Sirène

Cette semaine, je vous propose non pas un article traditionnel, mais une lecture du conte de la Petite sirène, d’Andersen.

Pourquoi ce conte : Citadine de naissance, j’ai souhaité activé mon GPS, en partant vivre loin de la ville et plus près de l’océan. L’orientation dans la nature tel est mon défi : dans la forêt ou sous l’océan ! La première fois que j’ai mis la tête sous l’eau, le contraste entre le désert de la surface et la vie qui s’épanouit sous la surface m’enivra à en entendre le chant des sirènes.

Symbole d’une dualité entre vie organique (partie humaine) et vie spirituelle (partie poisson) c’est essentiellement un symbole de la femme et de la guérison. Envoûtante à en perdre la tête et dans un même temps véritable harpie envers ceux qu’elle ne peut pas sentir, la Sirène est une créature double qui m’obsède ces derniers temps.

Je vous partage un lien vers un film que j’ai vu, sur la thématique de la sirène, un très bon conte initiatique, sur la quête de soi. « À Kiryat Yam, petite station balnéaire au nord d’Israël, tout semble s’être arrêté. Lana, 16 ans, s’est jurée de lutter contre l’immobilisme et la résignation. Elle est loin d’imaginer que la rumeur d’une sirène va réveiller sa ville de sa torpeur et lui permettre enfin de vivre. »

Anatomie d’une sirène, pour les curieux.

Contes de Fée et le flow, un chemin vers la spiritualité

Asseyez vous, j’ai une histoire à raconter !

Les croyances aux fées et aux esprits de la nature sont si anciennes qu’il parait démesurément orgueilleux pour un esprit extérieur de les voir ainsi condamnés aujourd’hui par l’esprit rationaliste et matérialiste de l’homme du XIX et XXème siècle. Cette condamnation est principalement la conséquence des subterfuges d’évincement et de diabolisation des mythologies païennes, mis en place par l’Eglise pour stabiliser son pouvoir politique au profit de sa propre spiritualité.

Aujourd’hui, la modernité évince au profit de la science toutes les formes de créatures magiques et irrationnelles, sans remplacer cela par une autre spiritualité. Il devient alors bien plus difficile de trouver ce qui donne un sens à la vie.

La pensée occidentale subit depuis lors un appauvrissement continu en symbole, ce qui pour Jung a un sens : « tout ce sur quoi l’homme ne pensait rien et qui s’est ainsi trouvé privé de connexion avec la conscience tandis qu’elle continuait à se développer, tout cela a été perdu ». « C’est pourquoi les dieux meurent de temps en temps, parce qu’on a subitement découvert qu’ils ne signifient rien, qu’ils sont des inutilités faites de la main de l’homme et taillées dans le bois ou la pierre. En réalité, l’homme a simplement découvert qu’il n’avait jusqu’alors rien pensé à ce sujet de ses images. Et quand il se met à réfléchir il le fait à l’aide de ce qu’il appelle la « raison » qui n’est au fond, rien d’autres que la somme de ses idées préconçues et de ses vues étroites »

L’Homme se retrouve habité alors par des reliquats de folklore et un déguisement de spiritualité orientale, refuge de ceux en mal de spiritualité (dont j’ai fait partie), sans comprendre que les dangers de cette décontextualisation culturelle et sociale l’éloignent d’autant plus de son intériorité. Jung précise qu’il « serait bien préférable de se résoudre à confesser l’indigence spirituelle de l’absence de symbole au lieu de s’arroger une richesse illusoire dont on n’est en aucun cas l’héritier légitime ».

L’Eglise, bien que toujours frileuse quant au petit peuple, malgré l’intégration des sylphes métamorphosés en anges, reste aujourd’hui la gardienne de la spiritualité judéo-chrétienne, avec sa part de magie et d’irrationnel.

A cela, j’ajoute les contes de fées. Issus d’une tradition orale perpétrée depuis des générations ancestrales, ils sont la transmission d’un matériau symbolique extrêmement riche, un enseignement spirituel offert à tous les enfants pour éveiller les hommes qu’ils deviendront. Chaque aventure donnant un prototype de mode d’emploi aux situations qu’ils rencontreront tout au long de leur vie, cela les encourage à cultiver des valeurs telles que la foi, le courage, la générosité et ainsi expérimenter la vie avec toute la force dont ils sont capables.

Bien que la moindre allusion un peu ésotérique sur le sujet semble être jugée instantanément comme de la fumisterie, la culture anglo-saxonne, qui est dominante, n’a jamais mis au banc « Le petit Peuple » (nom donné à toute les créatures magiques, comme les elfes, les fées, les gnomes…), en témoigne aujourd’hui les succès mondiaux des œuvres tels que Game of Thrones, le seigneur des anneaux, ou encore Harry Potter.

Cette vivacité témoigne de l’importance des fées et des différents esprits, car ils représentent le principe de la vie et de la créativité à l’état brut.

Pour mieux cerner ces deux dynamiques, et en particulier celle de la créativité à l’état brut, j’introduis ici une notion de psychologie positive. Cette branche de la discipline s’intéresse surtout à ce qui rend l’humain heureux, l’hypothèse prenant à contre-pied l’habituelle dynamique en étudiant non pas les psychopathologies mais les capacités de résilience de certains, pour trouver les moyens de développer ces qualités chez tout à un chacun.

