Christian Bobin, la poésie de l’éveil

« Ecrire de la poésie, c’est mettre un maximum d’ineffable dans un minimum de verbe (de langage) [et ça un ordinateur ne pourra jamais le réaliser] » Luc Bigé.

Je partage ici un extrait du « Très-bas » de Christian Bobin, qui décrit de manière poétique les premières étapes de l’éveil spirituel. En premier lieu, le détachement des parents, première étape indépassable dont la psychanalyse apport ses réponses. De ce détachement ( ne plus s’identifier, « ne plus être ses propres drames personnels ») vient la disposition de son esprit, de son âme à recevoir, à percevoir des fulgurances spirituels.

Cette vieillerie de Dieu

C’est avec sa voix qu’il séduit. C’est avec sa voix de chair qu’il attire les loups et les hommes qui sont pires que des loups. Mais ce souffle angélique de la chair, cette voix charnelle de l’âme, comment l’entendre sept siècles après. Elle s’en est allé avec l’oiseau. On a bien gardé quelques plumes, des reliques. La laine d’un vêtement et la coquille d’un crâne. Mais la voix fait défaut, à jamais. Plus d’oiseau, plus de chant. Reste la lumière où le chant s’égarait, cette lumière inusable de chaque jour dans la vie, la même lumière depuis des siècles, le nom si vieux de cette lumière si jeune, ce nom aveugle dans toutes langues, cette blancheur dans toutes les voix – Dieu. Reste Dieu, vieux soleil à partir de quoi tout peut être réveillé, et l’oiseau, et le chant.

Si l’on veut connaître un homme, il faut chercher celui vers lequel sa vie est secrètement tournée, celui à qui, de préférence à tout autre, il parle, même quand apparemment il s’adresse à nous. Tout dépend de cet autre qu’il s’est choisi. Tout dépend de celui auquel il s’adresse en silence, pour la considération duquel il a accumulé faits et preuves, pour l’amour duquel il a fait de sa vie ce qu’elle est. Pour la plupart il n’y aura jamais qu’un seul interlocuteur : le père ou la mère, figures souveraines par leur absence, écrasant la vie de tout le poids de ce qu’elles n’ont su donner. Regarde ce que je fais. C’est pour toi, c’est pour obtenir ton amour, c’est pour qu’enfin tu tournes les yeux vers moi, que tu me donnes la pleine lumière de tes yeux la certitude d’exister. Beaucoup sont ainsi soumis à une ombre, reclus au jardin de leur père, à la chambre de leur mère, poursuivant jusqu’au soir de leur vie les suppliques de l’absent. François d’Assise n’est pas, n’est plus de ceux-là. L’histoire infinie avec le père il l’a terminé le jour du procès, dans la nudité de renaître enfin, délivré des vieux habits du fils. Chair nue, âme blanche. Je me défais de tout pour me dépendre de toi. Je me montre tel que tu ne m’as pas fait : faible, de cette faiblesse qui se dérobe à ta puissance, contre laquelle tu ne peux plus rien. Je reviens à ce Dieu dont tu n’es qu’une image – décevante comme toutes les images. Celui-là fait un père bien plus léger que toi. Il me regarde aller, venir. Il est, dans ses absences, bien moins meurtrier que toi. Il me laisse, dans sa présence, bien plus de jeu. Il ne croit pas comme toi à l’argent, au devoir, au sérieux. D’ailleurs il passe tout son temps dans la compagnie futile des enfants, des chiens et des ânes.

Les mères aiment leurs enfants de manière insensée. Les mères ne savent aimer sinon de cette manière insensée. Elles tiennent leurs enfants au centre du monde et tiennent le monde au centre de leur cœur. François d’Assise se délivre de sa mère en ne lui résistant pas, en portant la brûlure de son amour partout dans le monde où il n’y a plus désormais que des centres, que des enfants uniques, des fils de reine. Ma sœur la rivière, mon frère le vent, ma sœur l’étoile, mon frère l’arbre : tout est placé, replacé par lui comme cela doit être, dans l’intensité d’une même origine, remis entre les mains d’une mère immense, démente, éternellement soucieuse de sa progéniture, éternellement éprise du temps.

