« Que veux tu de moi bon vieux ? »

« C’est que ma femme, voyez, elle aimerait bien être Reine, et du coup, bah moi être Roi, Voyez… »

« Va. » Lui répondit la Sirène.

Passe une semaine, puis une autre. Le vieux et la vieille oublient toute raison, la Terre n’étanche plus leur soif de pouvoir, le monde de la Mer leur semble à portée de main.

Alors, la Vieille pousse le vieux à demander à la sirène de régner sur la Mer comme sur la Terre.

La tempête gronde mais le vieux va quand même au bord de l’eau, rapidement ses vêtements deviennent lourd, il appelle sans fin la sirène. Il hurle son désir. Alors la Sirène attrape le vieux « Si tel est ton désir je te montre l’empire du monde aquatique, REGARDE pour la seule et unique fois. » Le Vieux voit un monde tant remplis de mystère et de beauté qu’il en perd la vue. La sirène repose l’aveugle sur la plage et s’en va.

La Vieille qui avait vu la scène de loin, s’approcha du vieux, le ramena à la vieille chaumière, et l’assit près du feu au milieu des vieilleries.

Morceau de Sirène, Huile sur Coquille Saint Jacques

Syndrome du Sauveur et crise de la légitimité : « Pourquoi veux-tu m’aider ? »

Je me rappelle qu’au lycée (j’étais alors dans une filière sanitaire), nous apprenions à faire des lettres de motivations, pour nos stages obligatoires. Un jour, une prof nous dit « quelqu’un qui me met « je veux aider les autres dans sa lettre de motivation, c’est poubelle, sans même lire la suite. ».

Vouloir aider l’autre n’est pas une motivation nécessaire à l’établissement d’une carrière dans le prendre soin. Curieux paradoxe pour des carrières où l’aide à l’autre est la nature même du lien qui se tisse entre deux personnes.

Cette question est au cœur des préoccupations de ceux qui recrutent le futur personnel soignant : il faut déceler si l’aide n’est pas pathologique, autrement dit si celui qui affirme vouloir aider ne souffre pas du syndrome du sauveur ou de l’infirmière.

Syndrome du sauveur (ou de l’infirmière) : le triangle de Karpman

Le besoin d’aider l’autre peut être pathologique, cela peut être l’expression d’un grand désarroi intérieur. Ceux qui veulent aider sont souvent extrêmement sensibles et empathiques, et le projettent sur le monde. Ils sont alors très vulnérables et peuvent développer un complexe d’infériorité qui se mue naturellement en complexe du sauveur.

Les effets pervers sont souvent contreproductifs, et le sauvé (ou la victime) se retrouve encore plus englué qu’au départ. La dynamique qui se met alors en place est celle du triangle de Karpman : le sauveur combat un persécuteur qui s’acharne sur la victime qu’il faut sauver.

Chacun des trois protagonistes alimente la dynamique afin de permettre aux autres de jouer leur rôle, de s’y investir et d’en retirer les bénéfices secondaires (le subconscient s’oppose à la résolution du problème car il trouve des avantages à le faire perdurer) qui ne font qu’accentuer leur désarroi intérieur.

schéma du triangle Karpman
  • Le Bourreau est le rôle de celui qui commet un mal injuste ;
  • La Victime est le rôle de celui qui subit un mal injuste (commis par un Bourreau) 
  • Le Sauveur est le rôle de celui qui répare un mal injuste (subit par une Victime). La distinction de ces trois postures est exhaustive, car elles épuisent les différentes attitudes vis-à-vis de la violence.
Une courte et claire explications des mécanismes : reconnaître et transformer

Personne ne né pour être un sauveur, un persécuteur ou une victime. Je pense que c’est une idée résiduelle profondément inconsciente qui trouve ses racines dans la tradition judéo Chrétienne.

Attention : je ne fais pas de prosélytisme, je me réfère à l’histoire de la religion chrétienne, car je pense que nous ne pouvons pas faire l’économie des croyances qui ont fondé notre civilisation. N’ayons pas la mémoire courte.

La Bible affirme qu’il n’y a qu’un seul Sauveur et c’est Jésus Christ. Vouloir se mettre à sa place, c’est faire son Iznogoug (vouloir être calife à la place du calife), car le Christ est l’incarnation du divin. Est orgueilleux, celui « faux-sauveur » qui se prend pour Dieu. Il n’y a qu’à la part divine que nous pouvons demander une certaine solution, pas à un être humain, nous compris.

Notre seule responsabilité est de prendre soin de nous-même. Nous projetons notre monde intérieur à l’extérieur et nous l’accusons de tous nos maux. Un retour en soi, un temps avec soi-même est nécessaire, épisodiquement, afin de découvrir un des grands mystères de l’humanité : SOI. Et ce SOI est déjà suffisamment complexe, éreintant et merveilleux, pour occuper une vie.

L’Homme est pétri de positif comme de négatif, c’est en l’acceptant et en s’y confrontant que s’installe une quête de sens qui nous fait comprendre et apprécier l’étincelle de vie. Alors, à partir de ce moment-là, nous pouvons « aider » l’autre car il ne s’agira plus d’une quête désespérée pour aller mieux, mais d’un échange pour rencontrer un autre être.                                                  

C’est un travail de longue haleine, un chemin tortueux qui sera rempli de moments de grâce comme de moments très noirs (les Saintes décrivent ces moments comme la nuit noire de l’âme). Toutefois, ce n’est pas parce qu’à certains moments on touche du doigt les prémisses de la spiritualité que l’on est guéri de ses maux : bien au contraire, il faut poursuivre et ne pas relâcher ses efforts, ne pas prendre cette victoire comme un dogme universel applicable à tous, et qui nous donne la légitimité d’être un Sauveur.