Pour avoir personnellement expérimenté la créativité au travers de l’art, l’énergie de cette dernière à l’état brut m’a fait penser au « flow ».  Csikszentmihalyi, son auteur, le définit en 1975 comme « un état d’activation optimale dans lequel le sujet est complètement immergé dans l’activité. L’expérience trouve sa fin en elle-même ». Les indicateurs qui indiquent l’expérience sont :

  • Une perception d’un équilibre entre ses compétences personnelles et le défi à relever ;
  • Une centration de l’attention sur l’action en cours ; sens du contrôle, perte de conscience de soi
  • Des feedback clairs et instantanés ; clarté du but.
  • Des sensations de contrôle sur les actions réalisées et sur l’environnement ;
  • L’absence de stress, d’anxiété et d’ennui ainsi que la perception d’émotions positives (comme le bien-être, le plaisir).

La psychologie, encore une fois, est le langage moderne des anciennes idées, mais il me semble pertinent de bien décrire cet état que nous retrouvons parfois, pour nous guider vers un meilleur accomplissement de soi.

Dans les contes, les fées sont bien plus que les productrices d’un simple état psychologique : elles sont des appuis spirituels, elles ont un corps et une action dans les contes. Elles ne servent pas l’ambition, le pouvoir ou la richesse matérielle, elles nous aident à devenir nous-même.

Les fées sont les héroïnes des légendes et contes qui, reliés à la grande tradition originelle, forment une voie d’initiation, un savoir ésotérique puissant voilé par un propos enfantin pour nous être accessible dès le plus jeune âge, afin que s’ancrent des mécanismes qui nous seront utiles lors de nos futures traversées du désert (qui ne manqueront pas d’arriver).

En lien, je vous laisse découvrir des contes norvégiens, afin qu’inédits ils puissent vous transporter dans un monde merveilleux qui change de l’ordinaire.  

Sources :

Je m’appuie ici sur le livre d’Edouard Brasey « Enquête sur l’existence des fées et des esprits de la nature » paru en 1996, ce livre reprend ce qui était déjà formulé, dès les années 70, comme critique du monde rationaliste et de la tournure libérale que prenait le Monde, puis sur un article scientifique publié sur le site de base de données scientifique Cairn.fr : Le concept de « flow » ou « état psychologique optimal » : état de la question appliquée au sport Pascale Demontrond et Patrick Gaudreau Dans Staps 2008/1 (n° 79), pages 9 à 21.

Pour en savoir plus sur la créativité je vous invite à lire : La créativité de Mihaly Csikszentmihalyi, ed Robert Laffon, 2009.

Et enfin, un ouvrage référent pour moi : Jung, les racines de la conscience, ed Buchet/Chastel Paris 1971.

Intelligences multiples

Non pas une mais des intelligences

« Tout le monde ne voit pas les choses comme toi… »

Phrase oh combien agaçante à entendre lors d’une discussion musclée, et pourtant si pleine de bon sens.

Définition de l’intelligence :

L’intelligence est une notion très moderne qui ressort à toutes les sauces. Cependant, en s’attardant sur sa définition précise, la notion semble disparaître dans une nébuleuse de concepts qui s’entrelacent (la psychologie, la biologie, la philosophie, et même la chimie), en oubliant principalement que tout, y compris l’intelligence, s’ancre dans un contexte socio-culturel. Le « self made man » est un fantasme, une société est facteur d’énergie pour la réalisation de chacun de ses maillons. Un individu se définit dans un prisme de conformité sociale (adaptation d’un comportement vis-à-vis de la norme de son groupe social), puis construit son individualité en fonction des normes de sa société.

L’intelligence peut aussi prendre différents aspects que nous pouvons aussi retrouver dans la nature. Pour citer, Michael Roads, dans Talking with Nature, « Au yeux des hommes, le règne végétal est inférieur au règne de l’humanité ; cette croyance les empêche de prendre conscience du fait que l’humanité est une synthèse du règne minéral, du règne végétal et du règne animal. Ils croient que les plantes sont dépourvues d’émotions et d’intelligence consciente. Mais le fait qu’ils ne croient pas à l’existence de l’intelligence des animaux, des plantes et des roches n’empêche pas cette intelligence d’ETRE. »

Alors l’intelligence, qu’est-ce que c’est ? Au plus simple, le mode d’appréhension du réel d’un individu donné, qui s’inscrit dans une dimension innée (hérédité, facteurs sociaux facilitant (un enfant né dans une famille de musicien aura plus de facilité à faire de la musique) et d’acquis (l’utilisation de ses forces personnelles pour apprendre une nouvelle technique. Par exemple, avec passion et discipline, tout le monde peut apprendre à dessiner)). Il y a donc autant d’intelligence que d’individus aux modes de vie différents.   

Pascal Haudressy, Suspended, 2012 © Pascal Haudressy

Elle n’est donc pas un chiffre de QI. Souvent le sujet d’amalgame, le test de QI (Quotient Intellectuel) est un outil pour diagnostiquer un retard ou une avance mentale, principalement chez l’enfant.

