Comment ça marche ?

Qu’est ce que le Tarot de Marseille ?

mode d’emploi du Tarot de Marseille

La pratique du Tarot est, dans une première lecture, hermétique ; il faut donc développer une relation de confiance envers celui qui nous tire les cartes. Pour cela, je vous invite à toujours vous renseignez avant de vous livrer à une consultation. Un tirage n’est pas un acte anodin, les mots sont puissants, et celui qui le fait doit en retour de votre confiance faire preuve de responsabilité.

Une vie ne suffit pas pour apprendre l’art de lire les cartes, chaque praticien se place dans une tradition, y ajoute sa part, rendant le Tarot toujours aussi vivant siècle après siècle. Les ouvrages d’apprentissages sont avant tout, des propositions de significations globales pour orienter son intuition et trouver ses propres traductions.

Le Tarot comme langage

Une fois adopté, le Tarot devient notre propre miroir, parlant un langage qui n’est connu que de soi. Le Tarot est visible, palpable, il est l’instrument d’incarnation des archétypes inconscients, sous forme de représentation archétypique. Son but est de révéler ce qui nous trouble inconsciemment pour le mener à la conscience et agir, il nous permet de nous unifier de son « moi » à son « soi ».

En psychologie psychanalytique, le « moi » est une entité emplie de représentations et d’opinions de la conscience collective, il est le mode par défaut de notre logiciel. Ce « moi » s’identifie à ses représentations et pour cela perd de son importance pratique, il est aspiré par les opinions et les tendances de la conscience collective, donnant naissance à l’homme de masse, qui devient victime d’un -isme quelconque. Difficile, à l’époque de la Modernité qui prône l’identification sans réserve de l’individu à « une vérité » unilatérale, et qui de ce fait arrête le développement spirituel. Ainsi, on passe de la connaissance à la conviction ; plus confortable certes, mais d’une certaine façon stérile, alors que le but est le développement spirituel, d’aller vers l’unité de soi, en soi et avec le monde. Comme l’illustre ce poème :

« Sois paisible pour connaître l’absolu.
Sois actif pour connaître l’extérieur.
Les deux surgissent de la même source,
Tout ce qui fait la vie est une totalité. »

Il est nécessaire de se reconnecter au vivant, de se souvenir de notre corps et de l’énergie qu’il a produit ces derniers jours et ces dernières nuits pour simplement nous maintenir en vie. Cette énergie n’est pas seulement corporelle, elle est aussi psychique. La psyché déploie son énergie au travers du mental et de nos interactions avec le monde extérieur « pour le changer ».

« Le changer » peut apparaître sémantiquement un peu fort, et pourtant, Jung, dans les racines de la conscience, illustre ce changement du monde par la bombe atomique. En faisant la comparaison entre la Nature, du point de vue de la physique, qui n’est pas en mesure de faire exploser des formules mathématiques créées par une pure activité psychique et de tuer ainsi 78 000 personnes d’un coup.

La psyché, elle, peut le faire, et l’a fait. La pensée mathématique (fonction psychique) met en ordres les atomes pour qu’ils éclatent ce qu’ils n’auraient pas eu l’idée de faire naturellement sous cette forme.

De ce fait, la psyché est une perturbatrice du cosmos (cosmos régit par des lois naturelles), elle est le pivot du monde. Ce qui importe c’est l’usage qu’on en fait, qui est conditionné par l’état mental du moment.

C’est justement cette psyché qui nous intéresse. La notion se rapproche, dans les civilisations orientales, du qi, l’énergie vitale qui anime le corps, et est donc de fait au cœur de pratiques centenaires tel le qi gong ou le shiatsu, ces deux disciplines partant de mouvements spécifiques guidant l’énergie dans le but d’harmoniser le corps.

J’indique à l’esprit, avec le Tarot, des mouvements spécifiques, par les images, pour harmoniser son énergie, son ombre et sa lumière, et aller ainsi vers l’unité.

Attention aux prophéties

J’attire l’attention sur un point : Le Tarot « révèle » ce qui va se passer si nous continuons le chemin énergétique choisi, en aucun cas il ne révèle l’Avenir.  

