Les écrits des Saintes : Partie 1 : Hadewijch d’Anvers

Une ressource spirituelle

Dans les périodes particulièrement difficiles, les ressources les plus importantes sont avant tout mentales, pour tenir le cap sans sombrer dans la déprime. Avec le temps et l’exploration des différentes écoles du sacré, j’ai constitué mes propres supports, sur lesquelles je m’appuie.

Avec le recul d’une adulte, je redécouvre la Bible et certains écrits théologiques lié, pour mieux cerner ce texte sacré, à la fois vestige et fondateur. Je relis également les écrits des Saints, ces êtres de chair ayant réellement existé me fascinent. Leurs écrits étant difficiles à comprendre et manquant de romanesque, la redécouverte se fait ponctuelle, par morceau choisi, selon les besoins du moment. Je laisse les pages se tourner et me guider vers ce que je dois méditer. Ils renvoient à une autre époque de nos origines judéo-chrétienne, pour trouver ceux avec qui je parle un langage commun.

Une béguine pas comme les autres

Parmi mes lectures, il y a Hadewijch d’Anvers, une femme ardente (texte choisis et présentés par Charles Juliet).

Cette mystérieuse femme du Moyen-Age, qui aurait vécu au XIIIème siècle dans une région regroupant la Belgique, les Pays-Bas, le Sud de l’Allemagne. Béguine affranchie, elle s’est élevée seule, sans guide spirituel, explorant par ses propres moyens les sentiers menant à l’extase.

Cette expérience corporelle qui se dissocie de la pensée (au sens raison) est une sensation démultipliée de bien-être ressenti dans toutes les parties les plus infimes de son corps, d’amour absolu. Un amour tel qu’il mène sur les sentiers inexplicables du divin en union total par le corps et l’esprit affranchi de l’égo (Quelques exemples concret qui décriraient cet état : La sensation corporelle d’un plaisir intense et permanent. La cessation totale de toute peur, de toute angoisse. Une confiance absolue dans la vie, dans la création).

Femme qui avait la connaissance du vrai et qui était dans l’exigence du vrai, elle dédia sa vie à ses moments qu’elle appelle l’Amour, elle écrit des poèmes et des lettres ou elle raconte son attente. L’Eglise ne l’a jamais béatifiée, elle n’est officiellement pas une Sainte, ce qui n’empêche pas ses écrits d’être portés par une vérité spirituelle qui entre encore en résonance des siècles plus tard.

En espérant qu’elle vous inspire.

Lettre 12 :

L’homme qui ne prend nul repos et n’accepte nulle consolation étrangère, et s’efforce à tout heure de satisfaire à l’Amour, commence sur terre la vie éternelle.

[…]

L’Amour est à lui-même satisfaction plénière et parfaite récompense. Mais souvent aujourd’hui on fait obstacle à l’Amour et c’est par maintes injustices que ces droits sont blessés. Nul ne veut renoncer à ses penchants pour l’honneur de l’Amour : on veut aimer et haïr à son gré, s’indigner et pardonner selon ses goûts, non point comme l’exige la charité fraternelle.

[…]

C’est grande pitié pour nous de voir les hommes s’égarer mutuellement, et de nous charger avec cela des conséquences de leurs erreurs, au lieu de nous aimer à aimer notre Amour.

[…]

Il nous est ordonné de vaquer jour et nuit à l’Amour, lui vouant sans réserve de notre cœur et notre âme, nos sens, nos facultés, nos pensées.

[…]

L’incendie éclatera chez les autres dès que vous-même serez en flamme. C’est ce qui convient à votre charge : incendiez les éteules arides par votre exemple, votre façon d’être.

[…]

Hâtez-vous d’aimer.

Comment ça marche ?

Qu’est ce que le Tarot de Marseille ?

mode d’emploi du Tarot de Marseille

La pratique du Tarot est, dans une première lecture, hermétique ; il faut donc développer une relation de confiance envers celui qui nous tire les cartes. Pour cela, je vous invite à toujours vous renseignez avant de vous livrer à une consultation. Un tirage n’est pas un acte anodin, les mots sont puissants, et celui qui le fait doit en retour de votre confiance faire preuve de responsabilité.