Le nombre 100 est une valeur repère qui permet de rendre significatifs les opposés, c’est-à-dire, en dessous de 75 et au-dessus de 125. Entre les deux nombres est la norme. Toutefois, la mesure du QI se réfère principalement à une façon spécifique de « penser » : la plus valorisée dans notre société, c’est à dire l’intelligence logico-mathématique, et non tous les types d’intelligences possible, comme le propose pourtant Gardner en 1983 avec sa théorie des intelligences multiples, qui part du postulat de l’intelligence comme : « un potentiel biopsychologique ; c’est-à-dire que chaque membre de l’espèce a la potentialité d’exercer l’éventail des facultés intellectuelles propres à l’espèce. (Pour plus de renseignement je conseille son ouvrage : Gardner, Howard. Les intelligences multiples. Pour changer l’école : la prise en compte des différentes formes de l’intelligence. Paris, Retz, 1996)  

La psychologie est ici le langage moderne d’une réactualisation d’une perception humaine ancestrale des différentes façons d’appréhender le réel. Il n’est pas question ici d’un caractère, mais d’une façon de procéder mentalement, qui s’inscrit comme composante individuelle dans un tout. En d’autres mots : il s’agit de laisser toutes les expressions de vies s’exprimer de différentes façons au regard des multiples possibilités de forme de vie pour former un tout fonctionnel.

Attention toutefois, sont présentés ici des exemple « type » ; l’humain étant une créature hybride mélangeant avec plus ou moins d’intensité ses intelligences en fonction de ce qui est valorisé dans son expérience de vie et au sein de sa société. Je vous mets en téléchargement un questionnaire assez court afin que vous puissiez faire l’expérience, par vous-même, de l’intelligence la plus prégnante chez vous.

8 formes d’intelligences :

L’intelligence verbale / linguistique :

Utiliser le langage pour comprendre les autres et pour exprimer ce que l’on pense, les phrases sont claires et bien construites. C’est l’intelligence des sonorités.

L’intelligence musicale :

Le langage se fait rythme et mélodie.

L’intelligence kinesthésique :

Utiliser son corps ou une partie de son corps pour communiquer, mais aussi avoir une aisance pour les tâches faisant appel à la motricité fine, ou la compréhension instinctives des activités physiques.

L’intelligence visuo-spatiale :

Se représenter spatialement le monde dans son esprit, elle permet de penser en images harmonieuses.

L’intelligence logico-mathématique :

Le langage se fait chiffres, il s’agit ici de manier les chiffres au travers d’opérations mathématiques pour comprendre les phénomènes complexes grâce à ses capacités de logique, d’analyse, d’observation, pour résoudre des problèmes, analyser les causes et conséquences d’un fait, faire des hypothèses.  

L’intelligence intrapersonnelle :

Se comprendre soi-même, grâce à ses capacités d’introspection, voir ce que l’on est capable de faire, de constater ses limites et ses forces, d’identifier ses désirs, ses rêves et de comprendre ses réactions. C’est aussi la capacité d’aller chercher de l’aide en cas de besoin.

L’intelligence interpersonnelle : 

Résoudre des problèmes liés aux relations avec les autres, grâce aux capacités sociales permettant à l’individu d’agir et de réagir avec les autres de façon correcte, en constatant les différences de caractère, de nature, de motifs d’action entre les individus. Elle mène naturellement vers l’empathie, la coopération, et la tolérance.

L’intelligence naturaliste :

Le langage devient Nature : facilité à classifier, à discriminer, à reconnaître et utiliser ses connaissances sur l’environnement naturel, sur les animaux, sur les végétaux ou sur les minéraux.

Psychologie ?

Définition de la psychologie

La psychologie est une discipline scientifique enseignée en université qui étudie la psyché (ensemble des mécanismes conscients et inconscients qui forment la personnalité d’un individu). Elle étudie le rapport de l’individu face à ses semblables et son environnement, au travers de quatre angles principaux et complémentaires : l’angle clinique, l’angle social, l’angle du Développement et l’angle cognitif. Le programme s’enrichit par l’ouverture vers d’autres disciplines telles que l’ethnologie, la sociologie, ou bien encore la philosophie. Il y a aussi des options complémentaires et obligatoires que sont les statistiques, l’anglais et la biologie.

La lecture des grands auteurs ayant formé la psychologie est fortement conseillée pour comprendre l’essence de l’enseignement (Freud, Piaget, Lacan, Winnicott, Wallon, entres autres). Toutefois, l’enseignement tant à se diversifier en fonction des universités et certains auteurs sont plus valorisés que d’autres.

La littérature et l’art sont considérés comme des déversoirs à névrose, la création et le spirituel n’étant pas au cœur des thématiques étudiées. La discipline tient à être le plus scientifique possible et ne peut donc se permettre des ouvertures qui seraient certes très pertinente, mais qui donneraient en retour à ses détracteurs des armes supplémentaires.

Les enseignants-chercheurs, maîtres de conférences ou doctorants qui l’enseignent, ont pour principale mission sa sauvegarde et sa légitimation. En effet, acculé par bien des sciences « dures » pour son absence de résultats tangibles, elle a alors tendance à avoir un recours parfois excessif aux statistiques et aux neurosciences pour justifier ses résultats. Malgré ces avancées, les biais étant nombreux car le sujet délicat, elle peine à trouver sa place, passant en un battement de cil d’explication du monde à gourou.