Savoir le futur présuppose que tout est écrit d’avance, il n’y aurait donc pas de libre arbitre et donc en définitive pas de responsabilités ; c’est donc la porte ouverte au n’importe quoi. Les véritables prophéties sont rares et dangereuses : telle n’est pas la leçon que JK Rowling insuffle dans sa saga Harry Potter ? Appliquer à la lettre une prophétie érigée en dogme nous conduit à devenir Voldemort, qui passe sa deuxième vie à chasser un enfant, au lieu de réaliser ses dessins originaux.

Jeanne d'Arc

Jeanne d’Arc par les préraphaélites
Bande annonce de Jeanne de Dumont

WARWICK : Pourquoi pas ? Il faut toujours faire une fin. Je vais moi-même me marier.

JEANNE crie soudain d’une autre voix : Mais je ne veux pas faire une fin ! En tous cas, pas celle-là. Pas une fin heureuse, pas une fin qui n’en finit plus…

Elle se dresse et appelle :

Messire saint Michel ! Sainte Marguerite ! Sainte Catherine ! vous avez beau être muets, maintenant, je ne suis née que du jour où j’ai fait ce que vous m’avez dit de faire, à cheval, une épée dans la main ! C’est celle-là, ce n’est que celle-là, Jeanne ! Pas l’autre, qui va bouffir, blêmir et radoter dans son couvent ― ou bien trouver son petit confort ― délivrée… Pas l’autre qui va s’habituer à vivre… Vous vous taisiez, mon Dieu, et tous ces prêtres parlaient en même temps, embrouillant tout avec leurs mots. Mais quand vous vous taisez, vous me l’avez fait dire au début par Mgr saint Michel, c’est quand vous nous faites le plus confiance. C’est quand vous nous laissez assumer tout seuls.

Elle se redresse, soudain grandie.

Hé bien, j’assume, mon Dieu ! Je prends sur moi ! Je vous rends Jeanne ! Pareille à elle et pour toujours ! Appelle tes soldats, Warwick, appelle tes soldats, je te dis, vite ! Je renonce à l’abjuration, je renonce à l’habit de femme, ils vont pouvoir utiliser leur bûcher, ils vont enfin l’avoir leur fête !

WARWICK, ennuyé : Pas de folies, je vous en prie. Je suis très satisfait comme cela, je vous l’ai dit. Et puis d’abord, j’ai horreur des supplices. Je ne pourrais pas vous voir mourir.

JEANNE : Il faudra avoir du courage, petit gars, j’en aurai bien, moi.

L’Alouette de Anouilh.

Bien qu’ayant rencontré Jeanne d’Arc dans ma jeunesse, elle me parut trop galvaudée et éloignée pour la prendre en modèle, mon panthéon personnel préférant s’étoffer de personnages moins connus aux valeurs prégnantes ; telles étaient les pensées de ma prime jeunesse. Comme il en faut bien plus pour convaincre l’énergie cosmique qui a un message à faire passer, elle me renvoya Jeanne d’Arc que je rencontrais à nouveau, adulte, lorsque je l’ai jouée au théâtre dans la pièce d’Anouilh.

Ce drôle de rôle m’interpella : qu’avais-je donc en moi pour émaner une énergie qui rendait le personnage crédible ? Etais-je si proche d’une guerrière du Moyen-Age, moi qui étais plus portée sur les robes que sur les pantalons ?

Devant mon questionnement, mon ami et binôme de travail ne put s’empêcher de me poser brutalement la question : « Pourquoi jouer jeanne d’arc ? » Ce à quoi je lui ai répondu : « Est-ce une vraie question, ou c’est pour étayer la conversation ? »

Dans la mesure où c’était effectivement une vraie question, je lui ai répondu : « je suis la seule qui double sa Foi d’une origine modeste ». Par la suite, j’ai pris conscience de la complexité des enjeux identitaires de mon rôle et des parallèles possibles entre l’actrice et ce personnage historique. J’ai été fascinée par Jeanne d’Arc, femme inébranlable reliée aux mondes invisibles, m’ayant accompagnée dans ma quête spirituelle au travers de son époque, devenant une sorte de talisman. J’ai évidemment vu les films Jeannette et Jeanne de Dumont que j’ai énormément apprécié. Jeanne s’est ainsi ancrée définitivement comme sujet.  

