Voyant versus Médium : une explication artistique de la voyance. PARTIE 1

Vers une humanité réenchantée

Je vous propose de regarder d’un œil neuf, sans tomber dans un hermétisme mystique, les « médiums » et les « voyants : (clairvoyance, clair audience…) » à l’aube de la post-industrialisation.

La post-industrialisation, comme son nom l’indique, implique un monde après l’industrialisation, que nous imaginons en nous projetant dans une époque au-delà de la modernité, construisant au présent un avenir en regardant devant nous et non pas derrière nous.

Je suis sceptique quant à une marche du monde qui continue vers le libéralisme, s’engonçant dans la poursuite d’un monde désenchanté. Nous traversons différentes crises qui nous montrent un système à bout de souffle dont les valeurs sont dépassées. L’histoire de l’Homme sédentarisé s’étend sur 10 000 ans : au regard de l’âge planétaire, c’est peu. Nous pensons toujours être à la pointe du progrès, mais nous ne savons en réalité rien de l’évolution de l’humanité.

L’Homme se métamorphosera, comme il l’a toujours fait depuis l’apparition des premières formes humanoïdes il y a trois millions d’années, en fonction des aléas de la vie terrestre. Nous avons la même constitution que l’homme de Cro-Magnon. Je pense qu’il ne faut pas aller trop vite, et soigner ce que nous avons à explorer au-dedans avant de se précipiter au dehors. Nous ne savons pas tout du mystérieux, de l’origine des choses, et je pense qu’il ne faut pas renier cette ignorance, mais l’embrasser.

Ce que je propose au travers de ce blog va bien au-delà de la simple voyance par un tirage de cartes ou des prévisions astrales. J’espère aller vers une humanité réenchantée, et non rester désenchantée. Je mets mon savoir et ma pensée intellectuelle au service d’une dimension qui se base sur l’intuitif pour la valoriser et l’ancrer dans le tangible.

Magritte : La clairvoyance 1936

Pour expliciter la voyance et son fonctionnement, je suis partie de cette question simple : quelle est la différence entre un médium et un (clair)voyant ?

En déplaçant sous le prisme de l’art la sémantique du mot « médium » pour mieux saisir sa signification, j’ai ensuite défini sous l’angle de la littérature les visionnaires (clairvoyants), pour dans une troisième partie aller plus loin sur l’intérêt de la voyance, et enfin conclure avec un schéma de mon idée.

Partie 1 : les médiums

L’Histoire retient les visionnaires, l’histoire retient les médiums. Car l’Histoire est une retranscription de la vie du Collectif, alors que l’histoire est une retranscription de la vie individuelle.

Les mediums s’adressent donc à tout un chacun dans sa spécificité individuelle.

Pour en arriver à prendre la forme que je vous présente, j’ai arpenté d’autres sentiers, et c’est d’abord sous le filtre de la peinture que j’ai défini le mot « médium ».

En peinture, le medium est avant tout un liant ; c’est lui qui permet à la peinture de passer de l’état de poudre à l’état de pâte. C’est lui qui permet une osmose qui engage vers un autre chemin. La peinture à l’état de pâte permet d’entrer dans la création de l’image. De tangible nous passons à la réalisation d’une image qui n’a d’utilité que pour les yeux, les mains et le tactile qui l’ont formé sont devenues obsolètes.

Si j’étire cette définition dans le contexte de la Voyance, un Médium (du latin milieu/centre) est un outil, un canal qui diffuse une idée de manière claire et tangible, il incarne l’idée à qui elle est destinée pour faire sens à son récepteur.

Je pense que nous rencontrons des médiums tous les jours, sous forme de « signes ». Des phrases ou des gestes qui font résonance et qui nous changent complètement une idée. Quand on part à sa rencontre, l’œuvre d’art est particulièrement propice à ce genre de phénomènes car nous percevons, dans notre sensibilité, les messages dont nous avons besoin à l’instant T.

Goya, le Colosse 1808-1812

L’Art n’est pas une chose obscure, cachée dans les musées ou les galeries d’art des métropoles qui font des transactions financières dont le but est le placement d’un capital. L’Art est une expression de l’Homme conduisant vers la magnificence du « vivant », de l’être qui vit et qui en a conscience. L’Art n’a pas d’utilité, c’est exactement pour cela qu’il est utile. Il nous permet de ne pas rentrer dans une dynamique uniquement utilitariste, mais nous rappelle l’insoutenable légèreté de l’être (lire le livre éponyme de Kundera).

L’art est un médium vers la transcendance. L’art nous permet d’être notre propre prophète, l’art nous permet de nous guider vers notre singularité en exprimant notre moi créateur.

Le but de l’artiste est de nous guider, au travers de son expérience, vers une conscience d’un sujet plus qu’un autre. C’est un éclaireur poétique qui nous détache un instant de nos préoccupations matérielles pour nous emmener vers l’important, pour ne pas renoncer à notre humanité. À nous de recevoir cette expérience, de l’intégrer et d’apporter un peu de pétillant dans notre vie, un peu de beauté, un peu d’invisible qui soigne l’âme humaine dans sa parfaite imperfection.

Tête de Taureau (selle de bicyclette en cuir et guidon rouillé) Picasso

Pour l’appliquer à un exemple concret, en l’occurrence mon individualité, je vous partage ici mon propre parcours en art qui condense une dizaine d’années d’expériences et de cheminements. Les messages que j’ai perçu dans les œuvres d’art ont éclairé mon chemin de vie en s’incarnant dans ma production, l’un se distinguant toutefois de l’autre. Il n’est pas nécessaire d’avoir la vocation d’artiste pour entrevoir ces messages, ils s’adressent à tout un chacun désireux d’entrer en contact avec sa profondeur et son moi créateur.

Lors de mon premier cours de peinture, on m’a prophétisé qu’il fallait 10 ans pour réellement maîtriser la peinture, comme je pense bon nombre de techniques. Effectivement au bout de 10 ans d’un dur labeur, j’ai répondu à mes questions fondamentales : Que m’apporte la peinture ? Quelle peintre suis-je ?  Pourquoi fais-je de la peinture ?