Une vie ne suffit pas pour apprendre l’art de lire les cartes, chaque praticien se place dans une tradition, y ajoute sa part, rendant le Tarot toujours aussi vivant siècle après siècle. Les ouvrages d’apprentissages sont avant tout, des propositions de significations globales pour orienter son intuition et trouver ses propres traductions.

Le Tarot comme langage

Une fois adopté, le Tarot devient notre propre miroir, parlant un langage qui n’est connu que de soi. Le Tarot est visible, palpable, il est l’instrument d’incarnation des archétypes inconscients, sous forme de représentation archétypique. Son but est de révéler ce qui nous trouble inconsciemment pour le mener à la conscience et agir, il nous permet de nous unifier de son « moi » à son « soi ».

En psychologie psychanalytique, le « moi » est une entité emplie de représentations et d’opinions de la conscience collective, il est le mode par défaut de notre logiciel. Ce « moi » s’identifie à ses représentations et pour cela perd de son importance pratique, il est aspiré par les opinions et les tendances de la conscience collective, donnant naissance à l’homme de masse, qui devient victime d’un -isme quelconque. Difficile, à l’époque de la Modernité qui prône l’identification sans réserve de l’individu à « une vérité » unilatérale, et qui de ce fait arrête le développement spirituel. Ainsi, on passe de la connaissance à la conviction ; plus confortable certes, mais d’une certaine façon stérile, alors que le but est le développement spirituel, d’aller vers l’unité de soi, en soi et avec le monde. Comme l’illustre ce poème :

« Sois paisible pour connaître l’absolu.
Sois actif pour connaître l’extérieur.
Les deux surgissent de la même source,
Tout ce qui fait la vie est une totalité. »

Il est nécessaire de se reconnecter au vivant, de se souvenir de notre corps et de l’énergie qu’il a produit ces derniers jours et ces dernières nuits pour simplement nous maintenir en vie. Cette énergie n’est pas seulement corporelle, elle est aussi psychique. La psyché déploie son énergie au travers du mental et de nos interactions avec le monde extérieur « pour le changer ».

« Le changer » peut apparaître sémantiquement un peu fort, et pourtant, Jung, dans les racines de la conscience, illustre ce changement du monde par la bombe atomique. En faisant la comparaison entre la Nature, du point de vue de la physique, qui n’est pas en mesure de faire exploser des formules mathématiques créées par une pure activité psychique et de tuer ainsi 78 000 personnes d’un coup.

La psyché, elle, peut le faire, et l’a fait. La pensée mathématique (fonction psychique) met en ordres les atomes pour qu’ils éclatent ce qu’ils n’auraient pas eu l’idée de faire naturellement sous cette forme.

De ce fait, la psyché est une perturbatrice du cosmos (cosmos régit par des lois naturelles), elle est le pivot du monde. Ce qui importe c’est l’usage qu’on en fait, qui est conditionné par l’état mental du moment.

C’est justement cette psyché qui nous intéresse. La notion se rapproche, dans les civilisations orientales, du qi, l’énergie vitale qui anime le corps, et est donc de fait au cœur de pratiques centenaires tel le qi gong ou le shiatsu, ces deux disciplines partant de mouvements spécifiques guidant l’énergie dans le but d’harmoniser le corps.

J’indique à l’esprit, avec le Tarot, des mouvements spécifiques, par les images, pour harmoniser son énergie, son ombre et sa lumière, et aller ainsi vers l’unité.

Attention aux prophéties

J’attire l’attention sur un point : Le Tarot « révèle » ce qui va se passer si nous continuons le chemin énergétique choisi, en aucun cas il ne révèle l’Avenir.  