Différentes formations pour différents types de psychologues :

Le métier de psychologue s’exerce après une formation universitaire de type master II basées sur une des quatre branches principales, ou sur une sous-branche, qui sont :  

  • Psychologue clinicien : étudie l’individu dans sa psyché individuelle, ses psychoses et ses névroses ; axé sur les techniques thérapeutiques cognitivo-comportementales courtes, qui se proposent de régler un trouble en peu de temps (environs 6 mois).
  • Psychologue clinicien psychanalytique : axé sur les techniques de psychanalyse : transfert, rêves, associations libres, sur les premières expériences fondatrices dans l’enfances. La cure par la parole permet de remonter aux origines d’un trouble pour pouvoir le soigner.
  • Psychologue social : étudie l’individu en groupe : les règles sociales : préjugés, stéréotypes, consommation, agro-alimentaire, formation de l’identité… cherche à expliquer et comprendre les mécanismes qui entrent en jeu lors d’un choix comportemental de l’individu face à la société.
  • Psychologue du développement de l’enfant : étudie les différents stades du développement psychique de l’enfant et de l’apprentissage (davantage fait pour repérer les retards mentaux).
  • Psychologue cognitiviste : étudie les processus mentaux à l’âge adulte : la créativité, l’apprentissage, la mémoire, l’intelligence… cherche à comprendre comment ces derniers fonctionnent, comment les améliorer, et comment détecter une anomalie.
  • Psychologue neuroscience : s’appuie sur la biologie via son étude des systèmes nerveux et endocriniens pour établir un lien avec le psycho-moteur, principalement pour mieux comprendre et traiter les maladies neuro-dégénératives ou bien l’autisme.
  • Psychologue du Travail : très souvent en entreprise, au service des ressources humaines : repense les relations au travail, les méthodes de recrutement et le bien-être au travail.
  • Psychologue du travail/Ergonome : adapte le poste de travail au travailleur et non le travailleur au poste de travail.
  • Psychologue de l’orientation : à l’aide de différents outils, cherche à trouver une adéquation entre le tempérament de l’individu et un emploi en fonction du marché du travail.

La mission principale d’un psychologue est de diagnostiquer. Il travaille le plus souvent pour des institutions afin d’apporter son expertise et aider à une prise de décision plus juste et adaptée. Il se doit de respecter un code déontologique : https://www.aepu.fr/index.php/la-deontologie/18-le-code-de-deontologie

Le psychologue clinicien s’appuie sur le DSM V, qui pourrait se rapprocher dans sa définition du VIDAL. Il permet de diagnostiquer les pathologies mentales rencontrées, il est mis à jour régulièrement en fonction des évolution sociétales et de la recherche scientifique.

Si un psychologue clinicien souhaite exercer en tant que soignant thérapeutique, il lui faudra impérativement avoir obtenu un diplôme universitaire d’une technique particulière dont il aura une connaissance académique.

Autres cursus de formation en psychologie

L’université forme, mais d’autres écoles aussi, avec chacune leurs particularités.

  • Psychanalyste : il peut avoir un master II en psychologie clinique orientation psychanalytique. Toutefois, il est préférable d’avoir fait une école de Psychanalyse, en fonction de la tradition dans laquelle il s’inscrit. Ici par exemple des écoles en fonction des trois grandes traditions : Freudienne : https://epsf.fr/ Lacanienne : http://ecole-lacanienne.net/ ; Jungienne : https://cgjungfrance.com/accueil/devenir-psychanalyste-jungien/ donnant aussi un grade de master II, mais dont la richesse des connaissances est incomparable. De plus, il faut impérativement avoir suivi une analyse psychanalytique pendant au minimum 8 ans.
  • Psychopraticien : se forme par une école (https://www.psycho-prat.fr/) pendant 5 ans, et obtient un grade de master II. Le cursus est beaucoup plus soutenu que l’universitaire et conduit directement à exercer en tant que thérapeute. Il sera ensuite un référent pour les élèves tout au long de sa carrière, cela lui permettant de se tenir informer des avancées du métier.  
  • Psychiatre : est un médecin qui a étudié la médecine pendant 8 ans et qui se spécialise en dernière année de médecine par un cursus de psychologie. Il est le seul à être habilité à délivrer des médicaments. 

Élargir ses connaissances psychologiques

La psychologie fait face ces dernières années à un engouement dû au dogme du développement personnel. Ce dernier visant en définitive à un renforcement de l’égo, il est donc parfois question de nuance et de fausse route quand il se propose en remplacement du développement spirituel, qui vise quant à lui à un abaissement de l’égo.  

Il est possible, comme je l’ai fait, d’étudier la discipline de la psychologie sans forcément finir psychologue. Cela permet l’acquisition d’une grille de lecture pour comprendre le monde, puis sur des bases solides, se constituer son propre point de vue, et reconnaître la valeur des auteurs sur lesquelles s’appuyer avec raison, comme je le fais avec Jung. Cela permet également de distinguer le marasme du développement personnel, et celui de la psychologie de comptoir.

Développer des qualités d’écoute et de compréhension est toujours utile pour tout rapport humain. Ces qualités, qui de priment abord ont une polarité féminine, sont souvent complémentaires dans des milieux qui de prime abord s’orientent plus vers polarités masculines.

l’astrologie

L’astrologie, qu’est ce que c’est ?