Dieu. Cette vieillerie de Dieu, cette vieille bougie de Dieu brûlant au noir des siècles, ce feu follet rouge sang, cette misère d’une chandelle mouchée par tous les vents, nous, gens du vingtième siècle, nous ne savons qu’en faire. Nous sommes des gens de raison. Nous sommes des adultes. Nous ne nous éclairons plus à la bougie. Nous avons un temps espéré que les Eglises nous délivrerait de Dieu. Elles étaient faites pour ça. Les religions ne nous dérangeaient pas. Les religions sont pesantes et la pesanteur nous rassurerait plutôt. C’est la légèreté qui nous fait horreur, cette légèreté de Dieu en Dieu, de l’esprit dans l’esprit. Et puis nous sommes sortis des Eglises. Nous avons fait un grand chemin. De l’enfance à l’âge adulte, de l’erreur à la vérité. Nous savons à présent où est la vérité. Elle est dans le sexe, à l’économie et dans la culture. Et nous savons bien où est la vérité de cette vérité. Elle est dans la mort. Nous croyons que le fin mot de tout revient à la mort, qu’il grince entre ses dents serrées sur le proie, et nous regardons les siècles passés du haut de cette croyance, avec indulgence et mépris, comme tout ce qu’on regarde de haut. Nous ne pouvons leur en vouloir de leur erreurs. Elles étaient sans doute nécessaires. Maintenant nous avons grandi. Maintenant nous ne croyons qu’à ce qui est puissant, raisonnable adulte – et rien n’est plus puéril que la lumière d’une bougie tremblant dans le noir.

Dieu. Cette pauvreté de Dieu, ce grésillement de la lumière dans la lumière, ce murmure du silence au silence, c’est à ça qu’il parle, François d’Assise, quand il parle aux oiseaux ou à Claire, la petite sœur d’insouciance. Il est amoureux. Quand on est amoureux on parle de son amour et on ne parle qu’à lui seul. Partout, toujours. Et que dit-on à son amour ? On lui dit qu’on l’aime, ce qui n’est presque rien dire – sinon le presque rien d’un sourire, le balbutiement d’un serviteur à son maître qui le comble, qui le comble mille fois trop.

On a empaqueté quelques-unes de ses paroles dans un livre maigre, un vrai livre de pauvre. Des lettres sans beauté, des prières sans grâce, usées comme la chemise de pauvre trop souvent lavée, trop souvent ravaudée. Des collages empruntés à la Bible. Ici un morceau de psaume, là un autre morceau, ça tiendra bien comme ça, ça ira pour ce qu’on veut faire : prier, parler au vide pour que le vide nettoie votre parole. Je t’aime. Cette parole, quand elle file vers Dieu, est comme une flèche enflammée qui s’enfonce dans la nuit et s’éteint avant de toucher sa cible. Je t’aime : voilà tout son propos, et cela ne pouvait donner un livre original, un livre d’écrivain. L’amour n’est rien d’original. L’amour n’est pas une invention d’auteur.

Il est avec son amour comme l’enfant devant le mur avec sa balle : il lance sa parole, la balle de parole lumineuse, le « je t’aime » enroulé sur lui-même, il la lance contre un mur éloigné de lui de tous les jours qu’il lui reste à vivre, il attend ensuite que la balle rebondisse, il lance des milliers de balles, aucune de revient jamais, il continue, toujours souriant, confiant : le jeu est à lui-même sa récompense, l’amour est à lui-même sa réponse.

Si, quand même, il en dit un peu plus. Il dit : je t’aime et je suis désolé de t’aimer si peu, de t’aimer si mal, de ne pas savoir t’aimer. C’est que plus il s’approche de la lumière, et plus il se découvre plein d’ombre. Plus il aime et plus il se connaît indigne d’aimer. C’est qu’il n’y a pas de progrès en amour, pas de perfection que l’on pourrait un jour atteindre. Il n’y a devant l’amour aucun adulte, que des enfants, que cet esprit d’enfance qui est abandon, insouciance, esprit de la perte d’esprit. L’âge conditionne. L’expérience accumule. La raison construit. L’esprit d’enfance ne compte rien, n’entasse rien, ne bâtit rien. L’esprit d’enfance est toujours neuf, repart toujours aux débuts du monde, aux premiers pas de l’amour. L’homme de raison est un homme accumulé, entassé, construit. L’homme d’enfance est le contraire d’un homme additionné sur lui-même : un homme enlevé de soi, renaissant dans toute naissance de tout. Un imbécile qui joue à la balle. Ou un saint qui parle à son Dieu. Ou les deux à la fois.