Savoir le futur présuppose que tout est écrit d’avance, il n’y aurait donc pas de libre arbitre et donc en définitive pas de responsabilités ; c’est donc la porte ouverte au n’importe quoi. Les véritables prophéties sont rares et dangereuses : telle n’est pas la leçon que JK Rowling insuffle dans sa saga Harry Potter ? Appliquer à la lettre une prophétie érigée en dogme nous conduit à devenir Voldemort, qui passe sa deuxième vie à chasser un enfant, au lieu de réaliser ses dessins originaux.

Jeanne d'Arc

Jeanne d’Arc par les préraphaélites
Bande annonce de Jeanne de Dumont

WARWICK : Pourquoi pas ? Il faut toujours faire une fin. Je vais moi-même me marier.

JEANNE crie soudain d’une autre voix : Mais je ne veux pas faire une fin ! En tous cas, pas celle-là. Pas une fin heureuse, pas une fin qui n’en finit plus…

Elle se dresse et appelle :

Messire saint Michel ! Sainte Marguerite ! Sainte Catherine ! vous avez beau être muets, maintenant, je ne suis née que du jour où j’ai fait ce que vous m’avez dit de faire, à cheval, une épée dans la main ! C’est celle-là, ce n’est que celle-là, Jeanne ! Pas l’autre, qui va bouffir, blêmir et radoter dans son couvent ― ou bien trouver son petit confort ― délivrée… Pas l’autre qui va s’habituer à vivre… Vous vous taisiez, mon Dieu, et tous ces prêtres parlaient en même temps, embrouillant tout avec leurs mots. Mais quand vous vous taisez, vous me l’avez fait dire au début par Mgr saint Michel, c’est quand vous nous faites le plus confiance. C’est quand vous nous laissez assumer tout seuls.

Elle se redresse, soudain grandie.

Hé bien, j’assume, mon Dieu ! Je prends sur moi ! Je vous rends Jeanne ! Pareille à elle et pour toujours ! Appelle tes soldats, Warwick, appelle tes soldats, je te dis, vite ! Je renonce à l’abjuration, je renonce à l’habit de femme, ils vont pouvoir utiliser leur bûcher, ils vont enfin l’avoir leur fête !

WARWICK, ennuyé : Pas de folies, je vous en prie. Je suis très satisfait comme cela, je vous l’ai dit. Et puis d’abord, j’ai horreur des supplices. Je ne pourrais pas vous voir mourir.

JEANNE : Il faudra avoir du courage, petit gars, j’en aurai bien, moi.

L’Alouette de Anouilh.

Bien qu’ayant rencontré Jeanne d’Arc dans ma jeunesse, elle me parut trop galvaudée et éloignée pour la prendre en modèle, mon panthéon personnel préférant s’étoffer de personnages moins connus aux valeurs prégnantes ; telles étaient les pensées de ma prime jeunesse. Comme il en faut bien plus pour convaincre l’énergie cosmique qui a un message à faire passer, elle me renvoya Jeanne d’Arc que je rencontrais à nouveau, adulte, lorsque je l’ai jouée au théâtre dans la pièce d’Anouilh.

Ce drôle de rôle m’interpella : qu’avais-je donc en moi pour émaner une énergie qui rendait le personnage crédible ? Etais-je si proche d’une guerrière du Moyen-Age, moi qui étais plus portée sur les robes que sur les pantalons ?

Devant mon questionnement, mon ami et binôme de travail ne put s’empêcher de me poser brutalement la question : « Pourquoi jouer jeanne d’arc ? » Ce à quoi je lui ai répondu : « Est-ce une vraie question, ou c’est pour étayer la conversation ? »

Dans la mesure où c’était effectivement une vraie question, je lui ai répondu : « je suis la seule qui double sa Foi d’une origine modeste ». Par la suite, j’ai pris conscience de la complexité des enjeux identitaires de mon rôle et des parallèles possibles entre l’actrice et ce personnage historique. J’ai été fascinée par Jeanne d’Arc, femme inébranlable reliée aux mondes invisibles, m’ayant accompagnée dans ma quête spirituelle au travers de son époque, devenant une sorte de talisman. J’ai évidemment vu les films Jeannette et Jeanne de Dumont que j’ai énormément apprécié. Jeanne s’est ainsi ancrée définitivement comme sujet.  