J’ai beaucoup peint et dessiné, et durant ces moments d’expression artistique, la question qui se posait était : la création du motif est-elle une nécessité ? Pour moi c’est non. Le dessin et la peinture sont des outils qui aident à connaître l’image pour composer une image. Mais voir l’image comme la représentation littérale d’une pensée qui se retrouve explicitée par une figure que l’on reconnaît est pour moi anachronique, inefficiente et juste une valorisation de l’ego de la technique.


 Nazanin Pouyandeh, J’ai été chassée du paradis, 2019, huile sur toile, 160 x 200 cm


Sophie Kuijken, S.I.H., 2019, huile et acrylique sur panneau de bois contreplaqué, 200 × 70 × 5 cm

Par exemple ; ci-dessus des peintures sont ici un objet de représentation, figuratif pourquoi pas mais surtout littéralement illustratif et non une exploration à travers l’image pour qu’elle devienne autre chose, par exemple un questionnement.

Il ne faut pas limiter la peinture à un aspect littéral, la peinture (au sens de l’œuvre) doit être indépendante pour devenir universelle.

Nous ne pouvons pas nier les méthodes de production d’images réalistes comme la photographie et le cinéma mais les condamner, comme la peinture, à une simple reproduction les ampute de leurs possibilités. Un peintre moderne est pour moi Wes Anderson, car la peinture ici se transfigure dans le cinéma, où la création d’images en mouvement est au service d’une histoire, qui est elle-même est au service d’une idée à transmettre. Il y a une adéquation entre le fond et la forme. Le cinéma apparaît alors pour moi comme une réinvention de la peinture, et donc un lieu de création qui me fut soudain peut-être plus approprié.

Autre artiste que je salue, John Baldessari. Il est connu pour son travail conceptuel d’appropriation des images, dans une époque qui en fabrique en quantité astronomique. Ce qui peut paraître évident aujourd’hui est pourtant le fruit d’un long travail de l’image. La peinture, notamment, s’explore par ce biais, jusqu’à en connaître les règles picturales et en éprouver les limites pour aller vers une structure de l’image qui permet une créativité et une pensée exponentielle. Le message que j’ai perçu de son travail était cette déculpabilisation à utiliser les images déjà faites, car j’ai perçu l’idée que « nous ne sommes propriétaires de rien donc propriétaires de tout », et qu’il faut avant tout s’amuser « I’ll not make anymore boring art ».

Vidéo de Baldessari, copiant « ses lignes » Je ne ferais plus d’art ennuyeux

Aujourd’hui, j’ai un savoir-faire professionnel, je peux enseigner le dessin et la peinture et les transfigurer en les mettant au service de mon sujet, au service des « mondes invisibles ». J’ai dépassé l’objet peinture pour créer picturalement avec les outils de mon époque. Je dessine mon tarot et je me tourne de plus en plus vers l’animation, pour ma chaine YouTube, avec un usage diversifié des images, pour être toujours au service de l’histoire. J’utilise et je valorise mes banques d’images, qui sont faites et refaites, et dont vous pouvez voir l’aperçu dans mon Pinterest et dans mon Instagram. J’élargis l’image, je joue avec, et suis très à l’aise avec cela. Ces images « déformées » me servent ensuite à imaginer mes propres images dans mes projets cinématographiques, pour développer et inscrire « une patte ».

Cet immense travail ne s’est pas fait seul, j’ai été très entourée par les vivants comme par les morts, chacun m’apportant le message dont j’avais besoin à l’instant T.

Baldessari 1971

GPS Astral tout droit réservé pour le texte

Processus d’individuation : partie 3 : le soi

Théo Mercier, le Solitaire (détail), 2010, spaghettis, 170 x 200 x 230 cm.

Maintenant que nous avons vu les principales étapes du processus d’individuation, voyons le but : l’individualisation du moi

Le « moi » possède son propre savoir et pouvoir. Toutefois, il peut faire surgir quelque chose de plus flamboyant ; entrer en contact avec le transcendant, sans que n’interfère une doctrine ou un dogme sans nom et qui naturellement nous amène à l’archétype « Selbst », traduit par le Soi, ou soi-même.

Une fois les 4 étapes réalisées, toutes les structures de l’individu commencent à se réorganiser autour d’une nouvelle énergie, « l’archétype cosmique », qui dirige tous les processus psychiques en spirale vers le soi. Il s’agit d’une manière complètement nouvelle et différente de rencontrer notre être propre, indescriptible, qui est le plus intime de notre intimité.  

Le SOI est le pont entre le monde tangible et le monde intérieur, c’est une construction destinée à exprimer une essence non préhensile, qui dépasse notre capacité de compréhension.

Nous entrons ici dans une dimension « irrationnelle » de la vie (qui n’a pas de lien causal, contrairement à la pensée scientifique dominante), le soi est indéfini, il est une sensation à travers laquelle le moi entre en relation avec le soi dans une dynamique d’union.

Jung donne le nom Soi au « Dieu en nous », au « feu central » de notre participation au divin, c’est notre point central. Il n’est pas démontrable scientifiquement car il ne peut être vécu que dans l’intimité du cœur, il représente une notion « hors limite » du fait de sa propre transcendance.

Le Soi transfère vers un autre lieu le centre psychique, ce qui bouleverse en la renouvelant complètement la personnalité, et en transformant radicalement l’attitude envers la vie, car une nouvelle conscience émerge ou l’objet et le monde extérieur sont dans une relation indissoluble. Non que cela signifie un arrêt définitif de la souffrance, les conflits et la souffrance sont intrinsèques à l’humain, vouloir y échapper peut conduire à la maladie, mais l’être singulier ne cède plus à la sensiblerie des événements, il est affecté dans les plans inférieurs et non dans les plans supérieurs. Dans ce que les anciens appelaient « la force d’âme », que l’on pourrait traduire aujourd’hui en « force morale ».