« Tenez, voici le vent, qui est la plus grande force de la nature, qui renverse les hommes, abat les édifices, déracine les arbres, soulève la mer en montagnes d’eau, détruit les falaises, et jette aux brisants les grands navires, le vent qui tue, qui siffle, qui gémit, qui mugit, – l’avez-vous vu, et pouvez-vous le voir … »*.

Le Horla de Maupassant, lu dans une vidéo en lien en bas de page ;

Ne fantasmons pas l’étendue des connaissances humaines en matière de science, constituée épistémologiquement de théories n’ayant pas encore été réfutées. Que cela soit du domaine de la biologie, qui s’interroge sur la répartition des motifs sur le pelage des animaux, à la psychologie, qui s’interroge sur le fonctionnement de la psyché humaine, l’explication du monde est théoriquement admise, jusqu’à preuve du contraire.

Je rappellerai ici la théorie de l’induction, explicitée par Karl Popper (La connaissance objective) – la Science n’est pas toute puissante, ni amen de vérité – la philosophie rappelle que l’induction est une manière de raisonner qui consiste à tirer de plusieurs cas particuliers une conclusion générale, il est l’inverse du procédé déductif.

L’astrologie est une science avant tout subjective, et non pas objective. Elle m’apparaît comme un outil apportant des résultats éclairant et précis, à la fois sur le terme de la psyché que sur celui des étapes et rythmes de vie et celui des questionnements spirituels. Toutefois, des quiproquos lui rendent peu justice, comme celui très connu de la confusion des signes et des constellations qui portent le même nom. A l’époque, l’heure n’étant pas à la super spécialisation contemporaine qui donne lieu à la création fréquente de néologismes, il était admis de réutiliser des noms pour autre chose. Cet anachronisme nous conduisant souvent à ne pas parler de la même chose, il est donc nécessaire d’être clair sur la définition sémantique.

Cette science ontologique, c’est-à-dire science de l’être, en d’autres mots cette « science exploratrice du monde du sens », est la somme d’observations emmagasinées depuis des millénaires : du ciel, découpé en 12 segments, puis des comportements humains. La dynamique dont elle fait preuve lui permet une actualisation constante, qui lui fait gagner en pertinence. Aujourd’hui, dans un monde coloré par la domination psychologique et non plus religieuse ou philosophique, il est notable de voir la richesse de cette nouvelle discipline au regard de cette science au travers des ouvrages de Dane Rudhyar, et des notes de Jung à ce sujet.

J’assimile son fonctionnement à celui d’une voiture : tout comme en voiture, nous ne percevons notre déplacement que par l’extérieur constamment changeant, et adaptons en conséquence notre conduite. Nous avons sans cesse besoin d’une carte pour pouvoir nous repérer et avancer. L’astrologie se sert de carte du ciel pour se repérer, et à partir de là se situer.

Pourquoi se situer ? Simplement car il est question ici d’énergie. Nous sommes entourés d’énergie, qu’elle soit solaire, tellurique, qu’elle appartienne à nos voisins comme à des plantes, tous ces systèmes peuvent modifier un état, produire un travail entraînant un mouvement, un rayonnement électromagnétique ou calorique, chacun ayant un impact à son échelle. Pour ce qui est de la Terre, je ferai le parallèle avec mon propre corps : tout comme distinguer les émanations énergétiques de la terre est difficile vu de l’intérieur, je ne verrai jamais de mes yeux mon véritable visage. Et pourtant, plus je me connais, plus j’arrive à vivre en cohérence dans le flou tellurique, l’astrologie étant comme un miroir qui n’a pas forme humaine mais forme cosmique, il me renvoie ainsi à mes origines.

Lors de notre naissance, nous ne sommes pas une page blanche, nous sommes issus d’une famille qui nous a transmis son histoire, avec ses traumatismes et ses forces ; s’incarner a donc ici pour but de révéler notre potentiel : à l’aide de cette carte cosmique unique, nous découvrons une géométrie porteuse de sens. Toute forme permettant la transmission du sens, c’est la forme de notre corps qui nous donne une telle voix.

C’est dans cette dimension poétique que je vois l’astrologie ; non dans un déterminisme calqué sur le modèle de la psychologie (par l’étude des tempéraments), mais comme une association cosmique de l’être, un indice sur sa nature profonde et caché.





Lecture du Horla

	

Pyramide de Maslow et connaissance de soi

Comment comprendre la pyramide de Maslow en la réactualisant ?

«Il y a plus de deux mille ans,
Platon concluait déjà que la tâche
la plus difficile consiste à se
connaître soi-même. Cette vérité
doit être continuellement
redécouverte; ses implications sont
loin d’avoir été pleinement
réalisées.»
Edward Twitchell Hall (1914 -2009)

La pyramide de Maslow : définition par la psychologie sociale :

La psychologie, telle que nous la connaissons et telle qu’elle est enseignée, est très imprégnée d’une pensée pragmatique nous venant des Etats-Unis. Sa naissance contemporaine remonte à la fin de la seconde guerre mondiale, et elle connut son apogée dans les années 60.