« Il y a plus de preuve de l’existence de Jeanne d’Arc que de la tienne ! », comme vous l’entendrez dans l’interview jointe. Partant de ce fondement implacable, vous (re)découvrirez une des rares figures de Sainte dans notre culture, un personnage hors du commun.

Son armure m’évoque la déesse Athéna, protectrice de l’effort héroïque, déesse de la sagesse. Il y a beaucoup de représentation de Jeanne d’Arc, mais personne n’a peint son vrai visage. La technique moderne ne nous apprendra rien de ses restes, ses cendres ayant été dispersés dans la Seine pour empêcher son culte.

Sa mort n’a pas été crue pas ses contemporains, et longtemps on a pensé qu’elle reviendrait. Malgré que son corps eût été brûlé par trois fois, son cœur résista aux flammes, et devant l’impossibilité de sa destruction fut jeté dans la Seine par le Bourreau.  

Son histoire devînt un mythe, et m’évoque celui de Jésus, mort pour ses idées. Comme s’il fallait être prêt au sacrifice ultime pour faire comprendre à la communauté son évolution implacable, car une fois l’irréparable commis, il y a une prise de conscience et une transformation aussi grande qu’a été la perte.

Pour écouter l’interview de Gerd Krumeich (historien allemand, spécialiste de la Première Guerre mondiale, professeur émérite de l’université Heinrich-Heine de Düsseldorf, vice-président du Centre international de recherche de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne (Somme))

https://www.franceculture.fr/emissions/jeanne-darc-une-rencontre/jeanne-darc-enchainee

Pour retrouver l’intégralité de son procès et autres sources : http://www.stejeannedarc.net/

Contes de Fée et le flow, un chemin vers la spiritualité

Asseyez vous, j’ai une histoire à raconter !

Les croyances aux fées et aux esprits de la nature sont si anciennes qu’il parait démesurément orgueilleux pour un esprit extérieur de les voir ainsi condamnés aujourd’hui par l’esprit rationaliste et matérialiste de l’homme du XIX et XXème siècle. Cette condamnation est principalement la conséquence des subterfuges d’évincement et de diabolisation des mythologies païennes, mis en place par l’Eglise pour stabiliser son pouvoir politique au profit de sa propre spiritualité.

Aujourd’hui, la modernité évince au profit de la science toutes les formes de créatures magiques et irrationnelles, sans remplacer cela par une autre spiritualité. Il devient alors bien plus difficile de trouver ce qui donne un sens à la vie.

La pensée occidentale subit depuis lors un appauvrissement continu en symbole, ce qui pour Jung a un sens : « tout ce sur quoi l’homme ne pensait rien et qui s’est ainsi trouvé privé de connexion avec la conscience tandis qu’elle continuait à se développer, tout cela a été perdu ». « C’est pourquoi les dieux meurent de temps en temps, parce qu’on a subitement découvert qu’ils ne signifient rien, qu’ils sont des inutilités faites de la main de l’homme et taillées dans le bois ou la pierre. En réalité, l’homme a simplement découvert qu’il n’avait jusqu’alors rien pensé à ce sujet de ses images. Et quand il se met à réfléchir il le fait à l’aide de ce qu’il appelle la « raison » qui n’est au fond, rien d’autres que la somme de ses idées préconçues et de ses vues étroites »

L’Homme se retrouve habité alors par des reliquats de folklore et un déguisement de spiritualité orientale, refuge de ceux en mal de spiritualité (dont j’ai fait partie), sans comprendre que les dangers de cette décontextualisation culturelle et sociale l’éloignent d’autant plus de son intériorité. Jung précise qu’il « serait bien préférable de se résoudre à confesser l’indigence spirituelle de l’absence de symbole au lieu de s’arroger une richesse illusoire dont on n’est en aucun cas l’héritier légitime ».