Cette dernière donne la force de nager à contre-courant des valeurs collectives. La cohérence avec le Soi étant plus forte que la volonté de satisfaire autrui et ses désirs sur ses propres actions.

Il est alors possible de vivre en harmonie avec le cosmos, de vivre une fraternité mystérieuse avec les animaux et les dieux, les cristaux et les astres. Peu sont nombreux à franchir cette étape, car « ce sentier est aussi étroit que le fil de la lame ».

Processus d’individuation : partie 2 : Archétype Sexuel et Archétype de Lumière

“Aislarse” (2001), acrylic on linen. All images © Tomás Sánchez

Dans le précédant article, nous avons vu que le processus d’individuation se composait d’un déconditionnement de notre persona, de nos principes, ce ménage permet de différentier ce qui est à soi de ce qui ne l’est pas, de voir l’impact de ses conditionnements pour tendre vers une universalité de la condition humaine. Puis vient ensuite l’acceptation de ses parties sombres afin de les accueillir à soi pour être davantage unifié, et non la victime de ses propres projections. Nous retournons le miroir vers soi et non plus l’autre.

Vient à présent les deux étapes finales, cet autre justement que nous devons apprendre à voir au-delà de nos conditionnements des premières expériences de vie, puis l’archétype de la lumière, ou en d’autres termes, l’expérience de la métaphysique.

Lonely Island Guilhermo Garcia

III/ La troisième étape : La rencontre avec l’archétype sexuel : (persona + ombre) et l’inconscient collectif

L’ombre et la persona sont les deux faces d’une même médaille. L’archétype et l’ombre forment aussi une union, celle d’un pont entre la singularité de l’individu et le collectif.

Il est de sexe opposé à celui de l’individu : Pour un HOMME cela sera l’ANIMA. Pour une FEMME cela sera l’ANIMUS.

L’ANIMA

Ce n’est pas une image concrète de la femme, mais une accumulation énergétique de « féminin » que porte tout homme intérieurement.

Dans les premiers temps de la vie, c’est la Mère qui endosse l’anima, puis au fur et à mesure de la vie, cela sera d’autres femmes rencontrées qui donneront forme à l’anima.

Pour se libérer de l’image maternelle, l’homme devra suivre un rite initiatique, puis affronter les archétypes sexuels masculin (Mars) et féminin (Vénus) ; ainsi, l’individu cesse de s’identifier au sexe, et l’archétype perd son pouvoir de fascination. Anima et animus se transforment alors en véhicules d’inspiration et de créativité.

L’anima est aussi la sage et lumineuse conductrice de l’homme qui, loin de l’attirer vers le bas, est sa muse inspiratrice.

L’individu sera capable alors d’éprouver un amour très profond car il reconnaît son partenaire en tant qu’autre individu, et n’est pas aliéné par la projection de l’archétype sexuel. Il ne se confond pas dans l’autre, avec lequel il créé la juste distance.

L’ANIMUS

Le schéma est inversé, c’est l’énergie « masculine » intérieure de la femme, porté dans un premier temps par l’image du père. Une fois la libération effectuée et l’affrontement aux archétypes sexuels résolu, l’amour profond sera possible. L’animus, comme l’anima, sert de médiation entre la singularité individuelle et le collectif.

L’animus est aussi le créateur, le procréateur, soit la semence intérieure créatrice de la femme que le féminin de l’homme peut féconder.

IV/ La quatrième étape : La rencontre avec l’archétype lumière, TRANSCENDANCE ; inconscient collectif

C’est le surnaturel, ses symboles sont la luminosité et la force. Cette force provenant des différents mondes spatio-temporels imaginables, qui sont à la source du pouvoir et de la connaissance, provoquant autant d’effroi que de fascination.

Ses symboles sont différents chez l’homme et chez la femme.

Chez l’homme, il se symbolise comme la Sophia ou l’antique connaissance spirituelle.

Ses imagos sont le vieux maître, le sage ensorceleur (Merlin l’enchanteur), médiateurs entre notre monde et ce qui se trouve hors du temps et de l’espace.

Ou bien sous forme de feu (Zarathoustra de Nietzsche ; buisson ardent de Moïse) ou bien de fontaines de lumière, personnifiantes et vivifiantes. Ou encore sous la forme de l’ange.

Chez la femme, il se symbolise comme la connaissance de la nature, comme la magna mater, l’antique sagesse qui représente la formation des origines de l’individu : l’homme comme esprit transformé en nature et la femme comme nature imprégnée d’esprit.

Processus individuation : partie 1 : La Persona et L’ombre

Les concepts principaux de l’individuation :

La rencontre avec soi-même est un chemin tortueux et semé d’embûches que nous mettons nous même au point pour ne pas sombrer dans la folie des pulsions inabouties. Cette quête de sens n’est pas une fatalité, mais une libération pour un accomplissement de l’évidence au travers de la connaissance de soi.

L’introspection est cette capacité à sonder son intériorité à la recherche de ce qui gratte, ce qui brûle, ce qui est à vif et d’y appliquer un baume froid et relaxant qui nous permet de gagner en sagesse lors de prochaines interactions sur les sentiers de la vie. Cette capacité introspective permet de se connaître en profondeur, de toquer aux portes de l’inconscient en utilisant les rêves et l’imagination libre. Ces informateurs sont, avec leurs symboles, les véhicules d’une énergie qui peut être assumée par le moi. Les symboles sont les expressions ou le langage des archétypes. De plus, ils sont des avertissements, ils nous corrigent quand nous ne menons pas à bien certaines tâches que nous devons les réaliser.

Dynamique du processus d’individuation :

« Qui suis-je ? » « Connais-toi toi-même », sont entre autres des questions, des maximes simples d’apparence, mais mettant en jeu des dynamiques insoupçonnables de l’être pour sa réalisation, qui est la résolution de ses propres contradictions par mouvements progressifs et régressifs.