« Il y a plus de preuve de l’existence de Jeanne d’Arc que de la tienne ! », comme vous l’entendrez dans l’interview jointe. Partant de ce fondement implacable, vous (re)découvrirez une des rares figures de Sainte dans notre culture, un personnage hors du commun.

Son armure m’évoque la déesse Athéna, protectrice de l’effort héroïque, déesse de la sagesse. Il y a beaucoup de représentation de Jeanne d’Arc, mais personne n’a peint son vrai visage. La technique moderne ne nous apprendra rien de ses restes, ses cendres ayant été dispersés dans la Seine pour empêcher son culte.

Sa mort n’a pas été crue pas ses contemporains, et longtemps on a pensé qu’elle reviendrait. Malgré que son corps eût été brûlé par trois fois, son cœur résista aux flammes, et devant l’impossibilité de sa destruction fut jeté dans la Seine par le Bourreau.  

Son histoire devînt un mythe, et m’évoque celui de Jésus, mort pour ses idées. Comme s’il fallait être prêt au sacrifice ultime pour faire comprendre à la communauté son évolution implacable, car une fois l’irréparable commis, il y a une prise de conscience et une transformation aussi grande qu’a été la perte.

Pour écouter l’interview de Gerd Krumeich (historien allemand, spécialiste de la Première Guerre mondiale, professeur émérite de l’université Heinrich-Heine de Düsseldorf, vice-président du Centre international de recherche de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne (Somme))

https://www.franceculture.fr/emissions/jeanne-darc-une-rencontre/jeanne-darc-enchainee

Pour retrouver l’intégralité de son procès et autres sources : http://www.stejeannedarc.net/

Contes de Fée et le flow, un chemin vers la spiritualité

Asseyez vous, j’ai une histoire à raconter !

Les croyances aux fées et aux esprits de la nature sont si anciennes qu’il parait démesurément orgueilleux pour un esprit extérieur de les voir ainsi condamnés aujourd’hui par l’esprit rationaliste et matérialiste de l’homme du XIX et XXème siècle. Cette condamnation est principalement la conséquence des subterfuges d’évincement et de diabolisation des mythologies païennes, mis en place par l’Eglise pour stabiliser son pouvoir politique au profit de sa propre spiritualité.

Aujourd’hui, la modernité évince au profit de la science toutes les formes de créatures magiques et irrationnelles, sans remplacer cela par une autre spiritualité. Il devient alors bien plus difficile de trouver ce qui donne un sens à la vie.

La pensée occidentale subit depuis lors un appauvrissement continu en symbole, ce qui pour Jung a un sens : « tout ce sur quoi l’homme ne pensait rien et qui s’est ainsi trouvé privé de connexion avec la conscience tandis qu’elle continuait à se développer, tout cela a été perdu ». « C’est pourquoi les dieux meurent de temps en temps, parce qu’on a subitement découvert qu’ils ne signifient rien, qu’ils sont des inutilités faites de la main de l’homme et taillées dans le bois ou la pierre. En réalité, l’homme a simplement découvert qu’il n’avait jusqu’alors rien pensé à ce sujet de ses images. Et quand il se met à réfléchir il le fait à l’aide de ce qu’il appelle la « raison » qui n’est au fond, rien d’autres que la somme de ses idées préconçues et de ses vues étroites »

L’Homme se retrouve habité alors par des reliquats de folklore et un déguisement de spiritualité orientale, refuge de ceux en mal de spiritualité (dont j’ai fait partie), sans comprendre que les dangers de cette décontextualisation culturelle et sociale l’éloignent d’autant plus de son intériorité. Jung précise qu’il « serait bien préférable de se résoudre à confesser l’indigence spirituelle de l’absence de symbole au lieu de s’arroger une richesse illusoire dont on n’est en aucun cas l’héritier légitime ».