Il y a quelque chose dans le monde qui résiste au monde, et cette chose ne se trouve ni dans les églises ni dans les cultures ni dans la pensée que les hommes ont d’eux-mêmes, dans la croyance mortifère qu’ils ont d’eux-mêmes en tant qu’être sérieux, adultes, raisonnables, et cette chose n’est pas une chose mais Dieu et Dieu ne peut tenir dans rien sans aussitôt l’ébranler, le mettre bas, et Dieu immense ne sait tenir que dans les ritournelles d’enfance, dans le sang perdu des pauvres ou dans la voix des simples et tous ceux-là tiennent Dieu au creux de leurs mains ouvertes, un moineau trempé comme du pain par la pluie, un moineau transi, criard, un Dieu piailleur qui vient manger dans leurs mains nues.

Dieu c’est ce que savent les enfants, par les adultes.

Un adulte n’a pas le temps à perdre à nourrir les moineaux.

Contes de Fée et le flow, un chemin vers la spiritualité

Asseyez vous, j’ai une histoire à raconter !

Les croyances aux fées et aux esprits de la nature sont si anciennes qu’il parait démesurément orgueilleux pour un esprit extérieur de les voir ainsi condamnés aujourd’hui par l’esprit rationaliste et matérialiste de l’homme du XIX et XXème siècle. Cette condamnation est principalement la conséquence des subterfuges d’évincement et de diabolisation des mythologies païennes, mis en place par l’Eglise pour stabiliser son pouvoir politique au profit de sa propre spiritualité.

Aujourd’hui, la modernité évince au profit de la science toutes les formes de créatures magiques et irrationnelles, sans remplacer cela par une autre spiritualité. Il devient alors bien plus difficile de trouver ce qui donne un sens à la vie.

La pensée occidentale subit depuis lors un appauvrissement continu en symbole, ce qui pour Jung a un sens : « tout ce sur quoi l’homme ne pensait rien et qui s’est ainsi trouvé privé de connexion avec la conscience tandis qu’elle continuait à se développer, tout cela a été perdu ». « C’est pourquoi les dieux meurent de temps en temps, parce qu’on a subitement découvert qu’ils ne signifient rien, qu’ils sont des inutilités faites de la main de l’homme et taillées dans le bois ou la pierre. En réalité, l’homme a simplement découvert qu’il n’avait jusqu’alors rien pensé à ce sujet de ses images. Et quand il se met à réfléchir il le fait à l’aide de ce qu’il appelle la « raison » qui n’est au fond, rien d’autres que la somme de ses idées préconçues et de ses vues étroites »

L’Homme se retrouve habité alors par des reliquats de folklore et un déguisement de spiritualité orientale, refuge de ceux en mal de spiritualité (dont j’ai fait partie), sans comprendre que les dangers de cette décontextualisation culturelle et sociale l’éloignent d’autant plus de son intériorité. Jung précise qu’il « serait bien préférable de se résoudre à confesser l’indigence spirituelle de l’absence de symbole au lieu de s’arroger une richesse illusoire dont on n’est en aucun cas l’héritier légitime ».

L’Eglise, bien que toujours frileuse quant au petit peuple, malgré l’intégration des sylphes métamorphosés en anges, reste aujourd’hui la gardienne de la spiritualité judéo-chrétienne, avec sa part de magie et d’irrationnel.

A cela, j’ajoute les contes de fées. Issus d’une tradition orale perpétrée depuis des générations ancestrales, ils sont la transmission d’un matériau symbolique extrêmement riche, un enseignement spirituel offert à tous les enfants pour éveiller les hommes qu’ils deviendront. Chaque aventure donnant un prototype de mode d’emploi aux situations qu’ils rencontreront tout au long de leur vie, cela les encourage à cultiver des valeurs telles que la foi, le courage, la générosité et ainsi expérimenter la vie avec toute la force dont ils sont capables.