La réalisation des contradictions mène à la différentiation, « « je » deviens singulier ». Les mouvements progressifs permettent de s’adapter au mieux, d’augmenter la capacité discriminative, mais fait perdre en force de vie. Le mouvement régressif, reflux vers l’intérieur de soi, fait gagner en force vive mais fait perdre en différenciation. Ces mouvements sont complémentaires et générés par l’introspection. 

Le processus d’individuation se recoupe en quatre étapes :

Ce que nous sommes, avant toute introspection, est une somme de principes qui nous maintiennent dans l’illusion d’une identité qui est pourtant loin d’être la nôtre. Pour s’unifier de son « soi » à son « moi (égo) », Jung a explicité le processus d’individuation. Car nous naissons décentrés, et pour ne pas rester toute notre vie esclave des masques sociaux, il faut parvenir à l’authenticité de soi-même.

Arnaud Lapierre and Andrea Giadini (https://vimeo.com/user49063653)

I/ La première étape : « Je suis un inconnu et je me cherche »

La découverte de la persona : le conscient.

L’organisation de la personnalité est influencée par l’environnement, les principes éthiques de sa propre culture, époque, et permet à l’individu une adaptation optimale aux multiples situations. Pour « être au monde » il assume un masque qu’il joue dans chaque interaction sociale, ce dernier lui est fournis par la persona. La persona structure ses élément autours du « moi », ce noyau dur de la continuité de l’identité qui est condition de la conscience.

Afin de se plonger à sa propre rencontre, il faut donc se déconditionner de sa persona. Pour ce faire, nous avons à notre porte les rêves et l’imagination libre. Nourri d’une symbolique, ils véhiculent une énergie qui peut être assumée par le moi et nous guident vers ce qui doit être réalisé, ainsi ils s’intègrent à la conscience.

II/ La deuxième étape : la rencontre avec l’ombre :

L’ombre : contient les exigences et les désirs qui demeurent hors de la conscience.

L’ombre est le subconscient individuel.

Elle se compose de :

  • Ce qui est réprimé par la persona parce qu’elle le considère comme négatif.
  • Ce qui est déprécié par la persona, car non valorisé par son entourage social, culturel, pour son individualité : les talents cachés.
  • Les possibilités opposées de son tempérament (Un introverti garde en ombre de l’extraversion).

Toute ces qualités sont organisées dans un système autonome ou anti-égo par rapport au « moi » de la persona qui peut s’opposer à elles. Comme son nom l’indique, l’ombre se projette souvent sur autrui, en lui attribuant ce qu’il ne nous plait pas de reconnaître en nous-même (critique, attaque), les défauts de l’autre sont une composante de notre ombre.

L’ombre à toujours le même sexe que la Persona. Sa fonction positive est de compenser la persona. Nécessairement il faut s’unir à son ombre, cultiver ses caractéristiques pour enrichir son « moi » d’énergie et d’harmonie. Plus elle sera mise au banc de soi, plus elle deviendra autonome, et plus elle prendra de l’énergie qui affaiblira le « moi ».

En acceptant sa rencontre avec l’ombre, nous acceptons l’autre partie sans attitude de refus ni d’auto justification. Ainsi nous devenons plus compréhensifs, plus fraternel, plus impartial. Le bien et le mal sont relativisés et le grave défaut de l’autre est vécu également comme un grave défaut personnel.  Il y a dépassement du dogmatisme moral ou antimoral.

Conférence : l’astrologie, pour quoi faire ? Luc Bigé

Dans mon étude de l’Astrologie, j’ai lu beaucoup d’auteurs.

Présentation de Luc Bigé

Je vous présente aujourd’hui, Luc Bigé, Docteur en Biologie et astrologue, ayant une approche pédagogique et accessible de l’astrologie. Avant d’entamer des grands noms de l’astrologie, je le trouve simple et efficace en première intention pour fonder ses bases sur une astrologie actuelle.

Son approche et sa connaissance du monde de la science lui permettent de trancher sur ce qui distingue les deux approches du savoir, du sens, sans jamais devenir dogmatique. Cette pédagogie développée, j’aime son approche aux racines biologiques de par sa formation, c’est son filtre premier, qui éclôt avec les mythes. J’aime son rapprochement rendant vivant le mythe, le mettant à notre niveau. Comme un train qui s’arrête pour nous emmener avec grandiloquence vers un monde réenchanté.

Je partage sa vision sur le ré-enchantement du monde, sur le sens qu’il faut y apporter au-delà du matérialisme ambiant qui appauvrit l’âme.

J’ai trouvé sa conférence très claire et pédagogique pour bien comprendre ce qu’est l’astrologie, sans faux-semblant, notamment par exemple sur cette confusion répandue entre les signes et les constellations. La conférence est en trois parties de 45 minutes, puis sur la dernière il y a 20 minutes de questions.

Qu’est l’astrologie et en quoi cela peut nous être utile?

Tout d’abord l’astrologie se base sur un langage symbolique. Ce symbolisme se base sur une découpe du ciel en 12 parties de 30 degrés chacune, pour l’astrologie occidentale. Ce zodiaque est composé de signes, de planètes, de maisons. Les planètes sont des processus psychologiques, les maisons des rotations de la Terre sur elle-même (aspects relation entre deux planètes, deux fonctions psychologiques). Tout cela étant dynamique et relevant d’une évolution du monde de sens.

Il faut différencier l’outil qu’est l’Astrologie de libération ; de la science qui est un outil de description des mécanismes d’une fatalité du monde (liens causaux).

L’astrologie est une libération car il y a un recentrage sur soi. En rendant le subjectif objectif, il est permis de manière fluide de trouver ses propres rythmes. Elle nous aide à comprendre le sens de nos conflits et à entreprendre pour dénouer les choses en profondeur.

Il n’y a pas de vérité absolue, mais une reconnaissance de sa vérité intime.  Cela nous conduit naturellement vers une tolérance qui n’est pas de la morale mais de la pure perception de la réalité du monde du sens.