L’Eglise, bien que toujours frileuse quant au petit peuple, malgré l’intégration des sylphes métamorphosés en anges, reste aujourd’hui la gardienne de la spiritualité judéo-chrétienne, avec sa part de magie et d’irrationnel.

A cela, j’ajoute les contes de fées. Issus d’une tradition orale perpétrée depuis des générations ancestrales, ils sont la transmission d’un matériau symbolique extrêmement riche, un enseignement spirituel offert à tous les enfants pour éveiller les hommes qu’ils deviendront. Chaque aventure donnant un prototype de mode d’emploi aux situations qu’ils rencontreront tout au long de leur vie, cela les encourage à cultiver des valeurs telles que la foi, le courage, la générosité et ainsi expérimenter la vie avec toute la force dont ils sont capables.

Bien que la moindre allusion un peu ésotérique sur le sujet semble être jugée instantanément comme de la fumisterie, la culture anglo-saxonne, qui est dominante, n’a jamais mis au banc « Le petit Peuple » (nom donné à toute les créatures magiques, comme les elfes, les fées, les gnomes…), en témoigne aujourd’hui les succès mondiaux des œuvres tels que Game of Thrones, le seigneur des anneaux, ou encore Harry Potter.

Cette vivacité témoigne de l’importance des fées et des différents esprits, car ils représentent le principe de la vie et de la créativité à l’état brut.

Pour mieux cerner ces deux dynamiques, et en particulier celle de la créativité à l’état brut, j’introduis ici une notion de psychologie positive. Cette branche de la discipline s’intéresse surtout à ce qui rend l’humain heureux, l’hypothèse prenant à contre-pied l’habituelle dynamique en étudiant non pas les psychopathologies mais les capacités de résilience de certains, pour trouver les moyens de développer ces qualités chez tout à un chacun.

Pour avoir personnellement expérimenté la créativité au travers de l’art, l’énergie de cette dernière à l’état brut m’a fait penser au « flow ».  Csikszentmihalyi, son auteur, le définit en 1975 comme « un état d’activation optimale dans lequel le sujet est complètement immergé dans l’activité. L’expérience trouve sa fin en elle-même ». Les indicateurs qui indiquent l’expérience sont :

  • Une perception d’un équilibre entre ses compétences personnelles et le défi à relever ;
  • Une centration de l’attention sur l’action en cours ; sens du contrôle, perte de conscience de soi
  • Des feedback clairs et instantanés ; clarté du but.
  • Des sensations de contrôle sur les actions réalisées et sur l’environnement ;
  • L’absence de stress, d’anxiété et d’ennui ainsi que la perception d’émotions positives (comme le bien-être, le plaisir).

La psychologie, encore une fois, est le langage moderne des anciennes idées, mais il me semble pertinent de bien décrire cet état que nous retrouvons parfois, pour nous guider vers un meilleur accomplissement de soi.

Dans les contes, les fées sont bien plus que les productrices d’un simple état psychologique : elles sont des appuis spirituels, elles ont un corps et une action dans les contes. Elles ne servent pas l’ambition, le pouvoir ou la richesse matérielle, elles nous aident à devenir nous-même.

Les fées sont les héroïnes des légendes et contes qui, reliés à la grande tradition originelle, forment une voie d’initiation, un savoir ésotérique puissant voilé par un propos enfantin pour nous être accessible dès le plus jeune âge, afin que s’ancrent des mécanismes qui nous seront utiles lors de nos futures traversées du désert (qui ne manqueront pas d’arriver).

En lien, je vous laisse découvrir des contes norvégiens, afin qu’inédits ils puissent vous transporter dans un monde merveilleux qui change de l’ordinaire.  

Sources :

Je m’appuie ici sur le livre d’Edouard Brasey « Enquête sur l’existence des fées et des esprits de la nature » paru en 1996, ce livre reprend ce qui était déjà formulé, dès les années 70, comme critique du monde rationaliste et de la tournure libérale que prenait le Monde, puis sur un article scientifique publié sur le site de base de données scientifique Cairn.fr : Le concept de « flow » ou « état psychologique optimal » : état de la question appliquée au sport Pascale Demontrond et Patrick Gaudreau Dans Staps 2008/1 (n° 79), pages 9 à 21.