L’Eglise, bien que toujours frileuse quant au petit peuple, malgré l’intégration des sylphes métamorphosés en anges, reste aujourd’hui la gardienne de la spiritualité judéo-chrétienne, avec sa part de magie et d’irrationnel.

A cela, j’ajoute les contes de fées. Issus d’une tradition orale perpétrée depuis des générations ancestrales, ils sont la transmission d’un matériau symbolique extrêmement riche, un enseignement spirituel offert à tous les enfants pour éveiller les hommes qu’ils deviendront. Chaque aventure donnant un prototype de mode d’emploi aux situations qu’ils rencontreront tout au long de leur vie, cela les encourage à cultiver des valeurs telles que la foi, le courage, la générosité et ainsi expérimenter la vie avec toute la force dont ils sont capables.

Bien que la moindre allusion un peu ésotérique sur le sujet semble être jugée instantanément comme de la fumisterie, la culture anglo-saxonne, qui est dominante, n’a jamais mis au banc « Le petit Peuple » (nom donné à toute les créatures magiques, comme les elfes, les fées, les gnomes…), en témoigne aujourd’hui les succès mondiaux des œuvres tels que Game of Thrones, le seigneur des anneaux, ou encore Harry Potter.

Cette vivacité témoigne de l’importance des fées et des différents esprits, car ils représentent le principe de la vie et de la créativité à l’état brut.

Pour mieux cerner ces deux dynamiques, et en particulier celle de la créativité à l’état brut, j’introduis ici une notion de psychologie positive. Cette branche de la discipline s’intéresse surtout à ce qui rend l’humain heureux, l’hypothèse prenant à contre-pied l’habituelle dynamique en étudiant non pas les psychopathologies mais les capacités de résilience de certains, pour trouver les moyens de développer ces qualités chez tout à un chacun.

Pour avoir personnellement expérimenté la créativité au travers de l’art, l’énergie de cette dernière à l’état brut m’a fait penser au « flow ».  Csikszentmihalyi, son auteur, le définit en 1975 comme « un état d’activation optimale dans lequel le sujet est complètement immergé dans l’activité. L’expérience trouve sa fin en elle-même ». Les indicateurs qui indiquent l’expérience sont :

  • Une perception d’un équilibre entre ses compétences personnelles et le défi à relever ;
  • Une centration de l’attention sur l’action en cours ; sens du contrôle, perte de conscience de soi
  • Des feedback clairs et instantanés ; clarté du but.
  • Des sensations de contrôle sur les actions réalisées et sur l’environnement ;
  • L’absence de stress, d’anxiété et d’ennui ainsi que la perception d’émotions positives (comme le bien-être, le plaisir).

La psychologie, encore une fois, est le langage moderne des anciennes idées, mais il me semble pertinent de bien décrire cet état que nous retrouvons parfois, pour nous guider vers un meilleur accomplissement de soi.

Dans les contes, les fées sont bien plus que les productrices d’un simple état psychologique : elles sont des appuis spirituels, elles ont un corps et une action dans les contes. Elles ne servent pas l’ambition, le pouvoir ou la richesse matérielle, elles nous aident à devenir nous-même.

Les fées sont les héroïnes des légendes et contes qui, reliés à la grande tradition originelle, forment une voie d’initiation, un savoir ésotérique puissant voilé par un propos enfantin pour nous être accessible dès le plus jeune âge, afin que s’ancrent des mécanismes qui nous seront utiles lors de nos futures traversées du désert (qui ne manqueront pas d’arriver).

En lien, je vous laisse découvrir des contes norvégiens, afin qu’inédits ils puissent vous transporter dans un monde merveilleux qui change de l’ordinaire.  