L’éthique fondée sur le sens, pour le comprendre il faut l’imaginer sous la forme d’un triangle isocèle aux 3 angles aigus :

Le sens comme construction (lois causales) ; émergence (synchronicité) : transcendance du sens (Hegel).  

Le sens est partout, il faut simplement entrer en résonance avec lui au moyen de sa sensibilité. Celle-ci permet l’émergence du sens, révèle la qualité de notre organisme biologique à la conscience que l’on a du corps sur plusieurs niveaux :  

Niveau socioculturel : le monde qui nous entoure, qu’il faut accueillir comme des conditionnements.

Niveau individuel : aller vers le cœur de son être, c’est-à-dire se déconditionner.  

Niveau Trans-personnel : sens de l’évidence.  

Enfin, pour citer une philosophie Grecque sur la Liberté et le Destin : Ma grande liberté est de pouvoir accomplir mon destin, avec joie.

Une rapide présentation du Zodiaque qui est un tout :

Tout commence par le signe du Bélier : la force du soleil va commencer à croître ; deux forces se côtoient : la lumière qui permet la différentiation ; et l’ombre qui permet l’harmonisation. L’énergie du bélier est ce désir de fascination de puissance de vie, de conviction, de mettre en terre des choses, traverser la mort pour faire germer la vie. Un exemple de l’énergie Bélier : Descartes.

Taureau : l’enracinement, lente maturation dans la densité de soi-même ; Un exemple : Karl Marx.  

Gémeaux : diffuser, fascination de la connaissance intellectuelle et relationnelle, riche moisson de l’information, exemple : George Bush Père.  

Cancer : recentrer cette richesse d’information pour la faire sienne, naissance du sujet, exemple : Proust

Lion : rayonnement personnel, extérioriser la riche sensibilité du cancer, exemple Napoléon  

Vierge : corriger les excès du lion, la perfection, être « parfait »

Balance : la force de nuit est plus importante, conscience du déséquilibre, s’harmoniser avec le monde

Scorpion : Prise de conscience que nous ne sommes pas deux dans une interaction mais quatre (2 consciences et 2 inconsciences) : mettre en lumière les grandes énergies des non-dits, (ceux de notre société moderne : argent – sexualité – rapport des pouvoirs). Un exemple : Freud (ascendant scorpion) ; Delacroix.  

Sagittaire : organiser par des lois, dans la quête de sens, de révéler le sens, exemple Hegel ou Leibniz.

Capricorne : structurer, sens du devoir, responsabilité, rapport à l’Etat, rapport à l’autorité, politique, par exemple Mao, Richard Nixon, ou encore les tables de la loi de Moïse.  

Verseau : étouffé dans la règle, et donc désire renverser la règle du capricorne pour apporter de la nouveauté, celui qui se met au service du social, conscience de groupe, c’est un introverti qui fait de l’extraverti, il y a une forte générosité intellectuelle mais en revers de la médaille un grand sentiment de solitude. Par exemple, Barack Obama, Che Guevara.

Poisson : Rendre sensible les idées du verseau, hyper sensibilité psychique, sensibilité profonde aux grandes énergies qui entourent le monde, par exemple Thérèse D’Avila (qui était Bélier mais avec beaucoup de Poisson dans son thème)

Cette présentation conclut que le Zodiaque est une dynamique de logique de sens.

Intuition

L’intuition est difficilement définissable, de par son originalité intrinsèque et son fonctionnement. Elle est aux antipodes de la pensée dominante valorisant la fonction intellectuelle, logique, analytique et causale.

Une fonction n’est pas meilleure qu’une autre, elles se complètent. Toutefois, la pensée dominante, trop mise en avant, conduit à une quête frénétique de la maîtrise des lois causales, pensant de ce fait retarder sa désintégration. Comme toute chose, elle est vivante, et comme toute chose elle devra mourir.

De cette dynamique émane une angoisse, cachée par la cupidité et l’impérialisme. L’intellect est exacerbé dans sa fonction de réduction et de discrimination, séparant les parties du tout et passant à côté de sa créativité.  

Pour retrouver cette créativité, il est donc indispensable de se connecter à son intuition.

L’intuition, selon D. Rudhyar (l’astrologie de la personnalité), est cette capacité à s’identifier au pouvoir créateur du temps. De voir toute situation nouvelle dans sa globalité, et y réagir instantanément.

Pour Jung : « c’est une sorte d’appréhension de n’importe quel contenu, subitement et de forme définitive ».  

L’intuition est la perception holistique, la conscience de l’être : la faculté de prendre conscience de l’identité (intégrité) d’un tout.

 Rachel Rose, Autoscopic Egg, 2017, installation unique, œuf en résine et vidéo.

L’intuition est impalpable, ce qui la rend difficilement appréhendable, comme le sont également les sensations. Toutefois, ces dernières sont toujours fragmentaires, et recourent à une logique causale pour assurer leur coordination, ce qui est dans une certaine mesure un fonctionnement parallèle à la fonction intellectuelle.

L’intuition ne repose pas sur la logique causale.

Elle est une assimilation qui passe de l’inconscient au conscient et est donc indissociable de l’image mentale de l’objet concerné, prenant tout son sens par rapport à elle.

Faire preuve d’intuition, c’est donc faire preuve d’un esprit de synthèse pour qui le tout prévaut sur les parts : le psychologique sur l’intellectuel : de mécaniste, l’esprit devient holistique.

Une fois que l’esprit cesse de discriminer les objets, il s’intériorise. De ce fait, il « sent » la force vivante de l’instant à travers les symboles. Ainsi les rêves, visions mystiques, astres, cartes, chiromancies, recouvrent un sens. Il devient dès lors possible de devenir interprète et prophète car le monde devient un ensemble signifiant. L’intuition devient certitude comme l’instinct à l’animal, et se pénètre de l’énergie créatrice de tout.