Bien que la moindre allusion un peu ésotérique sur le sujet semble être jugée instantanément comme de la fumisterie, la culture anglo-saxonne, qui est dominante, n’a jamais mis au banc « Le petit Peuple » (nom donné à toute les créatures magiques, comme les elfes, les fées, les gnomes…), en témoigne aujourd’hui les succès mondiaux des œuvres tels que Game of Thrones, le seigneur des anneaux, ou encore Harry Potter.

Cette vivacité témoigne de l’importance des fées et des différents esprits, car ils représentent le principe de la vie et de la créativité à l’état brut.

Pour mieux cerner ces deux dynamiques, et en particulier celle de la créativité à l’état brut, j’introduis ici une notion de psychologie positive. Cette branche de la discipline s’intéresse surtout à ce qui rend l’humain heureux, l’hypothèse prenant à contre-pied l’habituelle dynamique en étudiant non pas les psychopathologies mais les capacités de résilience de certains, pour trouver les moyens de développer ces qualités chez tout à un chacun.

Pour avoir personnellement expérimenté la créativité au travers de l’art, l’énergie de cette dernière à l’état brut m’a fait penser au « flow ».  Csikszentmihalyi, son auteur, le définit en 1975 comme « un état d’activation optimale dans lequel le sujet est complètement immergé dans l’activité. L’expérience trouve sa fin en elle-même ». Les indicateurs qui indiquent l’expérience sont :

  • Une perception d’un équilibre entre ses compétences personnelles et le défi à relever ;
  • Une centration de l’attention sur l’action en cours ; sens du contrôle, perte de conscience de soi
  • Des feedback clairs et instantanés ; clarté du but.
  • Des sensations de contrôle sur les actions réalisées et sur l’environnement ;
  • L’absence de stress, d’anxiété et d’ennui ainsi que la perception d’émotions positives (comme le bien-être, le plaisir).

La psychologie, encore une fois, est le langage moderne des anciennes idées, mais il me semble pertinent de bien décrire cet état que nous retrouvons parfois, pour nous guider vers un meilleur accomplissement de soi.

Dans les contes, les fées sont bien plus que les productrices d’un simple état psychologique : elles sont des appuis spirituels, elles ont un corps et une action dans les contes. Elles ne servent pas l’ambition, le pouvoir ou la richesse matérielle, elles nous aident à devenir nous-même.

Les fées sont les héroïnes des légendes et contes qui, reliés à la grande tradition originelle, forment une voie d’initiation, un savoir ésotérique puissant voilé par un propos enfantin pour nous être accessible dès le plus jeune âge, afin que s’ancrent des mécanismes qui nous seront utiles lors de nos futures traversées du désert (qui ne manqueront pas d’arriver).

En lien, je vous laisse découvrir des contes norvégiens, afin qu’inédits ils puissent vous transporter dans un monde merveilleux qui change de l’ordinaire.  

Sources :

Je m’appuie ici sur le livre d’Edouard Brasey « Enquête sur l’existence des fées et des esprits de la nature » paru en 1996, ce livre reprend ce qui était déjà formulé, dès les années 70, comme critique du monde rationaliste et de la tournure libérale que prenait le Monde, puis sur un article scientifique publié sur le site de base de données scientifique Cairn.fr : Le concept de « flow » ou « état psychologique optimal » : état de la question appliquée au sport Pascale Demontrond et Patrick Gaudreau Dans Staps 2008/1 (n° 79), pages 9 à 21.

Pour en savoir plus sur la créativité je vous invite à lire : La créativité de Mihaly Csikszentmihalyi, ed Robert Laffon, 2009.

Et enfin, un ouvrage référent pour moi : Jung, les racines de la conscience, ed Buchet/Chastel Paris 1971.

l’astrologie

L’astrologie, qu’est ce que c’est ?