Une autre explication de ce complexe du sauveur pourrait se trouver dans la légitimité. Ou plutôt dans la crise de la légitimité.

Les 30 professions les plus prestigieuses

  1. Chirurgien
  2. Juge
  3. Maire
  4. Interniste
  5. Avocat
  6. Directeur
  7. Notaire
  8. Pilote
  9. Médecin généraliste
  10. Professeur d’université
  11. Radiologue
  12. Préfet de police
  13. Ingénieur civil
  14. Chef des pompiers
  15. Architecte
  16. Analyste médical
  17. Dentiste
  18. Pharmacien
  19. Vétérinaire
  20. Profession militaire, Colonel
  21. Directeur d’école
  22. Chimiste en laboratoire
  23. Psychothérapeute
  24. Biologiste de l’environnement
  25. Joueur de football professionnel
  26. Ingénieur mécanique
  27. Comptable
  28. Directeur de la succursale d’une banque
  29. Physiothérapeute

Les 10 professions les moins prestigieuses

  1. Eboueur
  2. Employé dans la ligne d’assemblage d’une usine
  3. Vendeur dans un parc d’attractions
  4. Employé d’une agence de repassage
  5. Gonfleur de pneus de camion
  6. Femme de ménage / chargé du service de chambre dans un hôtel
  7. Employé dans un car-wash
  8. Balayeur
  9. Laveur de vitres
  10. Employé dans un centre d’appel

6 professions qui montent en prestige (de 1982 jusqu’à aujourd’hui) 

  1. Opérateur de processus
  2. Joueur de football professionnel
  3. Infirmière
  4. Maire
  5. Avocat
  6. Chef des pompiers

6 professions qui baissent en prestige (de 1982 jusqu’à aujourd’hui) 

  1. Professeur d’enseignement secondaire
  2. Professeur d’enseignement primaire
  3. Employé communal au département population
  4. Pasteur
  5. Ministre
  6. Journaliste
hello society !

Se connaitre est un devoir citoyen

Je m’intéresse ici plus particulièrement aux professions médicales, comme par exemple celles des relations d’aide. Ces dernières sont valorisées socialement, c’est-à-dire qu’elles donnent à ceux qui les exercent un sentiment de légitimité et de reconnaissance sociale.

La notion de reconnaissance sociale correspond à « un processus d’identification où chaque membre du groupe pose un regard sur l’autre membre. Il s’agit d’un système d’interactions, d’échanges qui impliquent l’intériorisation ou l’assimilation de normes, de modèles, de valeurs à partir de sa propre histoire, de son milieu familial et de sa trajectoire personnelle et professionnelle. »

Elle s’enracine donc dans l’histoire personnelle, l’éducation et le vécu de l’individu. Cela peut expliquer pourquoi chacun ne ressent pas nécessairement le besoin de s’identifier à autrui, ainsi que l’influence du groupe et de la société sur les choix de vie.

Comme l’a rappelé Hélène Hatzfeld, le sociologue distingue trois fondements de la légitimité :

  • Un caractère rationnel, reposant sur la croyance en la légalité et au droit de donner des directives pour ceux qui sont appelés à l’exercer (domination légale) ; Elle se définit comme l’existence de normes symboliques partagées, permettant aux membres d’une société d’interagir.
  • Un caractère traditionnel, reposant sur la croyance des traditions valables de tout temps et en la légitimité de ceux qui sont appelés à l’exercer (domination traditionnelle) ;
  • Un caractère charismatique, reposant sur la soumission à la valeur exemplaire d’une personne (domination charismatique) ;

Ainsi, je pense que ceux qui n’ont pas de reconnaissance sociale à travers leur emploi sont d’autant plus enclin à souffrir du syndrome du sauveur, comme pour compenser un déséquilibre intérieur. Être un sauveur leur permet de regagner du panache, de la reconnaissance sociale, un but, une identité, du sens. Il s’agit ici de représentations sociales et non de vérité. Nous pouvons nous interroger, à l’heure de la modernité et du télétravail, sur les catégories de travail qui ont du sens. Ce peut être un premier pas sur la quête du chemin vers SOI.

Jung disait que toute analyse qui ne transforme pas à la fois l’analysé et l’analyste n’est pas totalement réussie » Dane Rudhyar ajoute que le propos de l’astrologie n’est pas seulement de conseiller les autres. C’est aussi – et c’est tout aussi important – de rendre l’astrologue apte à mieux comprendre son propre processus de vie, à le voir comme une phase de processus universel plus vaste dont il est l’expression dynamique significative.

C’est pourquoi je recommanderai de bien vous renseigner quand vous cherchez un thérapeute, à savoir s’il a fait un travail sur lui, avec quelles méthodes et s’il en a compris véritablement quelque chose.

Il est dans l’éthique des psychanalystes de faire une analyse avant d’être eux-mêmes psychanalyste. Les psychologues se doivent d’être suivis. La charge d’autrui n’est pas anodine.

Cette éthique, je la respecte scrupuleusement. Je n’ai pas comme ambition de devenir Jésus Christ. De tout mon savoir, j’ai été la patiente 0. Mon but est de rechercher la rencontre avec l’Autre, et que chacune de ses expériences conduisent à une théorisation, des mécanismes du psychique, qui en aidera d’autres après moi à poursuivre une quête de vérité sur l’essence de l’Homme.