L’intellect ne connaît une telle certitude qu’en la logique et les mathématiques pures.

L’animal interprète son instinct parce qu’il s’est identifié dans l’instant à ses besoins, mais en toute ignorance.

Nul système symbolique est nécessaire avec une telle intuition.

La question se pose lorsqu’il s’agit de communiquer à propos de ce qu’elle a à dire ; de ce point de vue, il devient une nécessité de faire appel à un système interprétatif composé de symboles, qui deviennent, pour nous ici présent, le langage des astres, de la chiromancie ou des cartes du tarot, basé sur la logique intuitive et sur la cohérence fonctionnelle, faisant appel à une logique intuitive authentique, aussi logique que la logique intellectuelle. Elle reste créatrice, sans être pour autant rigide et irréductible, et ainsi devient une fonction de la vie dans son évolution.

A l’image de la logique de l’instinct, elle s’adapte à des situations et des plans d’existences nouveaux. Ses formes sont multiples, mais son essence reste inchangée.

Lecture hypnotique de la sirène : méditation guidée pour se relaxer.

Cette semaine, je vous propose de continuer avec les sirènes, je vous raconte une histoire pour vous relaxer.

Il y a quelques années, j’ai vu passer sur le Net des femmes qui exerçaient littéralement le métier de sirène. L’idée m’a plu, et quand est venu le moment d’écrire un scénario, naturellement m’est venue à l’esprit la phrase « mais dites-moi, que penseriez vous d’introduire un personnage « sirène »? » L’idée plut autour, et la sirène s’incarna.

Elle n’avait pas pour autant dit son dernier mot, j’ai déménagé en bordure de l’océan et les mythes qu’elles nourrissent sont devenu chaque jour un peu plus vivant.

Exerçant sur moi leur fascination, j’ai recherché leur profonde symbolique et leurs représentations diverses qui sont entres-autres : l’amour, la beauté, le mystère, l’intimité, la sensualité, les émotions, la féminité, la persuasion et la perception. Elles sont souvent associées aux divinités tel qu’Amphitrite, Téthys, Calypso et Ranh et évidemment Aphrodite, ainsi qu’aux Ondines.

La sirène incarne la dualité entre la vie organique et la vie spirituelle, en soulignant les aspiration spirituelles (partie poisson) : élevées mais qui sont souvent empêchées par des pulsions de la matière (partie femme – vie organique). Ainsi que le pouvoir et l’indépendance des femmes.

Autrefois, elles incarnaient différentes croyances ; celle de la guérison, (par prière au divinités féminines à proximité d’une source d’eau) ; des pouvoirs surnaturels (par l’usage d’un peigne en arête de poisson (qui contrôle les tempêtes)) ; invisible, car connaissant à la perfection le cœur des hommes, elles se laissent voir seulement en présence d’un véritable cœur pur, à l’aube ou au crépuscule, heures traditionnelles entre le jour et la nuit où toutes les visions sont possibles. Ces deux moments de transition de la journée marquent le début et l’arrêt des actions en court, cet instant fugace ou l’esprit prend conscience de ses propres limites.

Il y a deux représentations de sirène. Dotée d’une queue, elle représente « l’ombre » : les voluptés du monde et le mal en général, avec comme arme létale son chant.

Avec deux queues : elle représente la fécondité (l’eau est source de vie) : lorsque elle les relève, elle met en lien gestation et naissance.

Le conte est issu de la tradition orale, il est riche d’une multitude de significations, à mon tour je vous le transmet de manière orale à ma façon.

La sirène est pour moi une enseignante de l’amour, au cœur des profondeurs de l’océan (symbolique de l’inconscient). Elle permet par ses mouvements hypnotiques de faire comprendre de manière corporelle un enseignement parfois trop abstrait par les mots ; j’ai voulu retrouver ces mouvements d’ondulation par la réalisation d’un texte qui se base sur la relaxation, où son propre souffle devient l’ondulation marine. L’intégralité du conte se concentre sur la relaxation pour rejoindre dans la douceur son « moi profond », je l’ai adapté pour qu’il puisse transmettre une notion d’amour. Je vous laisse le découvrir, en prenant soin en premier lieu de vous allongez ou de bien vous caler dans votre fauteuil.  

Les écrits des Saintes : Partie 1 : Hadewijch d’Anvers

Une ressource spirituelle

Dans les périodes particulièrement difficiles, les ressources les plus importantes sont avant tout mentales, pour tenir le cap sans sombrer dans la déprime. Avec le temps et l’exploration des différentes écoles du sacré, j’ai constitué mes propres supports, sur lesquelles je m’appuie.

Avec le recul d’une adulte, je redécouvre la Bible et certains écrits théologiques lié, pour mieux cerner ce texte sacré, à la fois vestige et fondateur. Je relis également les écrits des Saints, ces êtres de chair ayant réellement existé me fascinent. Leurs écrits étant difficiles à comprendre et manquant de romanesque, la redécouverte se fait ponctuelle, par morceau choisi, selon les besoins du moment. Je laisse les pages se tourner et me guider vers ce que je dois méditer. Ils renvoient à une autre époque de nos origines judéo-chrétienne, pour trouver ceux avec qui je parle un langage commun.

Une béguine pas comme les autres

Parmi mes lectures, il y a Hadewijch d’Anvers, une femme ardente (texte choisis et présentés par Charles Juliet).

Cette mystérieuse femme du Moyen-Age, qui aurait vécu au XIIIème siècle dans une région regroupant la Belgique, les Pays-Bas, le Sud de l’Allemagne. Béguine affranchie, elle s’est élevée seule, sans guide spirituel, explorant par ses propres moyens les sentiers menant à l’extase.

Cette expérience corporelle qui se dissocie de la pensée (au sens raison) est une sensation démultipliée de bien-être ressenti dans toutes les parties les plus infimes de son corps, d’amour absolu. Un amour tel qu’il mène sur les sentiers inexplicables du divin en union total par le corps et l’esprit affranchi de l’égo (Quelques exemples concret qui décriraient cet état : La sensation corporelle d’un plaisir intense et permanent. La cessation totale de toute peur, de toute angoisse. Une confiance absolue dans la vie, dans la création).