Pour en savoir plus sur la créativité je vous invite à lire : La créativité de Mihaly Csikszentmihalyi, ed Robert Laffon, 2009.

Et enfin, un ouvrage référent pour moi : Jung, les racines de la conscience, ed Buchet/Chastel Paris 1971.

l’astrologie

L’astrologie, qu’est ce que c’est ?

« Tenez, voici le vent, qui est la plus grande force de la nature, qui renverse les hommes, abat les édifices, déracine les arbres, soulève la mer en montagnes d’eau, détruit les falaises, et jette aux brisants les grands navires, le vent qui tue, qui siffle, qui gémit, qui mugit, – l’avez-vous vu, et pouvez-vous le voir … »*.

Le Horla de Maupassant, lu dans une vidéo en lien en bas de page ;

Ne fantasmons pas l’étendue des connaissances humaines en matière de science, constituée épistémologiquement de théories n’ayant pas encore été réfutées. Que cela soit du domaine de la biologie, qui s’interroge sur la répartition des motifs sur le pelage des animaux, à la psychologie, qui s’interroge sur le fonctionnement de la psyché humaine, l’explication du monde est théoriquement admise, jusqu’à preuve du contraire.

Je rappellerai ici la théorie de l’induction, explicitée par Karl Popper (La connaissance objective) – la Science n’est pas toute puissante, ni amen de vérité – la philosophie rappelle que l’induction est une manière de raisonner qui consiste à tirer de plusieurs cas particuliers une conclusion générale, il est l’inverse du procédé déductif.

L’astrologie est une science avant tout subjective, et non pas objective. Elle m’apparaît comme un outil apportant des résultats éclairant et précis, à la fois sur le terme de la psyché que sur celui des étapes et rythmes de vie et celui des questionnements spirituels. Toutefois, des quiproquos lui rendent peu justice, comme celui très connu de la confusion des signes et des constellations qui portent le même nom. A l’époque, l’heure n’étant pas à la super spécialisation contemporaine qui donne lieu à la création fréquente de néologismes, il était admis de réutiliser des noms pour autre chose. Cet anachronisme nous conduisant souvent à ne pas parler de la même chose, il est donc nécessaire d’être clair sur la définition sémantique.

Cette science ontologique, c’est-à-dire science de l’être, en d’autres mots cette « science exploratrice du monde du sens », est la somme d’observations emmagasinées depuis des millénaires : du ciel, découpé en 12 segments, puis des comportements humains. La dynamique dont elle fait preuve lui permet une actualisation constante, qui lui fait gagner en pertinence. Aujourd’hui, dans un monde coloré par la domination psychologique et non plus religieuse ou philosophique, il est notable de voir la richesse de cette nouvelle discipline au regard de cette science au travers des ouvrages de Dane Rudhyar, et des notes de Jung à ce sujet.

J’assimile son fonctionnement à celui d’une voiture : tout comme en voiture, nous ne percevons notre déplacement que par l’extérieur constamment changeant, et adaptons en conséquence notre conduite. Nous avons sans cesse besoin d’une carte pour pouvoir nous repérer et avancer. L’astrologie se sert de carte du ciel pour se repérer, et à partir de là se situer.

Pourquoi se situer ? Simplement car il est question ici d’énergie. Nous sommes entourés d’énergie, qu’elle soit solaire, tellurique, qu’elle appartienne à nos voisins comme à des plantes, tous ces systèmes peuvent modifier un état, produire un travail entraînant un mouvement, un rayonnement électromagnétique ou calorique, chacun ayant un impact à son échelle. Pour ce qui est de la Terre, je ferai le parallèle avec mon propre corps : tout comme distinguer les émanations énergétiques de la terre est difficile vu de l’intérieur, je ne verrai jamais de mes yeux mon véritable visage. Et pourtant, plus je me connais, plus j’arrive à vivre en cohérence dans le flou tellurique, l’astrologie étant comme un miroir qui n’a pas forme humaine mais forme cosmique, il me renvoie ainsi à mes origines.