Sources :

Je m’appuie ici sur le livre d’Edouard Brasey « Enquête sur l’existence des fées et des esprits de la nature » paru en 1996, ce livre reprend ce qui était déjà formulé, dès les années 70, comme critique du monde rationaliste et de la tournure libérale que prenait le Monde, puis sur un article scientifique publié sur le site de base de données scientifique Cairn.fr : Le concept de « flow » ou « état psychologique optimal » : état de la question appliquée au sport Pascale Demontrond et Patrick Gaudreau Dans Staps 2008/1 (n° 79), pages 9 à 21.

Pour en savoir plus sur la créativité je vous invite à lire : La créativité de Mihaly Csikszentmihalyi, ed Robert Laffon, 2009.

Et enfin, un ouvrage référent pour moi : Jung, les racines de la conscience, ed Buchet/Chastel Paris 1971.

Pyramide de Maslow et connaissance de soi

Comment comprendre la pyramide de Maslow en la réactualisant ?

«Il y a plus de deux mille ans,
Platon concluait déjà que la tâche
la plus difficile consiste à se
connaître soi-même. Cette vérité
doit être continuellement
redécouverte; ses implications sont
loin d’avoir été pleinement
réalisées.»
Edward Twitchell Hall (1914 -2009)

La pyramide de Maslow : définition par la psychologie sociale :

La psychologie, telle que nous la connaissons et telle qu’elle est enseignée, est très imprégnée d’une pensée pragmatique nous venant des Etats-Unis. Sa naissance contemporaine remonte à la fin de la seconde guerre mondiale, et elle connut son apogée dans les années 60.

La pensée pragmatique inhérente à la psychologie se présente comme une solution plus rapide et efficace que l’ancienne psychanalyse, cette dernière étant à l’époque présentée comme source principale du soin psychique. Le nouvel avantage de la psychologie réside dans une immédiateté de la guérison des symptômes ; toutefois, ne pas guérir le mal à la racine tend à le voir réapparaître parfois plus fortement encore que le trouble qui fut soigné en tout premier lieu.

La pensée d’Abraham Maslow (1908-1970) est à l’image de la psychologie contemporaine. Psychologue américain renommé, il développa une théorie de la motivation en hiérarchisant les besoins humains sous la forme d’une pyramide : dans celle-ci, la réalisation de chaque étage est primordiale pour passer à l‘étage supérieur.

Aujourd’hui, cette pyramide est vivement critiquée, notamment sur son manque de représentation des subtilités formant la complexité de la pensée humaine : différences entre besoins et désirs, importance de la culture…

De plus, son utilisation a franchi les limites du soin psychique pour être utilisé dans les théories de management, car elle permet de façon simple, et sans nécessairement un bagage psychologique, de déterminer un cadre mercantile où positionner l’homme :  mieux connaître les besoins pour y répondre permet de vendre la nécessité.

Maslow lui-même éprouve les limites de son modèle vers la fin de sa vie, en y ajoutant une étape de plus : la transcendance, la recherche spirituelle.

Les besoins de la pyramide sont :

Besoins physiologiques : manger, boire, dormir

Besoins de sécurité : dormir sous un toit, avoir un toit, avoir des ressources financières et affectives.

Besoin d’appartenance : groupe social, ethnie, qui suis-je socialement ? Qui sont mes pairs ?

Besoins d’estime : je vaux quelque chose pour mes pairs, je suis admis et estimé par mon groupe.  

Besoins d’accomplissement : je fais quelque chose d’utile pour mes pairs.

Bonus : Besoins de transcendance : je cherche Dieu.

La connaissance de soi :

Ce dernier besoin pointe ici la connaissance de soi, qui nécessite une certaine stabilité psychique : il est en effet difficile de faire face à soi sans céder au chant des sirènes de la valorisation sociale.

Cette lucidité objective au possible, juge et parti, permet de se sentir authentique dans sa propre vie, et d’ainsi faire des choix qui nous correspondent véritablement, réduisant de fait l’anxiété due au décalage entre ses aspirations profondes et les aspirations sociétales. Ainsi, nous entrons dans ce que Jung appelle le processus d’individuation (sujet d’un prochain article).