Femme qui avait la connaissance du vrai et qui était dans l’exigence du vrai, elle dédia sa vie à ses moments qu’elle appelle l’Amour, elle écrit des poèmes et des lettres ou elle raconte son attente. L’Eglise ne l’a jamais béatifiée, elle n’est officiellement pas une Sainte, ce qui n’empêche pas ses écrits d’être portés par une vérité spirituelle qui entre encore en résonance des siècles plus tard.

En espérant qu’elle vous inspire.

Lettre 12 :

L’homme qui ne prend nul repos et n’accepte nulle consolation étrangère, et s’efforce à tout heure de satisfaire à l’Amour, commence sur terre la vie éternelle.

[…]

L’Amour est à lui-même satisfaction plénière et parfaite récompense. Mais souvent aujourd’hui on fait obstacle à l’Amour et c’est par maintes injustices que ces droits sont blessés. Nul ne veut renoncer à ses penchants pour l’honneur de l’Amour : on veut aimer et haïr à son gré, s’indigner et pardonner selon ses goûts, non point comme l’exige la charité fraternelle.

[…]

C’est grande pitié pour nous de voir les hommes s’égarer mutuellement, et de nous charger avec cela des conséquences de leurs erreurs, au lieu de nous aimer à aimer notre Amour.

[…]

Il nous est ordonné de vaquer jour et nuit à l’Amour, lui vouant sans réserve de notre cœur et notre âme, nos sens, nos facultés, nos pensées.

[…]

L’incendie éclatera chez les autres dès que vous-même serez en flamme. C’est ce qui convient à votre charge : incendiez les éteules arides par votre exemple, votre façon d’être.

[…]

Hâtez-vous d’aimer.

Comment ça marche ?

Qu’est ce que le Tarot de Marseille ?

mode d’emploi du Tarot de Marseille

La pratique du Tarot est, dans une première lecture, hermétique ; il faut donc développer une relation de confiance envers celui qui nous tire les cartes. Pour cela, je vous invite à toujours vous renseignez avant de vous livrer à une consultation. Un tirage n’est pas un acte anodin, les mots sont puissants, et celui qui le fait doit en retour de votre confiance faire preuve de responsabilité.

Une vie ne suffit pas pour apprendre l’art de lire les cartes, chaque praticien se place dans une tradition, y ajoute sa part, rendant le Tarot toujours aussi vivant siècle après siècle. Les ouvrages d’apprentissages sont avant tout, des propositions de significations globales pour orienter son intuition et trouver ses propres traductions.

Le Tarot comme langage

Une fois adopté, le Tarot devient notre propre miroir, parlant un langage qui n’est connu que de soi. Le Tarot est visible, palpable, il est l’instrument d’incarnation des archétypes inconscients, sous forme de représentation archétypique. Son but est de révéler ce qui nous trouble inconsciemment pour le mener à la conscience et agir, il nous permet de nous unifier de son « moi » à son « soi ».

En psychologie psychanalytique, le « moi » est une entité emplie de représentations et d’opinions de la conscience collective, il est le mode par défaut de notre logiciel. Ce « moi » s’identifie à ses représentations et pour cela perd de son importance pratique, il est aspiré par les opinions et les tendances de la conscience collective, donnant naissance à l’homme de masse, qui devient victime d’un -isme quelconque. Difficile, à l’époque de la Modernité qui prône l’identification sans réserve de l’individu à « une vérité » unilatérale, et qui de ce fait arrête le développement spirituel. Ainsi, on passe de la connaissance à la conviction ; plus confortable certes, mais d’une certaine façon stérile, alors que le but est le développement spirituel, d’aller vers l’unité de soi, en soi et avec le monde. Comme l’illustre ce poème :

« Sois paisible pour connaître l’absolu.
Sois actif pour connaître l’extérieur.
Les deux surgissent de la même source,
Tout ce qui fait la vie est une totalité. »

Il est nécessaire de se reconnecter au vivant, de se souvenir de notre corps et de l’énergie qu’il a produit ces derniers jours et ces dernières nuits pour simplement nous maintenir en vie. Cette énergie n’est pas seulement corporelle, elle est aussi psychique. La psyché déploie son énergie au travers du mental et de nos interactions avec le monde extérieur « pour le changer ».

« Le changer » peut apparaître sémantiquement un peu fort, et pourtant, Jung, dans les racines de la conscience, illustre ce changement du monde par la bombe atomique. En faisant la comparaison entre la Nature, du point de vue de la physique, qui n’est pas en mesure de faire exploser des formules mathématiques créées par une pure activité psychique et de tuer ainsi 78 000 personnes d’un coup.

La psyché, elle, peut le faire, et l’a fait. La pensée mathématique (fonction psychique) met en ordres les atomes pour qu’ils éclatent ce qu’ils n’auraient pas eu l’idée de faire naturellement sous cette forme.

De ce fait, la psyché est une perturbatrice du cosmos (cosmos régit par des lois naturelles), elle est le pivot du monde. Ce qui importe c’est l’usage qu’on en fait, qui est conditionné par l’état mental du moment.

C’est justement cette psyché qui nous intéresse. La notion se rapproche, dans les civilisations orientales, du qi, l’énergie vitale qui anime le corps, et est donc de fait au cœur de pratiques centenaires tel le qi gong ou le shiatsu, ces deux disciplines partant de mouvements spécifiques guidant l’énergie dans le but d’harmoniser le corps.

J’indique à l’esprit, avec le Tarot, des mouvements spécifiques, par les images, pour harmoniser son énergie, son ombre et sa lumière, et aller ainsi vers l’unité.

Attention aux prophéties

J’attire l’attention sur un point : Le Tarot « révèle » ce qui va se passer si nous continuons le chemin énergétique choisi, en aucun cas il ne révèle l’Avenir.  