La pensée pragmatique inhérente à la psychologie se présente comme une solution plus rapide et efficace que l’ancienne psychanalyse, cette dernière étant à l’époque présentée comme source principale du soin psychique. Le nouvel avantage de la psychologie réside dans une immédiateté de la guérison des symptômes ; toutefois, ne pas guérir le mal à la racine tend à le voir réapparaître parfois plus fortement encore que le trouble qui fut soigné en tout premier lieu.

La pensée d’Abraham Maslow (1908-1970) est à l’image de la psychologie contemporaine. Psychologue américain renommé, il développa une théorie de la motivation en hiérarchisant les besoins humains sous la forme d’une pyramide : dans celle-ci, la réalisation de chaque étage est primordiale pour passer à l‘étage supérieur.

Aujourd’hui, cette pyramide est vivement critiquée, notamment sur son manque de représentation des subtilités formant la complexité de la pensée humaine : différences entre besoins et désirs, importance de la culture…

De plus, son utilisation a franchi les limites du soin psychique pour être utilisé dans les théories de management, car elle permet de façon simple, et sans nécessairement un bagage psychologique, de déterminer un cadre mercantile où positionner l’homme :  mieux connaître les besoins pour y répondre permet de vendre la nécessité.

Maslow lui-même éprouve les limites de son modèle vers la fin de sa vie, en y ajoutant une étape de plus : la transcendance, la recherche spirituelle.

Les besoins de la pyramide sont :

Besoins physiologiques : manger, boire, dormir

Besoins de sécurité : dormir sous un toit, avoir un toit, avoir des ressources financières et affectives.

Besoin d’appartenance : groupe social, ethnie, qui suis-je socialement ? Qui sont mes pairs ?

Besoins d’estime : je vaux quelque chose pour mes pairs, je suis admis et estimé par mon groupe.  

Besoins d’accomplissement : je fais quelque chose d’utile pour mes pairs.

Bonus : Besoins de transcendance : je cherche Dieu.

La connaissance de soi :

Ce dernier besoin pointe ici la connaissance de soi, qui nécessite une certaine stabilité psychique : il est en effet difficile de faire face à soi sans céder au chant des sirènes de la valorisation sociale.

Cette lucidité objective au possible, juge et parti, permet de se sentir authentique dans sa propre vie, et d’ainsi faire des choix qui nous correspondent véritablement, réduisant de fait l’anxiété due au décalage entre ses aspirations profondes et les aspirations sociétales. Ainsi, nous entrons dans ce que Jung appelle le processus d’individuation (sujet d’un prochain article).

La connaissance de soi trouve des appuis spirituels dans la culture occidentale, qui est une lecture gnostique de la Bible (pour rappel, la Gnose est une philosophie qui conçoit que par la connaissance arrive le divin). Cette quête du divin au travers de l’étude des textes sacrés ne se trouve pas être une des formes du prosélytisme chrétien, mais plus une proposition différente au spirituel, permettant de trouver des réponses sur le sens, et de contrer ainsi le danger d’un individualisme chaotique,

Jung fait un rapprochement entre l’effondrement du christianisme et l’effondrement du monde romain : la désorientation spirituelle faisant suite au déclin du paradigme, dans chacun des cas, conduisit l’Autorité à lutter à la fois contre ses ennemis déclarés, et contre la redondance de pensées irrationnelles (pensées magiques) au sein de sa population, qu’elle avait pourtant elle-même prodigué dans ses débuts. Dans les deux situations, il a donc fallu valoriser le rationalisme de l’esprit humain pour se maintenir. Dans le cas de l’effondrement du christianisme, cette dynamique nous a conduit à une rationalisation extrême, autant de la raison que de l’intellect, détruisant de fait toute porte de sortie vers l’irrationnel, et conduisant en guise de finalité à une croyance aveugle dans le scientisme. Paradoxalement, c’est en redécouvrant les textes sacrés de notre tradition chrétienne avec le prisme de la psychologie que nous pouvons y puiser une ressource nouvelle pour le spirituel.

Synchronicité

Synchronicité et Paracelsica (1952) & Les racines de la conscience (1953) C. G. Jung

Le Tarot, l’Astrologie et même la Chirologie trouvent leurs sens dans l’enracinement qu’elles ont de commun à la notion de Synchronicité développée par Jung. Ce terme psychologique définit la réception dans la psyché des événements par leurs associations de sens, et non par leurs associations causales.

La psyché naturelle a une essence mystérieuse, elle nous permet de percevoir et de connaître le monde sans avoir conscience d’elle-même.

De prime abord, tout semble être causal. Pourtant, nous fonctionnons parfois de manière associative comme le montre l’exemple de la lecture : l’origine graphique des lettres importe peu, toutefois, bien qu’arbitraire nous y avons mis du sens, ce qui nous permet de communiquer. Nous associons la lettre A, au son A et à la forme A ; qui a un sens dans notre langue française mais qui n’aura pas les mêmes associations dans la langue anglaise.  

Pour replacer dans un contexte psychologique, il s’agit ici d’associer un événement extérieur qui répond à un questionnement intérieur. L’histoire retient l’exemple du scarabée d’or.