Lors de notre naissance, nous ne sommes pas une page blanche, nous sommes issus d’une famille qui nous a transmis son histoire, avec ses traumatismes et ses forces ; s’incarner a donc ici pour but de révéler notre potentiel : à l’aide de cette carte cosmique unique, nous découvrons une géométrie porteuse de sens. Toute forme permettant la transmission du sens, c’est la forme de notre corps qui nous donne une telle voix.

C’est dans cette dimension poétique que je vois l’astrologie ; non dans un déterminisme calqué sur le modèle de la psychologie (par l’étude des tempéraments), mais comme une association cosmique de l’être, un indice sur sa nature profonde et caché.





Lecture du Horla

	

Synchronicité

Synchronicité et Paracelsica (1952) & Les racines de la conscience (1953) C. G. Jung

Le Tarot, l’Astrologie et même la Chirologie trouvent leurs sens dans l’enracinement qu’elles ont de commun à la notion de Synchronicité développée par Jung. Ce terme psychologique définit la réception dans la psyché des événements par leurs associations de sens, et non par leurs associations causales.

La psyché naturelle a une essence mystérieuse, elle nous permet de percevoir et de connaître le monde sans avoir conscience d’elle-même.

De prime abord, tout semble être causal. Pourtant, nous fonctionnons parfois de manière associative comme le montre l’exemple de la lecture : l’origine graphique des lettres importe peu, toutefois, bien qu’arbitraire nous y avons mis du sens, ce qui nous permet de communiquer. Nous associons la lettre A, au son A et à la forme A ; qui a un sens dans notre langue française mais qui n’aura pas les mêmes associations dans la langue anglaise.  

Pour replacer dans un contexte psychologique, il s’agit ici d’associer un événement extérieur qui répond à un questionnement intérieur. L’histoire retient l’exemple du scarabée d’or.

Lors d’une séance difficile, avec une patiente un peu trop rationaliste, Jung tente d’avancer en cherchant un indice par les rêves. Il lui demande alors de raconter un rêve qui lui a laissé une impression particulière. Cherchant, elle finit par lui en confier un dans lequel elle reçoit un scarabée d’or. Au même moment, le bruit d’un minuscule choc à la fenêtre interrompt le récit. Jung ouvre la fenêtre et saisit l’insecte, à l’origine du bruit. Il se retourne et ouvre sa main : « Le voilà votre scarabée ! ». Le choc s’empare de la patiente : quelles étaient les chances que cela puisse arriver ? Choc salvateur car il provoqua un déblocage mental qui aida la thérapie à avancer.  

Il s’agit ici de relier les coïncidences qui nous paraissent étrange car chargées de sens pour nous, et dont la probabilité d’arriver était assez faible. Lorsque cette dernière survient, en l’espace de quelques secondes, un choc s’empare de nous suivi d’un sentiment d’unité avec le grand tout.

Jung justifie cet aspect a priori naïf de voir la vérité ultime dévoilée par une manifestation de l’inconscient par l’écart entre la conscience et l’inconscience. En effet, la pensée inconsciente n’est ni apprise, ni soumise à l’arbitraire, et est parfois si probante par son recours aux images primordiales, archétypes, qu’elle influence grandement nos actes de pensées et conceptions, même celle qui concernent la Science.

La conscience, quant à elle, profite d’une autonomie vis-à-vis de la psyché inconsciente, qui la mène toutefois à une dépendance aux mots qu’elle crée et grâce auxquels elle croit avoir saisi une réalité. Par ce travail de « discrimination », l’image du monde se trouve décomposée en une multitude de détails qui entraîne la perte du sentiment originel d’unité, ne laissant que la vision d’une réalité incomplète : la conscience, par une perte de l’instinct, se retrouve en plein refoulement des facteurs psychiques irrationnels.