« Tenez, voici le vent, qui est la plus grande force de la nature, qui renverse les hommes, abat les édifices, déracine les arbres, soulève la mer en montagnes d’eau, détruit les falaises, et jette aux brisants les grands navires, le vent qui tue, qui siffle, qui gémit, qui mugit, – l’avez-vous vu, et pouvez-vous le voir … »*.

Le Horla de Maupassant, lu dans une vidéo en lien en bas de page ;

Ne fantasmons pas l’étendue des connaissances humaines en matière de science, constituée épistémologiquement de théories n’ayant pas encore été réfutées. Que cela soit du domaine de la biologie, qui s’interroge sur la répartition des motifs sur le pelage des animaux, à la psychologie, qui s’interroge sur le fonctionnement de la psyché humaine, l’explication du monde est théoriquement admise, jusqu’à preuve du contraire.

Je rappellerai ici la théorie de l’induction, explicitée par Karl Popper (La connaissance objective) – la Science n’est pas toute puissante, ni amen de vérité – la philosophie rappelle que l’induction est une manière de raisonner qui consiste à tirer de plusieurs cas particuliers une conclusion générale, il est l’inverse du procédé déductif.

L’astrologie est une science avant tout subjective, et non pas objective. Elle m’apparaît comme un outil apportant des résultats éclairant et précis, à la fois sur le terme de la psyché que sur celui des étapes et rythmes de vie et celui des questionnements spirituels. Toutefois, des quiproquos lui rendent peu justice, comme celui très connu de la confusion des signes et des constellations qui portent le même nom. A l’époque, l’heure n’étant pas à la super spécialisation contemporaine qui donne lieu à la création fréquente de néologismes, il était admis de réutiliser des noms pour autre chose. Cet anachronisme nous conduisant souvent à ne pas parler de la même chose, il est donc nécessaire d’être clair sur la définition sémantique.

Cette science ontologique, c’est-à-dire science de l’être, en d’autres mots cette « science exploratrice du monde du sens », est la somme d’observations emmagasinées depuis des millénaires : du ciel, découpé en 12 segments, puis des comportements humains. La dynamique dont elle fait preuve lui permet une actualisation constante, qui lui fait gagner en pertinence. Aujourd’hui, dans un monde coloré par la domination psychologique et non plus religieuse ou philosophique, il est notable de voir la richesse de cette nouvelle discipline au regard de cette science au travers des ouvrages de Dane Rudhyar, et des notes de Jung à ce sujet.

J’assimile son fonctionnement à celui d’une voiture : tout comme en voiture, nous ne percevons notre déplacement que par l’extérieur constamment changeant, et adaptons en conséquence notre conduite. Nous avons sans cesse besoin d’une carte pour pouvoir nous repérer et avancer. L’astrologie se sert de carte du ciel pour se repérer, et à partir de là se situer.

Pourquoi se situer ? Simplement car il est question ici d’énergie. Nous sommes entourés d’énergie, qu’elle soit solaire, tellurique, qu’elle appartienne à nos voisins comme à des plantes, tous ces systèmes peuvent modifier un état, produire un travail entraînant un mouvement, un rayonnement électromagnétique ou calorique, chacun ayant un impact à son échelle. Pour ce qui est de la Terre, je ferai le parallèle avec mon propre corps : tout comme distinguer les émanations énergétiques de la terre est difficile vu de l’intérieur, je ne verrai jamais de mes yeux mon véritable visage. Et pourtant, plus je me connais, plus j’arrive à vivre en cohérence dans le flou tellurique, l’astrologie étant comme un miroir qui n’a pas forme humaine mais forme cosmique, il me renvoie ainsi à mes origines.

Lors de notre naissance, nous ne sommes pas une page blanche, nous sommes issus d’une famille qui nous a transmis son histoire, avec ses traumatismes et ses forces ; s’incarner a donc ici pour but de révéler notre potentiel : à l’aide de cette carte cosmique unique, nous découvrons une géométrie porteuse de sens. Toute forme permettant la transmission du sens, c’est la forme de notre corps qui nous donne une telle voix.

C’est dans cette dimension poétique que je vois l’astrologie ; non dans un déterminisme calqué sur le modèle de la psychologie (par l’étude des tempéraments), mais comme une association cosmique de l’être, un indice sur sa nature profonde et caché.





Lecture du Horla