Lors d’une séance difficile, avec une patiente un peu trop rationaliste, Jung tente d’avancer en cherchant un indice par les rêves. Il lui demande alors de raconter un rêve qui lui a laissé une impression particulière. Cherchant, elle finit par lui en confier un dans lequel elle reçoit un scarabée d’or. Au même moment, le bruit d’un minuscule choc à la fenêtre interrompt le récit. Jung ouvre la fenêtre et saisit l’insecte, à l’origine du bruit. Il se retourne et ouvre sa main : « Le voilà votre scarabée ! ». Le choc s’empare de la patiente : quelles étaient les chances que cela puisse arriver ? Choc salvateur car il provoqua un déblocage mental qui aida la thérapie à avancer.  

Il s’agit ici de relier les coïncidences qui nous paraissent étrange car chargées de sens pour nous, et dont la probabilité d’arriver était assez faible. Lorsque cette dernière survient, en l’espace de quelques secondes, un choc s’empare de nous suivi d’un sentiment d’unité avec le grand tout.

Jung justifie cet aspect a priori naïf de voir la vérité ultime dévoilée par une manifestation de l’inconscient par l’écart entre la conscience et l’inconscience. En effet, la pensée inconsciente n’est ni apprise, ni soumise à l’arbitraire, et est parfois si probante par son recours aux images primordiales, archétypes, qu’elle influence grandement nos actes de pensées et conceptions, même celle qui concernent la Science.

La conscience, quant à elle, profite d’une autonomie vis-à-vis de la psyché inconsciente, qui la mène toutefois à une dépendance aux mots qu’elle crée et grâce auxquels elle croit avoir saisi une réalité. Par ce travail de « discrimination », l’image du monde se trouve décomposée en une multitude de détails qui entraîne la perte du sentiment originel d’unité, ne laissant que la vision d’une réalité incomplète : la conscience, par une perte de l’instinct, se retrouve en plein refoulement des facteurs psychiques irrationnels.

Néanmoins, lorsque cet instinct est accepté et qu’a lieu cette drôle de discussion avec cet inconscient collectif qui se penche sur notre problématique psychique, le sentiment est tel qu’une recherche vers lui peut s’entamer : c’est ainsi que l’on y voit la vision de la recherche spirituelle, de la création artistique, ou bien encore celle des états mystiques (voir ici les écrits des Saints et des Saintes, sur lesquels je reviendrais plus amplement dans un prochain article).  

En remontant le fil d’Ariane que représente cette théorie, nous pouvons proposer une autre vision de l’homme et de son environnement. Et si nous étions liés de façon acausale au grand tout ? Et s’il n’y avait pas systématiquement de causalité qui nous aveugle parfois dans un rationalisme tant dénué de poésie qu’il mène vers des accès de nihilisme mélancolique ? Et si cette idéologie rationaliste contemporaine qui tend à s’imposer par « le feu et le glaive » au travers d’une foi intransigeante en la raison et l’intellect, rivalisant presque avec l’Inquisition, était surpassée ?

En admettant la théorie de la synchronicité, les liens acausaux qui nous relient au cosmos, nous pourrions admettre des discussions plus vives sur des notions de karma et approfondir d’avantage les récits d’expériences mystiques, pour nous enrichir et nous guider sur le chemin de l’impalpable, l’invisible. Cette ouverture nous amènerait à reconsidérer les mystères de la vie en nous donnant accès à une réalité intemporelle et spirituelle, transcendant le monde des formes et phénomènes qui nous maintiennent dans la causalité.

C’est au travers du Tarot, de l’Astrologie et de la Chirologie que ces moments de synchronicité se révèlent, apportant une idée nouvelle mais qui a du sens pour celui à qui cela est destiné. Le sens est ici primordial, car il conduit à l’authenticité, à exprimer ce que nous sommes avec sincérité ; transformant les rapports entretenus avec soi et le monde en profondeur.  

Unus mundus, monde unifié, réalité unifiée de laquelle tout émerge et tout retourne. Jung.

Récit Alchimique

Psychologie & Alchimie (La vie symbolique : psychologie et vie religieuse C.G Jung)

Historiquement, l’Alchimie apparaît au I et IV siècle (Pseudo-Démocrite ; Zosime le panopolitain et Olympiodore). Puis, est en plein essor aux XVI et XVII siècles (Gérard Dorn et Henri Khunrath).

La dynamique entre le IVème siècle, très marqué par la Grèce Antique et sa philosophie puis du XVIème siècle très marqué par la religion catholique, donne un savoureux mélange à l’Alchimie qui donne par son caractère « mystique » un cachet particulier à cette dernière.

Les connaissance de l’époque des connaissances en matière de chimie, se sont mêlées dans une dynamique pédagogique aux thèmes mythologiques. Cette dimension ajoutée à la chimie lui donnait toute sa poésie.

Poésie que nous retrouvons dans la structure narratives des textes alchimiques ; dans une première partie ils sont la fidèle reproductions d’anciens écrits (un héritages des pairs) puis chaque scripteur y ajoute de sa propre subjectivité symbolique.

Ces symboles tirent leurs origines d’une part des motifs des mythes (exemple : la lune, le jardin d’Eden, l’eau) venant d’un apprentissage conscient puis une autre part inconsciente aux travers de leurs propres expériences de vie.