La connaissance de soi trouve des appuis spirituels dans la culture occidentale, qui est une lecture gnostique de la Bible (pour rappel, la Gnose est une philosophie qui conçoit que par la connaissance arrive le divin). Cette quête du divin au travers de l’étude des textes sacrés ne se trouve pas être une des formes du prosélytisme chrétien, mais plus une proposition différente au spirituel, permettant de trouver des réponses sur le sens, et de contrer ainsi le danger d’un individualisme chaotique,

Jung fait un rapprochement entre l’effondrement du christianisme et l’effondrement du monde romain : la désorientation spirituelle faisant suite au déclin du paradigme, dans chacun des cas, conduisit l’Autorité à lutter à la fois contre ses ennemis déclarés, et contre la redondance de pensées irrationnelles (pensées magiques) au sein de sa population, qu’elle avait pourtant elle-même prodigué dans ses débuts. Dans les deux situations, il a donc fallu valoriser le rationalisme de l’esprit humain pour se maintenir. Dans le cas de l’effondrement du christianisme, cette dynamique nous a conduit à une rationalisation extrême, autant de la raison que de l’intellect, détruisant de fait toute porte de sortie vers l’irrationnel, et conduisant en guise de finalité à une croyance aveugle dans le scientisme. Paradoxalement, c’est en redécouvrant les textes sacrés de notre tradition chrétienne avec le prisme de la psychologie que nous pouvons y puiser une ressource nouvelle pour le spirituel.

Récit Alchimique

Psychologie & Alchimie (La vie symbolique : psychologie et vie religieuse C.G Jung)

Historiquement, l’Alchimie apparaît au I et IV siècle (Pseudo-Démocrite ; Zosime le panopolitain et Olympiodore). Puis, est en plein essor aux XVI et XVII siècles (Gérard Dorn et Henri Khunrath).

La dynamique entre le IVème siècle, très marqué par la Grèce Antique et sa philosophie puis du XVIème siècle très marqué par la religion catholique, donne un savoureux mélange à l’Alchimie qui donne par son caractère « mystique » un cachet particulier à cette dernière.

Les connaissance de l’époque des connaissances en matière de chimie, se sont mêlées dans une dynamique pédagogique aux thèmes mythologiques. Cette dimension ajoutée à la chimie lui donnait toute sa poésie.

Poésie que nous retrouvons dans la structure narratives des textes alchimiques ; dans une première partie ils sont la fidèle reproductions d’anciens écrits (un héritages des pairs) puis chaque scripteur y ajoute de sa propre subjectivité symbolique.

Ces symboles tirent leurs origines d’une part des motifs des mythes (exemple : la lune, le jardin d’Eden, l’eau) venant d’un apprentissage conscient puis une autre part inconsciente aux travers de leurs propres expériences de vie.

Nous pouvons mettre en parallèle ici la symbolique alchimique avec la symbolique moderne des rêves, avec un exemple très connue qu’est la pierre philosophale.

Cette pierre a une symbolique identique au mandala. Lorsqu’il se manifeste dans les rêves, il est signe d’ordre et de totalité : ce qui exprime de la part du rêveur une expression de sa personnalité modifiée par l’intégration de l’inconscient. En psychologie moderne, ce facteur thérapeutique est important car il permet de modifier la nature de la conscience et de celle de l’inconscient.

En d’autres mots, en ramenant à la conscience un processus inconscient, nous cherchons le « mal à la racine » pour y guérir un profond traumatisme inscrit dans les profondeurs de notre être.

Connaître son mythe fondateur

J’ai mis en lien ici, une partie de l’interview de Luc Bigé, grand nom de l’astrologie contemporaine, ce Docteur en Biochimie et Astrologue (qui est président de l’université du symbole : https://reenchanterlemonde.com/). Présente ici le mythe fondateur qui habite en chacun de nous.

Pour le trouvez, une analyse de son thème natale est nécessaire, il faudra y rechercher quelle est la domination, d’une planète ou d’un signe qui ouvre vers la problématique de la carte natale et donc vers le mythe fondateur.