Néanmoins, lorsque cet instinct est accepté et qu’a lieu cette drôle de discussion avec cet inconscient collectif qui se penche sur notre problématique psychique, le sentiment est tel qu’une recherche vers lui peut s’entamer : c’est ainsi que l’on y voit la vision de la recherche spirituelle, de la création artistique, ou bien encore celle des états mystiques (voir ici les écrits des Saints et des Saintes, sur lesquels je reviendrais plus amplement dans un prochain article).  

En remontant le fil d’Ariane que représente cette théorie, nous pouvons proposer une autre vision de l’homme et de son environnement. Et si nous étions liés de façon acausale au grand tout ? Et s’il n’y avait pas systématiquement de causalité qui nous aveugle parfois dans un rationalisme tant dénué de poésie qu’il mène vers des accès de nihilisme mélancolique ? Et si cette idéologie rationaliste contemporaine qui tend à s’imposer par « le feu et le glaive » au travers d’une foi intransigeante en la raison et l’intellect, rivalisant presque avec l’Inquisition, était surpassée ?

En admettant la théorie de la synchronicité, les liens acausaux qui nous relient au cosmos, nous pourrions admettre des discussions plus vives sur des notions de karma et approfondir d’avantage les récits d’expériences mystiques, pour nous enrichir et nous guider sur le chemin de l’impalpable, l’invisible. Cette ouverture nous amènerait à reconsidérer les mystères de la vie en nous donnant accès à une réalité intemporelle et spirituelle, transcendant le monde des formes et phénomènes qui nous maintiennent dans la causalité.

C’est au travers du Tarot, de l’Astrologie et de la Chirologie que ces moments de synchronicité se révèlent, apportant une idée nouvelle mais qui a du sens pour celui à qui cela est destiné. Le sens est ici primordial, car il conduit à l’authenticité, à exprimer ce que nous sommes avec sincérité ; transformant les rapports entretenus avec soi et le monde en profondeur.  

Unus mundus, monde unifié, réalité unifiée de laquelle tout émerge et tout retourne. Jung.

Récit Alchimique

Psychologie & Alchimie (La vie symbolique : psychologie et vie religieuse C.G Jung)

Historiquement, l’Alchimie apparaît au I et IV siècle (Pseudo-Démocrite ; Zosime le panopolitain et Olympiodore). Puis, est en plein essor aux XVI et XVII siècles (Gérard Dorn et Henri Khunrath).

La dynamique entre le IVème siècle, très marqué par la Grèce Antique et sa philosophie puis du XVIème siècle très marqué par la religion catholique, donne un savoureux mélange à l’Alchimie qui donne par son caractère « mystique » un cachet particulier à cette dernière.

Les connaissance de l’époque des connaissances en matière de chimie, se sont mêlées dans une dynamique pédagogique aux thèmes mythologiques. Cette dimension ajoutée à la chimie lui donnait toute sa poésie.

Poésie que nous retrouvons dans la structure narratives des textes alchimiques ; dans une première partie ils sont la fidèle reproductions d’anciens écrits (un héritages des pairs) puis chaque scripteur y ajoute de sa propre subjectivité symbolique.

Ces symboles tirent leurs origines d’une part des motifs des mythes (exemple : la lune, le jardin d’Eden, l’eau) venant d’un apprentissage conscient puis une autre part inconsciente aux travers de leurs propres expériences de vie.

Nous pouvons mettre en parallèle ici la symbolique alchimique avec la symbolique moderne des rêves, avec un exemple très connue qu’est la pierre philosophale.

Cette pierre a une symbolique identique au mandala. Lorsqu’il se manifeste dans les rêves, il est signe d’ordre et de totalité : ce qui exprime de la part du rêveur une expression de sa personnalité modifiée par l’intégration de l’inconscient. En psychologie moderne, ce facteur thérapeutique est important car il permet de modifier la nature de la conscience et de celle de l’inconscient.

En d’autres mots, en ramenant à la conscience un processus inconscient, nous cherchons le « mal à la racine » pour y guérir un profond traumatisme inscrit dans les profondeurs de notre être.