Nous pouvons mettre en parallèle ici la symbolique alchimique avec la symbolique moderne des rêves, avec un exemple très connue qu’est la pierre philosophale.

Cette pierre a une symbolique identique au mandala. Lorsqu’il se manifeste dans les rêves, il est signe d’ordre et de totalité : ce qui exprime de la part du rêveur une expression de sa personnalité modifiée par l’intégration de l’inconscient. En psychologie moderne, ce facteur thérapeutique est important car il permet de modifier la nature de la conscience et de celle de l’inconscient.

En d’autres mots, en ramenant à la conscience un processus inconscient, nous cherchons le « mal à la racine » pour y guérir un profond traumatisme inscrit dans les profondeurs de notre être.

Connaître son mythe fondateur

J’ai mis en lien ici, une partie de l’interview de Luc Bigé, grand nom de l’astrologie contemporaine, ce Docteur en Biochimie et Astrologue (qui est président de l’université du symbole : https://reenchanterlemonde.com/). Présente ici le mythe fondateur qui habite en chacun de nous.

Pour le trouvez, une analyse de son thème natale est nécessaire, il faudra y rechercher quelle est la domination, d’une planète ou d’un signe qui ouvre vers la problématique de la carte natale et donc vers le mythe fondateur.

Jung et les archétypes

Les archétypes jungiens :

« L’archétype réside dans la tendance à nous représenter de tels motifs, représentation qui peut varier considérablement dans les détails, sans perdre son schème fondamental. » * l’homme et ses symboles C.G. Jung.

Il faut distinguer l’inconscient personnel, qui se relie à l’affect, à l’intimité d’une personne et à son histoire de vie, de l’inconscient collectif, qui est un « fondement psychique universel et de nature supra personnel présent en chacun de nous ». *

Les archétypes sont des images universelles virtuelles, des modèles hypothétiques qui nous viennent de l’inconscient collectif, via une sorte de résidu structurel d’expériences vécues par la lignée ancestrale, et non par l’individu lui-même.

Jung prend trois exemples, l’ombre, l’anima, le vieux sage.

Je me permets de les illustrer avec des personnages de fiction bien connu issu de la Saga Star Wars

L’archétype de l’ombre : le côté obscure de la force dont Dark Vador est le représentant typique. Submergé par ses émotions, il plonge du côté obscure, pour ne laisser émaner de lui, peur, destruction, violence, avec une redoutable efficacité.

L’archétype l’anima ; la mère : la reine des Naboo, qui est une mère en protection de son peuple puis de ses enfants (elle reste en retrait durant sa grossesse, puis accouche et nomme ses enfants, elle remplit son rôle de Mère dans sa dimension corporelle, de gestation avec un amour maternel inconditionnel.

Le vieux sage : maître Yoda : qui éclaire Luc et les autres personnages sur la voie de la Force. Il est en effet un référent, celui qui explique les règles du jeu métaphysique.

Ces images ne deviennent « vivantes » qu’en tombant en concordance avec le vécu personnel d’un individu. Il faut en effet qu’elles raisonnent en nous. Avant cela, elles exercent une sorte de fascination, en demeurant des entités impalpables et qui pourtant sont senties, tel des « esprits » (au sens spirituel et non intellectuel). Leurs actions, tant qu’elles ne sont pas incarnées, sont tours à tours salutaires ou destructrices.

Ces images sont un héritage, non seulement de nos parents, mais de manière plus lointaine de nos aïeuls, ceux à qui nous sommes liés par une culture commune au-delà d’un arbre généalogique. Ces images sont une totalité, une unité puissante et dangereuse. Elles ne peuvent être approchées en l’état pures : il faut qu’elles « descendent » au travers de la culture, de l’individu, puis de la réalité tangible.  

Et avec le Tarot ?

Jeu à destination du collectif, création anonyme mais collective ; il est empreint de l’inconscient collectif. Il est donc fourni d’archétypes. Ancré dans le monde physique mais référent à des idées abstraites, le tarot est un pont qui permet la descente de l’archétype.

Le tarot comporte des symboles qui peuvent être interprétés de façon multiple, plein de pressentiment et quasiment inépuisable, nous pouvons donc y engager un dialogue symbolique : vivre dans les images et à vivre l’image. Sa structure est généralement dans une dynamique d’aller d’un opposé à l’autre : clarté – obscurité ; perte et gain ; au fil du temps, tout ce qui existe évolue vers son contraire.

Coloré par la culture Judéo-chrétienne, manipulé par l’individu lui-même, les cartes se retrouvent incarnées dans la réalité matérielle de l’individu : l’accès à l’archétype est donc possible de façon optimale.

« Son commencement est presque toujours caractérisé par une impasse ou toute autre situation impossible ; son but est pour s’exprimer en termes généraux, une illumination ou une conscience supérieure grâce à laquelle la situation initiale se trouve surmontée à un niveau plus élevé.»*

Le Tarot est intéressant car il permet la manipulation, littéralement, de ces archétypes et l’ouverture vers un dialogue intérieur où l’inconscient collectif rencontre l’inconscient personnel, puis monte progressivement vers la conscience. Toutefois, la notion d’archétype peut se retrouver dans divers « objets », tel que l’astrologie ou bien le personnage de fiction.

Source :

*C. G. Jung : les racines de la conscience.