Savoir le futur présuppose que tout est écrit d’avance, il n’y aurait donc pas de libre arbitre et donc en définitive pas de responsabilités ; c’est donc la porte ouverte au n’importe quoi. Les véritables prophéties sont rares et dangereuses : telle n’est pas la leçon que JK Rowling insuffle dans sa saga Harry Potter ? Appliquer à la lettre une prophétie érigée en dogme nous conduit à devenir Voldemort, qui passe sa deuxième vie à chasser un enfant, au lieu de réaliser ses dessins originaux.

Jeanne d'Arc

Jeanne d’Arc par les préraphaélites
Bande annonce de Jeanne de Dumont

WARWICK : Pourquoi pas ? Il faut toujours faire une fin. Je vais moi-même me marier.

JEANNE crie soudain d’une autre voix : Mais je ne veux pas faire une fin ! En tous cas, pas celle-là. Pas une fin heureuse, pas une fin qui n’en finit plus…

Elle se dresse et appelle :

Messire saint Michel ! Sainte Marguerite ! Sainte Catherine ! vous avez beau être muets, maintenant, je ne suis née que du jour où j’ai fait ce que vous m’avez dit de faire, à cheval, une épée dans la main ! C’est celle-là, ce n’est que celle-là, Jeanne ! Pas l’autre, qui va bouffir, blêmir et radoter dans son couvent ― ou bien trouver son petit confort ― délivrée… Pas l’autre qui va s’habituer à vivre… Vous vous taisiez, mon Dieu, et tous ces prêtres parlaient en même temps, embrouillant tout avec leurs mots. Mais quand vous vous taisez, vous me l’avez fait dire au début par Mgr saint Michel, c’est quand vous nous faites le plus confiance. C’est quand vous nous laissez assumer tout seuls.

Elle se redresse, soudain grandie.

Hé bien, j’assume, mon Dieu ! Je prends sur moi ! Je vous rends Jeanne ! Pareille à elle et pour toujours ! Appelle tes soldats, Warwick, appelle tes soldats, je te dis, vite ! Je renonce à l’abjuration, je renonce à l’habit de femme, ils vont pouvoir utiliser leur bûcher, ils vont enfin l’avoir leur fête !

WARWICK, ennuyé : Pas de folies, je vous en prie. Je suis très satisfait comme cela, je vous l’ai dit. Et puis d’abord, j’ai horreur des supplices. Je ne pourrais pas vous voir mourir.

JEANNE : Il faudra avoir du courage, petit gars, j’en aurai bien, moi.

L’Alouette de Anouilh.

Bien qu’ayant rencontré Jeanne d’Arc dans ma jeunesse, elle me parut trop galvaudée et éloignée pour la prendre en modèle, mon panthéon personnel préférant s’étoffer de personnages moins connus aux valeurs prégnantes ; telles étaient les pensées de ma prime jeunesse. Comme il en faut bien plus pour convaincre l’énergie cosmique qui a un message à faire passer, elle me renvoya Jeanne d’Arc que je rencontrais à nouveau, adulte, lorsque je l’ai jouée au théâtre dans la pièce d’Anouilh.

Ce drôle de rôle m’interpella : qu’avais-je donc en moi pour émaner une énergie qui rendait le personnage crédible ? Etais-je si proche d’une guerrière du Moyen-Age, moi qui étais plus portée sur les robes que sur les pantalons ?

Devant mon questionnement, mon ami et binôme de travail ne put s’empêcher de me poser brutalement la question : « Pourquoi jouer jeanne d’arc ? » Ce à quoi je lui ai répondu : « Est-ce une vraie question, ou c’est pour étayer la conversation ? »

Dans la mesure où c’était effectivement une vraie question, je lui ai répondu : « je suis la seule qui double sa Foi d’une origine modeste ». Par la suite, j’ai pris conscience de la complexité des enjeux identitaires de mon rôle et des parallèles possibles entre l’actrice et ce personnage historique. J’ai été fascinée par Jeanne d’Arc, femme inébranlable reliée aux mondes invisibles, m’ayant accompagnée dans ma quête spirituelle au travers de son époque, devenant une sorte de talisman. J’ai évidemment vu les films Jeannette et Jeanne de Dumont que j’ai énormément apprécié. Jeanne s’est ainsi ancrée définitivement comme sujet.  

« Il y a plus de preuve de l’existence de Jeanne d’Arc que de la tienne ! », comme vous l’entendrez dans l’interview jointe. Partant de ce fondement implacable, vous (re)découvrirez une des rares figures de Sainte dans notre culture, un personnage hors du commun.

Son armure m’évoque la déesse Athéna, protectrice de l’effort héroïque, déesse de la sagesse. Il y a beaucoup de représentation de Jeanne d’Arc, mais personne n’a peint son vrai visage. La technique moderne ne nous apprendra rien de ses restes, ses cendres ayant été dispersés dans la Seine pour empêcher son culte.

Sa mort n’a pas été crue pas ses contemporains, et longtemps on a pensé qu’elle reviendrait. Malgré que son corps eût été brûlé par trois fois, son cœur résista aux flammes, et devant l’impossibilité de sa destruction fut jeté dans la Seine par le Bourreau.  

Son histoire devînt un mythe, et m’évoque celui de Jésus, mort pour ses idées. Comme s’il fallait être prêt au sacrifice ultime pour faire comprendre à la communauté son évolution implacable, car une fois l’irréparable commis, il y a une prise de conscience et une transformation aussi grande qu’a été la perte.

Pour écouter l’interview de Gerd Krumeich (historien allemand, spécialiste de la Première Guerre mondiale, professeur émérite de l’université Heinrich-Heine de Düsseldorf, vice-président du Centre international de recherche de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne (Somme))

https://www.franceculture.fr/emissions/jeanne-darc-une-rencontre/jeanne-darc-enchainee

Pour retrouver l’intégralité de son procès et autres sources : http://www.stejeannedarc.net/