Les Tamaras

La maitrise de la technique picturale est pour moi un des fondements de la pratique de la peinture. En quittant la prétention d’être la meilleure, je trouve que c’est tout d’abord un don honoré que de l’affuter et ensuite une liberté d’expression sans précédant.

Je tisse alors d’étroits liens à mon humanité en observant attentivement la peinture de ce qui m’ont précédé, qui ont vécu et expérimenter leur propre expérience de vie.

Chaque professeur inclus ses propres modèles dans ses cours. Il n’y a que seule que je peux découvrir ceux qui me parlent sans que je puisse donner une forme de parole à ce langage visuel.

Longuement, timidement et en m’éloignant, j’ai pu noué quelque chose avec une peintre qui se glissait dans mes peintures : Tamara de Lempicka.

Lempicka ne m’a jamais laissé indifférente. De prime abord, je la détestais. D’un second abord je ne pouvais pas m’empêcher de lui glisser un regard silencieux.

Et puis il y a eu cette amie polonaise, blonde, petite, qui me faisait terriblement penser à l’art nouveau. Je voulais lui offrir une Vénus de Botticelli, et à travers cette Vénus, c’est Lempicka qui me fut conseillé, comme un voile qu’on arrache. J’étais au point de rencontre de cette peintre au rendu mécanique.

Raté, encore raté, raté mieux (d’un certain S.Beckett)

Bien sur, la Vénus fut raté. Et l’amie n’eut jamais sa peinture (peut-être en aura t-elle une un jour). Mais mon voyage avec Tamara ne faisait que commencer et le plus drôle est que Tamara était blonde, polonaise et terriblement art nouveau. J’y vois la une rencontre poétique qui traverse le temps comme on traverse la rue.

Grande lectrice d’une curiosité avide, j’ai mis un point d’honneur à ne pas me renseigner et ne rien lire sur sa vie. Les ouvrages de références je les ai pris en allemand et en italien. La traduction peut être épisodique, mais je ne veux rien lire qui teinterait mon regard d’une idée. Je veux la découvrir et la connaître par ce qu’elle a souhaité transmettre, ses peintures.

Du rendu mécanique, je trouve un écho au rendu robotique. A tous ces gens que je vois agir avec un voile devant les yeux, par habitude et sans réfléchir, insensible à la poésie du quotidien et répétant des phrases entendus. Cela m’a marqué dans les entretiens d’embauche où j’avais l’impression que le recruteur était interchangeable. Au numérique et au virtuel qui prennent le pas sur le réel. Où je me surprend moi même à ne pas reconnaître un objet (comme cette appareil photo argentique qui avait une sorte d’écran qui n’en n’était pas un mais qui m’a fais douté tout en sachant pertinemment qu’il s’agissait bien d’un argentique)

Je trouve que les écris de Fernand Léger sur l’art et la beauté des machines remettant en question l’artiste qui n’est pas où on le pense. Me fait particulièrement réfléchir à l’art contemporain et ses productions que je trouve sociétales et quelques peu retardataires, et je n’y trouve que peu voir pas de poésie.

Je trouve aussi que Paul Klee et ses écrits sur l’art moderne est un point d’entré pour étudier la modernité et son discours, un discours mélancolique qui ne veut pas se dire.

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Une réponse à « Les Tamaras »

  1. C’est très bien et magnifique de nous faire découvrir des artistes et des peintures qui renforcent cette culture des arts, que l’on devrait apprendre dès le cp.

    Aimé par 1 personne


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